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routes ou des rendez-vous (1). Mais la neutralisation absolue de ces navires-hôpitaux s'imposait (2) : les abus qu'on pouvait redouter, ou point de vue des informalisns, de l'emploi de ces bâtiments comme auxiliaires, de la contrebande do guerre, pouvaient être facilement écartés (3). Quant à la restitution, par le navire hospitalier, d'hommes valides ou même de blessés sauvetés sous le bénéfice de la neutralité, M. Houette estimait que, si les blessés recueillis devaient être tous neutralisés^ les naufragés recueillis valides ne devaient être inaptes à servir pendant la durée de la guerre qu'autant qu'ils auraient été débarqués en pays neutre ou Bunemi (4). Mais, tant qu'ils seraient à bord du navirehôpital, ils pourraient être réclamés par tout navire de guerre appartenant à leur nation qui rencontrerait et arrêterait ce navire-hôpital (5).
L'auteur avait ainsi envisagé les principales éventualités de la lutte sur mer au point de vue de l'utilisation possible de secours ; en se mettant nettement et simplement en face des événements tels qu'ils se dérouleront dans la pratique, il avait tenté de faire sentir quelles étaient les conséquences inéluctables, tantôt des droits de la guerre, tantôt de ceux de Thumanité et de faire
(1) Houette, op. cit., p. 27.
(2) Houette, op. cit., p. 28.
(3) Houette, op. cit. y p. 29.
(4) Houette, op. cit., p. 30.
(5) Houette, op. cit,, p. 31.
ressortir les principales obligations auxquelles devrait souscrire toute convention internationale.
Il restait, pour conclure, à étudier ce qui avait été fait dans ce but jusqu'à ce jour, et ce qui pourrait être fait dans l'avenir.
Les articles additionnels de 1868 n'étant pas ratifiés, il est douloureux de constater, disait l'auteur du mémoire, qu'aucun accord n'existe à ce sujet entre les divers gouvernements (1).
Le commandant Houette concluait ainsi :
« Reprendre à nouveau uneaction diplomatique ayant pour but de faire adhérer aux articles additionnels les puissances signataires de la Convention de Genève, serait faine fausse route et perdre son temps, les changements survenus dans les conditions de la guerre navale ayant complètement démodé les articles additionnels et leur enlevant toute valeur, en ce qui concerne la marine.
« Il importe donc de présenter aux divers gouvernements un projet de convention nouveau tenant compte des exigences de l'époque actuelle, et de corriger dans ce sens les articles de l'ancien texte.
« La voie indiquée par la conférence de Carlsruhe, qui fait appel aux divers comités centraux de la Croix Rouge, est toute logique, toute naturelle. C'est par l'union de tous ces efforts, de tous ces travaux, que
(1) Houette, op. cit., p. 31.
pourra se former sur une base sérieuse un projet de convention à soumettre à une nouvelle conférence diplomatique (1). »
Le mémoire se terminait par un projet de convention internationale en 12 articles qui résumait ses idées d'une façon concrète (2).
L'auteur est persuadé qu'il est possible de concilier les devoirs de l'humanité avec les droits de la guerre et la défensedes intérêts du pays, faisait remarquer M. Renault dans son rapport ; cette persuasion est précieuse à constater chez un patriote et un marin. Nous pouvons dire, ajoutait notre savant maître, que ce projet sera fort utilement consulté et pourra sur certains points fournir des formules heureuses quand on en viendra à discuter un arrangement international (3).
Nous verrons plus loin en effet que l'une des propositions du commandant Houette a été présentée à la Conférence par M. Renault et vivement défendue par lui (4).
Le concours avait donc produit un résultat appréciable puisqu'il avait permis à un marin de préciser les données du problème à résoudre et de prouver que la solution pratique en était possible.
D'autre part, en 1894, deux ans après la cinquième conférence de Rome, dont nous avons plus haut indiqué
(1) HotJËTTE, op. cit., p. 32 et 33.
(2) Houette, o/). ctï., p. 35 à 38.
(3) Renault, Rapport sur Houette^ p. 48.
(4) Procès- verbaux, troisième partie, p. 68.
ie vœu très pressant, le docteur Auffret, aujourd'hui inspecteur général du service de santé de la marine, publiait une nouvelle contribution à la question des secours aux blessés et aux naufragés des guerres maritimes.
Dans son ouvrage essentiellement technique qui restera un guide pour tous, le docteur Auffret étudiait dans tous ses détails Torganisation des secours maritimes. Nous ne pouvons donner une analyse môme succincte de ce travail considérable, mais nous devons en retenir les conclusions.
« Si Ton ne veut procéder par pétition de principe, disait le docteur Auffret dans sa conclusion (1), Tétude de la question technique doit précéder l'œuvre des jurisconsultes. Si les secours aux victimes des guerres maritimes reçoivent une solution favorable, ce sera moins parce qu'ils sont humainement nécessaires que s'ils sont scientifiquement possibles. Comme la stratégie navale, les secours aux guerres de haute mer doivent être méthodiquement organisés : les simili-secours de la paix doivent être transformés en secours effectifs, en se mettant en présence de l'état de guerre ; cela veut dire qu'ils seront techniques ou ne seront pas. »
Les secours dans les guerres continentales, après de longues périodes de tâtonnement et d'insuffisance, présentent aujourd'hui une chaîne ininterrompue dont tous
(1) Docteur Auffret, Les secours aux blessés et aux iuiufra()cs des guerres maritimes^ p. 157.
les maillons se tiennent de l'arrière à l'avant. L'organisation des secours maritimes réalisera les mêmes résultats parles mêmes moyens.
Pour arriver à une solution concluante et ferme, ajoutait le docteur Auffret, il faut procéder en divisant le travail. La question des secours sur mer présente six phases qui demandent à être traitées séparément.
I. Organisation des secours à terre dans les grands arsenaux militaires et ports de commerce, avec secours intermédiaires sur le littoral ;