LE DÉSARMEMENT TERRESTRE
Les règles pour l'emploi des sous-marins. —. Les gaz toxiques Les lois de la guerre
L'ordre du jour de la Conférence, tel qu'il avait été proposé
par M. Hughes contenait la discussion de la question du désar-
mement terrestre.
M. Briand qui ne pouvait séjourner longtemps aux Etats-Unis tint à prendre part lui-même à celte discussion pour y défendre le point de vue de la France.
Cette importante question fut examinée us la troisième séance plénière de la Conférence qui se tint le 21 novembre.
M. Hughesfit d’abord ressortir quela question n’intéressait pas les Etats-Unis qui avaient, à la findela guerre, 4.200.000 hommes sous les armes, et qui, depuis lors, avaient réduit leurs troupes régulières à 160.000 hommes. Puis il ajouta : « Nous nous rendons parfaitement compte des difficultés et des appréhensions des autres pays et nous sommes prêts à nous incliner ne. toutes les considérations de sécurité nationale.
M. Briand ensuite, dans un discours magistral, quisouleva d'ailleurs un enthousiasme unanime (et passager|malheureusement) exposa la situation spéciale de la France, et l'impossibilité dans laquelle elle se trouvait de réduire son armée plus qu’elle ne l'avait fait. « Il serait souhaitable, dit-il, qu'on comprit les inquiétudes d’une France désarmée en présence d’une Allemagne hostile. » [Il montra en outre l'Allemagne prête à la revanche, camouflant une armée sous la dénomination de troupes de police, aceumulant les dépôts clandestins de matériel de guerre,
toute frémissante de haïne avec ses 70 millions d'habitants et
7 où 8 millions d'hommes en état de porter les armes, en face de
4o millions de Français; il rappela le péril que pourrait un jour
lui faire courir l’armée russe alliée de l'Allemagne. Il rappela que depuis un siècle la France avait eu à subir quatre fois l’invasion allemande en 1814-1815-1870- 1914 et qu’elle devait se préserver contre la perpétuelle menace que font peser sur elle les aspirations de ses voisins de l'Est.
A la suite de ce plaidoyer, la question fut considérée comme réglée, et il fut admis que la France serait libre d'assurer à son gré la protection de sa frontière terrestre.
Quelques jours plus tard cependant M. Briand eut à repousser un nouvel assautau cours d’une séance du Comité des Cinq (composé des chefs des délégations des cinq grandes puissances). Il parvint à faire écarter une proposition demandant l’examen du problème du désarmement terrestre par une commission générale. Mais par contre il proposa la nomination de 3 commissions
= chargées de l'étude du contrôle des nouveaux moyens de guerre. E Cette proposition fut favorablement accueillie et le Comité des Cinq décida de former des conseils d'experts qui devaient
s'occuper respectivement des sujets suivants :
IL. Flottes aériennes : leurs qualités, leur caractère, leur emploi;
IT. Gaz toxiques ;