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A celle question neltement posée^ il était aisé de répondre avec une égale neltelé. La proposition de M. de Lanessan, que M. de Rado^tritz s'appropriait ainsi, se heurtait en effet à de multiples obstacles. L'ancien ministre de la Marine résumait son projet par celle phrase : « Charger le Sultan de la police de son empire en déterminant les moyensdont il devrait disposer et en instituant un contrôle international de l'organisation et de l'emploi de ces moyens. » Or, comment M. de Lanessan conciliait-il ce <c contrôle înlernational » avec l'affirmation, que contenait d'autre part son article, a qu'une police internationale ne ferait qu'ajouter un nouvel élément de désordre à ceux qui existent déjà au Maroc » ? Comment méconnaissait-il que, de deux choses l'une, ou ce contrôle international serait fictif : et alors on s'en remettrait au maghzen d'une œuvre qu'il était manifestement incapable d'accomplir; ou il serait effectif: et alors nous introduirions aux portes de l'Algérie une organisation européenne susceptible de devenir pour nous un danger? Comment enfin n'apercevait-il pas le paradoxe qu'il y avait à recruter les instructeurs, — qu'il voulait musulmans — parmi ces « musulmans d'Afrique, d'Asie ou même d'Ëarope », (en d'autres termes parmi des Turcs, des Syriens ou des Egyptiens), qui ont paru toujours plus propres à recevoir des leçons qu'à en donner et qui, d'ailleurs, étant d'une autre obédience religieuse que les Marocains, auraient été mal reçus par les sujets du chérif de Fez, rival traditionnel du chérif de Constantinople ?
De ces trois ordres d'arguments, M. Révoil développa surtout ceux qui avaient un caractère pratique, montrant à la fois et l'in ) capacité réformatrice du Sultan, et les ressources spéciales de la. France pour réaliser les réformes. Il ajouta, et cela encore était nécessaire pour dissiper une équivoque que la presse allemande entretenait avec soin, qu'en parlant de « mandat général » on dénaturait à dessein la politique française. Général, ce mandat ne l'était point au sens que lui donnait farlicle de M. de Lanessan. Il ne s'agissait pas, jamais il ne s*était agi de créer de toutes pièces dans l'ensemble du Maroc une armée ou une gendarmerie, moins encore de couvrir le pays de « camps retranchés », ce qui eût équivalu à une occupation militaire. Il s'agissait seulement, par une direction meilleure imprimée aux organismes chérifiens, de pré-
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server les iiilcrèls européens sur les points, nellemenl iimilés, où ces inlérêts existaient, c'est-à-dire dans les porls ouverts- Ce programme, qui était à Algésiras celui de M. Révoil, avait été h. Fez, six mois plus tôt, celui de M. Saint-René-Taiilandier. Qu'on se reporte, en effet, au résumé établi alors par le maghzen môme des propositions françaises relatives à la police, on y Ut :
Le principe initial sur lequel sera fondée la réforme est le maintien des cadres militaires établis par le maghzen dans leur organisation actuelle et sans qu'aucune modification y soit apportée^.
Quant aux modalités de ce mandat, elles étaient, d'après le même document, les suivantes :
AOudjda, 3 tabors marocains avec W instructeurs français et algériens. A Tanger 3 tabors avec li instructeurs. A Larache, réalisation ultérieure de la réforme par un prélèvement sur la garnison de Tanger. A Rabat, 2 tabors avec 8 instructeurs. A Casablanca, S tabors avec 8 instructeurs : soit en toutliO instructeurs^.
Est-ce avec ces cinquante hommes qu'on nous accusait de vouloir « prendre » le Alaroc et les jugeait-on suffisants pour renouveler dans l'empire chérifien ce qu'à Tunis, vingt-cinq ans plus tut, un corps d'armée avait pu mener à bien? Est-ce enfin par celte intervention restreinte que nous menacions de « ruiner» la liberté commerciale et de « fermer le Maroc au commerce él ranger »?
(l'étaient là des raisons très fortes. Il faut noter que, jamais, pondant la conférence, ni la diplomatie, ni la presse allemande n'y ont répondu par des arguments et qu'elles se sont bornées à répéter leurs affirmations sans les appuyer de preuves nouvelles. Dans la conversation du 3 février, M. de Radowitz ne fît ni plus ni mieux. Mais reprenant l'ofTensive par un retour à la méthode interrogative, il demanda à M. Révoil si, en dehors de la combinaison Lanessan et de la police française, il n'en apercevait point d'autre qui fût acceptable pour nous. En présence de cette question, le représentant de la France avait à prendre une décision, qui n'était pas sans gravité. Ses instructions, on s'en souvient,