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jouer, Il doit rester, Il peut frapper sans avertissement les navires de combat, ainsi que le font les navires de surface, mais il doit être contraint d'observer les mêmes règles que les navires de surface lorsqu'ils ont affaire à des navires de commerce. »
« Comme éclaireur le sous-marin a de grandes possibilités. C’est le seul type de navire capable de se rendre sans soutien dans les eaux ennemies et de s’y maintenir pour observer les mouvements de l'ennemi et en rendre compte, Dans ce cas encore le sous-marin doit subsister, Il a une grande valeur, son usage est légitime et aucune nation ne peut protester contre son emploi.
« Le sous-marin est, en particulier, un instrument utile aux puissances navales faibles. Le commerce mondial a lieu sur la surface des Océans. Toute marine qui a l'hégémonie à la surface préfère se fier à cette supériorité. Tandis que les marines comparativement faibles peuvent menacer cette hégémonie en employant de nouvelles formes d'attaque par surprise.
.… La marine des Etats-Unis manque de eroiseurs. Le peu que nous possédons sont incapables de couvrir la surface nécessaire pour rapporter des renseignements. Les sous-marins les aideraient grandement dans leur lâche, car ils ne peuvent pas être refoulés par les éclaireurs ennemis. L'entretien de 100.000 lopnes de sous-marins avec leurs équipages au complet revient annuellement à 30 millions de dollars. Pour les services qu’ils rendraient en cas de besoin cette dépense est minime en . comparaison des dépenses que nécessite la Floite. Le maintien
par Les Etats-Unis d'une flotte sous-marine puissante, permettra pent-être un jour aux Etats-Unis de conserver leurs lointaines, Si ces colonies tombent dès le début de la lutte (1), 1 dépense en hommes, nécessaire pour les réoecuper ma éfiroyabie el pourra rapporter aux Etats-Unis un succès tellement coûteux qu'il équivaudrait à une défaite, Les Xlats-Unis ont besoin d’une piotte sous-marine puissante pour protéger leurs intérêts. En conséquence l'opinion du comité est que l'emploi sans restriction des sous-marins contre les navires de commerce doit être considéré comme un cas de mise hors la loi. Le
1, Ce soni lès Philippines et l'ile de Guam qui sont visées ICI,
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droit de visite doit être exercé par les sous-marins dans ‘les mêmes conditions que par les navires de surface. Le comité n'approuve pas la limitation du tonnage des sous-marins. »
On voit done que le comité des experts américains était en opposition formelle avec la Grande-Bretagne sur cette question, mais c’est principalement la France, beaucoup plus que l'Allemagne, que M. Balfour visait en faisant le procès des sousmarins.
Ce fut lord Lee qui le premier demanda au nom de la délégation britannique, l'interdiction absolue de l'emploi des sous-marins en arguant de leur inutilité au point de : vue défensif contre les flottes de haut bord.
L'’amiral Le Bon fit d'abord ressortir l'opposition entre la thèse britannique et les conclusions du rapport américain. En ce qui concerne l'utilité des sous-marins, contre les navires de premier rang, l'amiral rappela que des vaisseaux de guerre français avaient été torpillés pendant la guerre, ainsi que du côté de l'Italie et de la Grande-Bretagne (1).
Il signala que la flotte anglaise n'avait jamais pu approcherla *-
côte allemande, à cause des sous-marins et des champs de mines qu'ils tendaient impunément, de même que les sousmarins avaient considérablement gêné le bombardement des Dardanelles.
L'amiral Le Bon. d’ailleurs, aussi bien que M. Sarraut, tout en affirmant la puissance défensive du sous-marin, proclamaient hautement la nécessité de réglementer strictement l'emploi de cette arme contre les navires de commerce.
‘Mais ces déclarations ne calmaient point les anxiétés de . M. Balfour qui persistait à attribuer à la France des intentions agressives et il ne voulait pas supposer que la France désirait une flotte sous-marine dans le but unique de défendre ses côtes et d'assurer ses communications. Il s’exprimait ainsi à cet égard, tâchant de mettre l'Italie dans son jeu. « Le fait que vous
Et > 5
1. Navires français torpillés : Cuirasses: Danton, Sufiren, Gaulois. Croiseurscuirassés: Léon-Gambetta, Amiral Charner, Châteuurenault, Dupetit-Thouars. Aviso : Cassini. Gontre-torpilleurs: Fourche, une vingtaine de torpilleurs.
