LES TRAVAUX DE LA CONFÉRENCE
Quel que soit le jugement que l'on puisse porter sur les résultats de la Conférence de Wasinghton,la séance du 11 novembre 1921 marquera dans l’histoire.
Elle marque pour la forme d’abord. Jamais d'aussi graves questions n’ontété suivies desolutions suggérées aussinettement ; jamais programme maximum n’a été défini dans des limites aussi précises. Elle marque également pour le fond. Jamais propositions engageant de telles conséquences et de telles responsabilités n’avaient été portées devant des délégations de pays parlementaires, ces propositions, vu l'importance et la
“nature du problème abordé et de la solution suggérée, pouvant être tranchées seulement par les Parlements.
L'Amérique en convoquant les grandes puissances avait vraiment quelque chose à proposer. Que M. Hughes ait frappé son coup pour des raisons de politique intérieure, afin de consolider son parti, c’est cerlain ; mais on peut penser qu'il avait des visées plus élevées d’un idéal supérieur.
Le plan américain de désarmement
M. Hughes, dans son discours d’ouverture, rappela d'abord les efforts tentés avant lui pour parvenir à une limitation des armement par l’empereur de Russie (1) et par M. oo. secrétaire d'Etat des Etats-Unis (2).
Il insista ensuite sur la nécessité de parvenir à un accord concret pour la limitation des armements, en vue d'éviter des crises économiques menaçantes et d’écarter le « danger continuel que constituent les accumulalions de matériel de guerre
1. Le tsar Nicolas II, première conférence de la Haye de 1899. 2. Deuxième conférence de la Paix de la Haye de r9o1. Cette conférence fut réunie par M. Root, sur l'initiative de M. Roosevelt, président des Etats-Unis.
qui sont en train de transformer la paix armée qui existe de nos jours en un fardeawécrasant ». Puis il entra dans le vif du sujet et proposa pour toutes les nations une grande trève qu’il appelait « vacances navales ».
« Le plan américain repose sur l'application de ces quatre principes généraux :
1° Abandon de la construction de toutes les unités de rr° classe dites « capital-ships » inscrites dans les programmes navals ;
2° Mise au rancart de certaines unités parmi les plus anciennes ;
3° Prise en considération de la force navale actuelle des puissances intéressées ;
4° Prise pour base d'évaluation de la force des flottes, le tonnage d'unités de 1° classe avec adjonction proportionnelle d’un certain lonnage en navires de combat auxiliaires. »
Plus spécialement en ce qui concerne les « capital ships » le plan est le suivant. .
Erars-Unis
Les Etats-Unis terminent actuellement le programme de 1916 quiprévoyait 10 nouveaux cuiraséés (1) et 6 croiseurs de baiaille (2). |
Un cuirassé est terminé ; les autres sont à des stades divers d'achèvement (3). Dans certains cas de 6o 0/0 à 80 0/0 de la construction est faite ; 330 millions de dollars ont déjà été dépensés sur ces 15 capital-ships. Malgré cela, les Etats-Unis, dans l'intérêt d’une limitation immédiate des armements navals,
sont prêts à mettre à la ferraille tous ces navires.
Les Etats-Unis proposent (si ce plan est accepté):
1° De mettre au rancart tousles navires en construction. Ceuxci comprennent 6 croiseurs de bataille et 7 cuirassés sur cale et en cours de construction, et 2 cuirassés déjà lancés.
Le nombre total de « capital-ships » ainsi mis au rancart est de 15. Le tonnage total de ces capital-ships après achèvement serait de 618.000 tonnes ;
2 De mettre à la ferraille tous les vieux cuirassés, jusque, mais non compris le Delaware et North Dakota. Le nombre de