Voir ci-dessus, page
2. On remarquait aussi à Madrid qu'un succOs oxléiicur sérail fort ulile au jeuno roi.
3. De cet incident une conclusion cependant se dégageait. La forme de nos accords avec TEspagne relatifs à la police et la limitation à cinq des ports où ils prévoyaient explicitement une organisation avaient ouvert là porte aux manœuvres édlemandes. 11 pouvait en ôtre do même par la suite. Tout semblait d'ailleurs indiquer que la conférence, quand elle aborderait la police, statuerait pour l'ensembie des huit ports. Sans doute, on estimait au quai «l'Orsay que, ù. considérer la lettre et l'esprit des accords franco-espagnols, les trois ports passés sous silence dans ces accords, c'est ù. savoir Mazagaii, Safi et Mogador, devaient nous revenir de droit. Mais qui prouvait que l'Espagne ne serait pas tentée de soutenir une interprétation contraire ? Qui prouvait surtout que l'Allemagne, renseignée, nous l'avons dit, sur 1^ stipulations franco-espagnoles, ne ferait pas de ces trois villes la base d'une action antifiunçaise? Il était évidemment désagréable do modilîer une fois encore les arrangements de 1904, déjà rectifiés en 1905. Mais n'était-il pas plus périlleux do traiter la question par prétention, laissant ainsi le champ libre à l'intervention directe ou indirecte d'une tierce puissance, peut-i^tre do rAllcmagnc olle-même ? C'était là un danger que notre plénipotentiaire à Algésiras jugeait avec raison indispensable de conjurer. L'enlenle avec l'Espagne tenait dans notre jeu une place trop importante pour qu'il nous fût permis d'y laisser des lacunes. On devait, dans la suite, régler celte question. (Voir ci-dessous, page 377.)
lo8 LA CONFKRENCE I) AU* KSI RAS
avec lesquels nous eussions sur la question du Maroc des conventions. Avec la première, il n*y eut, pas plus à ce momenl qu à aucun autre, de négociations, et il n en pouvait y avoir : car la solidarité des deux politiques était absolue et, non seulement à Algésiras, mais encore dans toutes les capitales, les représentants de TAngleterre se bornaient à déclarer qu'ils approuvaient et appuyaient sans réserve tout ce que la France déciderait ou ferait. Avec la seconde, aucun pourparler ne fut d abord engagé à Rome : car le marquis Visconli-Venosta n'avait accepté d'aller à Algésiras (}u'à condition d'y être maître absolu de son action. Et c'est sur place que se déterminait l'attitude dont on a vu plus haut le caractère. En dehors de ces deux puissances, deux autres encore, qui n'avaient au Maroc aucun intérêt, pouvaient nous seconder utilement ; l'une, la Russie, était notre alliée ; l'autre, les Étals-Unis, était, à notre endroit libre, de tout engagement.
Nulle part plus qu'à Saint-Pétersbourg, il ne nous était facile d'agir et de faire agir pour la défense de nos intérêts. Il était clair ^ que les démarches, que notre ambassadeur, M. Maurice Bompard, avait à faire auprès du comte Lamsdorf ne pouvaient être que bien accueillies. Elles le furent en effel. Mais, dans les premiers jours de la conférence, elles rencontrèrent chez le ministre russe, sinon un parti pris d'optimisme, du moins une sécurité excessive. Le comte Lamsdorf continuait à annoncer, le plus sincèrement du monde, à M. Bompard « des surprises agréables ». Il l'informait d'ailleurs que, dans une lettre du Tsar portée de Pétershourg à Berlin le samedi 20 janvier par le général ïatischef, attaché militaire russe en Allemagne, Nicolas II rappelait à Guillaume II ses promesses rassurantes et lui exprimait l'espoir que l'efTet s'en ferait bientôt sentir. Les télégrammes du comte Cassini sur ce qui se passait à Algésiras ne iirent d'abord que confirmer le comte Lamsdorf dans sa quiétude. Au moment même Où il les recevait, l'Empereur d'Allemagne réitérait à M. Kokovtzof, ancien ministre des Finances*, de passage à Berlin, l'afiirmalion de ses intentions conciliantes. De son côté, le baron d'^l^lrenthal, ambassadeur d Autriche à Saint-Pétersbourg,