Navires anglais torpillés : Cuirassés : Andacious-Triumph, Corwallis, Formmidable, Goliath, Majestic : Croiseurs-Cuirassés : Gressy, Hogue, Aboukir. Croiseurs : ‘Hermès, Hawke,,Nottingham. Eclaireurs : Falmoulh, Amphion, HeIRPRen Cannonière: Niger: une centaine de RCE
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allez donner une bénédiction générale aux sous-marins, met toutes les puissances qui possèdent la moindre ligne côtière en état de devenir une puissance ennemie formidable pour l'attaque. L'Italie, a dans la Méditerranée, cinq puissances maritimes pour voisins... Je dirai à l'Italie: vous avez cinq voisines etchacune de ces voisines peut, si elle le désire, mettre votre littoral en état de blocus sans posséder elle-même une seule unité navi- guant en surface. »
La discussion . ainsi PRE plusieurs séances. M. Sarraut montra la nécessité pour la France de se montrer intransigeante sur ce chapitre. Elle a, en comptant ses colonies, une longueur de côtes de 24.000 kilomètres, Son empire colonial est le plus grand du monde après l'Empire Britannique et ses
possessions sont dispersées sur tous les points du globe. Faut-
il rappeler l'intérèt vital qu’elle aurait en cas d'agression à main-
- tenir ses lignes . de communication avec cet empire et tout
d'abord avec l’Afrique du Nord où est stationnée une importante partie de son armée. Est-il besoin de rappeler que son empire colonial lui fournit durant la guerre 845.000 hommes dout 535.000 combattants et qu’elle ne peut vivre en sécurité si elle n’est pas certaine de pouvoir communiquer librement avec ces réservoirs d'hommes ! Enfin l'amiral Le Bon, au cours de la septième séance, s'était heureusement emparé d’une observation de lord Lee pour montrer que la limitation du tonnage global des sous-marins en proportion du tonnage global des capital-ships aboutissait pour la France à leur suppression
pratique. Lord Lee avait déclaré que les Allemands, qui avaient
construit 320 sous-marins n’en avaient en général qu'une dizaine
en action à la fois.Conséquemment, maintenir pour l’avenir,ainsi
que le proposait M. Ilughes, à 31.000 tonnes le tonnage global des sous-marins au service de la France, c'était pratiquement l'en priver. Aussi la délégation française ne pouvait-elle céder et le 28 décembre, M. Sarraut exposa les demandes françaises en unités auxiliaires :
- « Examinant la composition des forces nécessaires à la France, en bâtiments légers, en sous-marins armés, spécialement destinés, à la protection du territoire et des communications, le Conseil des ministres et le Conseil supérieur de la Défense Nationale, ont constaté l'impossibilité d'accepter une limitation infé-
gg"
ee DE rieureà 330.000 tonnes pour les bâtiments légers et 90.000 tonnes
pour les sous-marins, sans que soient mis en péril les intérêts essentiels de la’ sécurité et de la vie même du pays et des
* colonies.
« La délégation française a reçu pour, instruction de ne pas é
consentir.de concessions sur ces chiffres.
« En résumé la France accepte le sacrifice en navires de.
“ligne qu'elle doit envisager pour entrer dans les vues de la
Conférence, et qui constitue une réduction importante de sa puissance navale normale ; elle limite le programme de constitution de sa future flotte à 330.000 tonnes en De HMERES légers et à 90.000 tonnes en sous-marins. »
Cette demande, provoqua chez M. Balfour une très vive émo-
tion qu’il manifesta d’ailleurs dans un discours où il ne cacha
pas le danger que ferait courir à l'Angleterre une puissante flotte sous-marine française.
« La France peut, si elle le veut, employer cette force pour la destruction du commerce, et il est difficile de croire qu'à une
heure grave elle ne l’utiliserait pas dans ce sens... IL est parfais
tementclair que, quand on demande un tonnage NEA 000 tonnes
Si la Créndes Bretdgré ne dossédalt pas le nécessaire pour lutter contre les sous-marins il lui faudrait accepter que la France. avec son arme sous-marine pourrait comproinettre l'existence même de la Grande-Bretagne. »
Et M. Balfour, en forme de consluston déelarait, que si là question des sous-marins restait sans solution, là Grande-Bré.
tagne affirméerait son droit de construire non seulement des sousmarins mais autant d'unités auxiliaires qu'elle le jugerait et |
saire pour défendre son commerce. ”
Dans ces conditions il était impossible que L'abéo. se fit, et chaque puissance conserva la faculté de construire le tonnage qui lui conviendrait en sous-marins et en bâtiments légers. Et ceci fut fort heureux car la France qui revenait de Washington très affaiblie au point de vue offensif, conservait heureusement le droit d'organiser sa défense comme elle l'entendait.
. + Pal