‹ La Conférence de WashingtonChapitre 19 sur 65 · NI · texte numérisé non relu

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et dragueurs de mines seraient exclus des clauses de l'accord. Tous les bâtiments auxiliaires de surface en chantier pourraient être achevés.

Chaque puissance partie à l’accord s’engagerait à informer les autres de tout détail de construction et de remplacement.

Aucune limitation n’est proposée pour l'aviation navale en raison de la facilité avec laquelle les avions de commerce peuvent être adaptés à un but militaire.

En ce qui concerne les armements navals de la France et de l'Italie, M. Hughes déclare qu’étant données certaines conditions extraordinaires dues à la dernière guerre et qui ont affecté les forces navales italiennes et françaises, les Etats-Unis proposent de réserver le sujet pour un examen ultérieur de la part de la Conférence.

Les propositions américaines furent accueillies avec beaucoup de faveur par l’ensemble des délégations. A l'issue de la séance d'ouverture, MM. Briand et Shanzer approuvaient la manière nette el courageuse dont le problème avait été posé.

Mais il est surtout intéressant de connaître le point de vue anglais et japonais puisque ces deux puissances sont intéressées au premier chef par ce plan.

La délégation anglaise parut avoir éprouvé quelque surprise de l’étendue de la proposition américaine. M. Balfour très

“réservé fit cette simple déclaration. « Le projet de M. Hughes

est d’un homme d'état, il comporte des possibilités infinies et donne les plus grands espoirs de résultats satisfaisants. »

Il ne semblait d’ailleurs pas à première vue que la Grande- Bretagne eût rien à craindre des conséquences du désarmement naval tel qu'on le proposait. En eflet, la reconnaissance du principe que la réduction doit s’opérer en prenant pour base le tonnage actuel, consolidait sa supériorité navale et répondait au vœu de l'opinion publique, à la fois désireuse de voir la marine britannique égale. à la plus forte et favorable aux réductions budgétaires.

L’acceptation définitive de la Grande-Bretagne ne semblait point devoir faire de doute, d'autant plus que l'idée d’un « congé naval » est née en Angleterre, et que c ’est un ministre

de la marine qui, quelques années avant la guerre a proposé à

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l'Allemagne, sans succès du reste, un pacte de ce genre pour une période de deux ans: D'autre part le contribuable anglais chargé d'impôts ne devait pas être défavorable à ce plan qui permettait d'augmenter les économies.

Il faut se rendre compte, en effet, que la Grande-Bretagne, avec ses 37 millions d’habitants (sans compter l'Irlande dont la contribution à la défense impériale est maintenant problématique) doit trouver seule et sans le secours régulier de ses Dominions, les ressources nécessaires à la construction et à l'entretien dans l'avenir, d’une flotte au moins égale à celle des Etats-Unis avec leurs 100 millions, ou à celle du Japon avec ses 77 millions d'habitants. La situation de l'Angleterre à ce point de vue était rendue d’autant plus diflicile qu'ainsi que nous l'avons vu, elle s'était mise en retard depuis la guerre, et elle avait déjà dù se résigner à abandonner, la politique du «twopower standard », pour celle plus modeste, du « one-power standard ».

L'acceptation du Japon était peut-être plus aléatoire. C’est en etfet le pays qui est le plus visé par le projet américain puisque, seul à ce moment, il possédait les puissantes unités modernes

. , . 2 ,» # = L dont la destruction était réclamée. De plus, au moment où la délégation japonaise avait quitlé Tokio, une grande partie de l'opinion considérait la réunion de la Conférence et l'invitation da président Harding comme une manœuvre nettement anti-japonaise (1). Cependant l'amiral Koto déclara à l'issue de la séance du 12 novembre que loin de refuser toute discussion ou de se réfugier derrière une consultation parlementaire, la délégation japonaise était prête à négocier sur l’accord pour la limitation

1. L'opinion japonaise était en effet fortement divisée depuis l'invitation du président Harding, sur la participation ou la non participation du Japon à la Conférence. Les libéraux groupés autour du député Osaki approuvaient la réunion de la Conférence. Ils y voyaient en effet l’occasion de développer les aspiralions raisonnables du Japon vers une politique de pénétration commerciale dans l’Empire du Milieu. Leur action est symbolisée par l’ordre du jour du Congrès des Chambres de commerce aflirmant la nécessité dé réduire les armements, manifestation qui a grandement retenti parmi les masses faliguées par les lourds impôts militaires et lasses de la conscription.

Les militaristes conduits par le prince Yamamoto combattaient la limitation des armements et auraient volontiers envoyé des troupes en Chine.

Les concessions que fit l'amiral baron Koto à Washington lui valurent d’ail-

Se une grande impopularité et son débarquement dut être protégé par la police.

des armements et qu'elle était prête à satisfaire au désir de M. Hughes jusqu'à l'extrême limite possible:

Il ne semble d’ailleurs pas que la proposition de M. Hughes, ait pris la délégation japonaise tout à fait au dépourvu, car le bruit avait couru avant la Conférence que le Gouvernement de Tokio avait élaboré un projet de désarmement naval.

