Voir ci-dessous, page
ii. La conclusion de cet article publié par lo Siècle en date du SI janvier «'lait la suivante :
a Une reste donc <|u'uno solution admis^ib1i' : celle qui consiste à charger lo Sultan do la police de son Kmpire. en dôlfirninant les inoyons dont il devrait disposer et on instituant un contrôle international de l'organisation et du remploi do ces moyens. Jl y aurait encore queliiue atteinte portée à son indépcndanro perstmnelle, mais son autorité de souverain resterait intacte aux youx d«.*s populations <lu Maroc, y
LE CONTACT iM
fui déchaîna en Allemagne une sorte d'enthousiasme, proposait de confier l'organisation de la police au Sultan, qui aurait recruté librement les officiers instructeurs et créé à Tanger une école spéciale, le tout sous le contrôle de l'Europe. Est-ce à cette solution que TAUemagne s'arrêtait ? On eût pu le croire à voir l'insistance apportée à répandre, à Algésiras et dans les chancelleries, le numéro du Siècle qui contenait Tarticle de M. de Lanessan. Tous les plénipotentiaires reçurent cet article sous enveloppe. Et plusieurs ambassadeurs allemands le signalèrent aux gouvernements auprès desquels ils étaient accrédités. Cependant ni M. de Hadowitz ni le comte de Tattenbach ne se décidaient à se l'approprier formellement. Ni l'un ni l'autre ne lui donnaient le caractère d'une proposition définitive. Cette fois encore, on était sur un terrain instable, où rien de solide ne pouvait être fondé.
Au même instant, dans leurs conversations avec M. Henry White, les plénipotentiaires allemands, s'inspirant probablement d'une note remise à Washington parle baron Speck de Sternbur^, ambassadeur d'Allemagne *, envisageaient tour à tour l'idée d'une police par secteurs, celle d'une police confiée à une puissance neutre, celle enfin de l'organisation de cette police par le Sultan lui-même. Un autre jour, M. de Radowitz disait au duc d'Almodovar, qu'on pourrait confier la police à quatre puissances seulement, qui seraient la France, l'Espagne, l'Italie et l'Allemagne : ainsi reparaissait, à côté de Tinternationalisation que nous repoussions, l'idée de l'installation allemande dans un port atlantique, que l'Angleterre écartait plus énergiquement encore que la France. Cependant, rencontrant le vendredi 2 février son collègiit^ anglais, M. de Radowitz ne parlait plus de tout cela. 11 se contentait de dire que le mandat général à la France était inacceptable : que, pourle reste, son attitude, à lui, était négative; que, peut-être, on pourrait ne pas discuter cette question, la réserver pour un règlement ultérieur. C'était, à parler franc, la bouteille à l'encre et l'Allemagne paraissait prendre plaisir à en épaissir l'obscurité.
Far un dernier paradoxe, le comte de Tattenbach n'allait-il pas, le samedi 3 février, jusqu'à in.sister longuement auprès de sir Arthur Nicolson pour que ce dernier abandonnât M. Réveil et se
i. Voir ci-(lossous, page 100.
i48 LA CONFÊHF.NXE DALGÉSIRAS
joignit à M. de Radowilz, afin d'imposer à ia France des concessions? M. de Tatlenbacli, faisant bon marché de laccord anglofranrais, disait au représentant de la Grande-Bretagne :
— Vous avez recueilli de cet accord le bénéfice qui vous revenait. La confén*nce vous offre une occasion unique de reprendre votre liberté. Profitez-en et arrangeons-nous.
Cette extraordinaire démarche, qui produisit sur sir Arthur Nicolson, aussi bien que sur sir Edward Grey, une mauvaise impression, achevait de caractériser l'indécision inquiétante de la politiiiue allemande et nous obligeait plus que jamais à jouer serré, (rest dans ces conditions que, le même jour samedi 3 février où M. de Tattenbacli était allé voir le plénipotentiaire anglais pour tenter de le « débaucher », M. de Radowilz eut avec M. Uévoil une nouvelle entrevue.
A rrmsidérer le ton de Tentretien et la conclusion à laquelle il abontii, cette entrevue devait apparaître comme Tindice d'un accord possible et confirmer ce que les événements des jours précédents avaient donné h penser du désir de M. de Radowilz de réaliser cet accord. Non seulement, en eiîel, le plénipotentiaire allemand écarta de lui-même plusieurs solutions, inacceptables pour nous, qu'il avait envisagées dans ses récentes conversations avec le due d'Almodovar et sir Arthur Nicolson, mais quand M. Kévuil lui tit eoiinaitrc officiellement et le terrain sur lequel nous nous placions et la limite des concessions qu'il jugeait personnellement possibles, il évita, tout en formulant des objection^ de répondre par un refus. Il commença, sans tenir compte des déelaralions du comte de Tattenbach ù M. Uegnault^, par soutenir kl combinaison eonnue à Algésiras sous le nom de a projet marocain » et développée dans le Siècle par M. de Lanessan*.
— Je ne vous parlerai, dit il, ni de la division par secteurs, ni de Torfranisalion par rilalio ou par une puissance neutre. Mais «lue dinez-vous de la solution suggérée par le Siècle^