Ce fut à la séance plénière du 15 novembre (la 2e) que M. Balfour, pour la Grande-Bretagne, et l'amiral Koto pour le Japon apportèrent officiellement l’adhésion de principe de leur gouvernement au projet Hughes. M. Balfour après avoir rappelé que l’Angleterre « est comme tout le monde le sait, le pays qui est le plus intéressé dans les questions navales », rappela la nécessité dans laquelle se trouve son pays d’avoir une forte marine pour assurer les communications de la métropole avec les Dominions éloignés, et pour assurer le ravitaillement de l’Angleterre qui ne peut produire plus de sept semaines de vivres et déclara ; « Nous croyons que la proposition proposée par le projet pour les divers pays est acceptable ; nous croyons que la limitation de ces forces est raisonnable et qu'elle doit être acceptée. » L'amiral Koto apporta en ces termes l'approbation de principe de son gouvernement : « Sensible au dessein élevé qui a inspiré M. Hughes, le Japon accepte avec joie la proposition en principe. Il est prêt à procéder avec résolution à une réduction radicale de l’armement naval. Naturellement on devra tenir compte des exigences de la situation territoriale particulière du Japon. »

La Conférence paraissait donc devoir parvenir très rapidement à un accord définitif. Mais de nombreuses difficultés s’élevèrent dont quelques-unes faillirent mettre en péril l'œuvre tout entière de la Conférence, et ce n’est que le 3r janvier 1922, que le projet du traité naval fut soumis au comité de limitation des armements.

La proportion des capital-ships

Il était manifeste dès l’abord qu'aucun accord pour la limitation n'était possible si les 3 puissances ne prenaient pas comme base leur force navale actuelle. Il n’y avait pas lieu de s’arrèter à des considérations générales d’aspirations nationales, ou de besoins de politique intérieure ou de programmes, car sans

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cela chaque puissance aurait pu justifier les plus extravagantes demandes d’accroissement de forces nasales, et la Conférence se serait enlisée dans des discussions et des arguties sans fin. La meilleure solution était de prendre comme base les forces que possédait chacune des puissances à ce moment, car il était évident qu'aucune n'aurait pu améliorer sa position relative sans reprendre la course aux armements que la Conférence se proposait précisément d'arrêter. Il était impossible de mettre un terme à la lutte pour la suprématie des mers, si les puissances subordonnaient leur acceptation de l'accord à l'obtention des avantages qu’elles espéraient tirer de la lutte. Aussi la réclamation du Japon fut-elle assez mal accueillie.

Le Japon, en effet considéra au début qu’un tonnage en capital-ships égal à 60 0/0 du tonnage des Etats-Unis était insuffisant pour assurer sa protection et demanda qu'on lui allouât une proportion de 70 0/0. La proportion proposée par le plan Hughes étant de 5. 5.3 ou ro. 10. 6, le Japon aurait voulu voir adopter la nouvelle proportion 10.10.79. On répondit au Japon que sa demande n'était susceptible d’être satisfaite qu’au cas où la force de sa marine au moment de la réunion de la Conférence conforménent aux principes exposés ci-dessus, l’y autorisait.

Une longue discussion, retardée encore par la lenteur des communications, avec le Japon, s’institua à ce sujet. L'accord était en effet général pour admettre comme juste la règle américaine pour déterminer la puissance navale, basée sur le tonnage en « capital-ships ». Mais une question n’était pas résolue, c'était celle de savoir dans quelle mesure il devait être tenu compte des. navires en projet ou en construction pour le calcul de la puissance navale. Le gouvernement américain proposait de ne pas tenir compte des programmes sur le papier, et de prendre seulement en considération les navires sur cales ou pour lesquels des dépenses avaient déjà été faites.

Le gouvernement américain proposait de plus de compter les pavires en construction pour le pourcentage d'achèvement où ils se trouvaient au moment de la Conférence. C’est ce dernier point qui fut combattu vigoureusement par le Japon, sous prétexte qu'un navire n'était digne de ce nom, que lorsqu'il était complètement achevé et prêt à entrer en ligne. Les KÉtats- Unis combattirent formeHement ce point de vue du Japon : en

effet, dirent-ils, en cas d'urgence un navire qui est à 90 o/o d’achèvement, est utilisable dans cette proportion : de même dans le cas d'un navire à bo ou à 60 o/o, ou à quelque autre pourcentage d'achèvement, le travail déjà achevé constitue autant de puissance navale en mains. D'un autre côté, il ne s'ensuit pas de ce qu’un navire est complètement terminé qu’il soit prêt pour le combat ; il peut être en réparation, ses machines, ses chaudières, ses canons peuvent avoir besoin d'être remplacés et plusieurs mois peuvent s’écouler avant qu'il soit prêt à reprendre la mer.

Il paraissait donc impossible de déterminer la puissance navale d’un pays d’après le nombre de ses navires prêts à entrer en action à un moment donné à cause du trop grand nombre d'éléments variables qui devraient être pris en considération.

Enfin, comme dernier argument, les Etats-Unis firent ressortir qu'ils étaient prêts à faire un sacrifice plus élevé que celui demandé à aucune autre nation, qu'ils consentaient à sacrifier les cuirassés et croiseurs de bataille en construction, mais qu'ils ne pouvaient admettre que l’on ne tienne aucun compte du pourcentage des forces navales représentées par les 330 millions de dollars déjà dépensés sur ces navires.

Finalement l'opposition qui s'était formée au Japon, contre le plan Hughes ayant fortement diminué, et le gouvernement japonais ayant donné à sa délégation des instructions accommodantes, l'accord se fit, et l'Angleterre et le Japon souscrivirent aux proposilions de l'Amérique en ce qui concerne l'adoption du plan 5.5.5.

Cette acceptation d’ailleurs fut subordonnée de la part du Japon, à la solution de 2 questions :

a) La question des fortifications du Pacifique ;

b) La question du Pacifique.

La question des fortitications du Pacifique

C’est là une question qui touche de très près à la question du Pacifique que nous étudierons plus loin, mais les deux grands problèmes que devait examiner la Conférence, sont liés à un

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