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ART, D

L'emploi à la guerre des gaz asphyxiants, empoisonnés ou autres, et de tous liquides où systèmes analogues, ayant été justement condamné par l'opinion générale du monde civilisé, et la prohibition d'employer ces procédés ayant été édictée dans des traités qui ont été signés par la majorité des nations civilisées, les puissances signataires afin que cette prohibition soit universellement acceptée comme une loi internationale liaut aussi bien la conscience que les actes des nations, déclarent adhérer à cette prohibition et invitent toutes les autres nations civilisées à y adhérer.

L'adoption de cet article n’alla d’ailleurs pas sans discussion. Les Etats-Unis qui, à la fin de la guerre étaient parvenus à un haut degré de préparation en ce qui concerne la guerre chimique, attachaient une grande importance à cette question et tout en

redoutant l'usage des gaz toxiques que pourraient faire contre ag q que P

eux certaines puissances, ils s’apprêtaient à en user largement (1). j En eftet le brigadier général Ames Fries, chef de services

chimiques de la guerre, avait remis au début de 192r1au major général Wood un rapport dans lequel il disait : « Les Japonais pourraient devenir rapidement maîtres des Philippines, de Guam et d'Hawaï par l'emploi de gaz moutarde qu'ils répandraient sur les fortifications au moyen de dirigeables. Les Japonais pourraient aisément transporter 100 tonnes de gaz mou-. tarde à bord d’une flotte aérienne composée de 100 avions. Cette

flotte arriverait de nuit à Corregidor et infecterait rapidement

toute l’île, Le même procédé pourrait êlre employé pour Yap,

pour d’autres points et au besoin pour un grand nombre de -

villes américaines ! »

Et le brigadier général envisageait la riposte et déclarait à la: Ù même époque devant le « Général Staff Collège » : (2)

« La marine se servira des gaz à la fois dans ses canons et sous forme de nuages. Les gaz toxiques. pénétreront dans les systèmes de ventilation des bâtiments. La marine étudie la façonde repousser ces gaz en les projetant sur les navires ennemis-

Les nuages toxiques pourront être déversés à torrents par des bombes d'avions ou être envoyés sous l’eau par des sousmarins. Ce sera par exemple du phosphore blanc qui bràle et

1. Naval and Military Register, 14 mai 1921. 2. Revue Maritime, août 1921.

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ne peut pas être asséché. Notre programme est prêt. Nous emploierons les nuages toxiques, le phosphore et un puis$ant gaz goudronné ». {

Une forte opposition se manifesta d’ailleurs au sein de la Commission car plusieurs experts préteudaient que les gaz étaient plus humains que les mitrailleuses ou les canons.

Ne voyons-nous pas l’Amira! Sir Reginald Bacon (2) déclarer que «les gaz toxiques tueraient la guerre » comme d’autres avaient dit que « l'avion tuera la guerre ».

« Aucune limitation de puissance maritime dit-il n'aura pour

effet « d'empècher les guerres dans l'avenir. L'accord international signé à Washington est un pas important effectué vers le désarmement, mais il convient dans notre optimisme de ne pas nous jeter aux extrèmes en cette matière.

«C'est l'aviation, seule à même de porter la guerre chez elle à la population civile, qui mettra fin aux guerres. Aussi longtemps que le choc du combat n’alteindra que soldats et marins et que ceux qui restent chez eux n’éprouveroni pas vivement l'horreur de la bataille, aussi longtemps que l'élément jeune de la population aspirera à gagner gloire et renom en même temps qu'à satisfaire ses instincts primitifs de lutte, les dispositions des peuples à faire la guerre se maintiendront. Mais quand les gaz délétères chasseront les civils, femmes et enfants dans les caves et les y tueront, quand le combat consistera surtout à laisser tomber des bombes empoisonnées et ne pourra plus en aucune manière apporter honneur et gloire aux aviateurs, alors la guerre cessera, tuée par la peur et par le mutuel dégoût. »

Cet article prévoit des formalités de ratification du présent traité. ART. 7

Le Gouvernement des Etats-Unis fera parvenir ultérieurement à toutes les puissances non signataires une expédition authentique du présent traité et les invitera à y donner leur adhésion.

Toute puissance non signataire pourra adhérer au présent traité en faisant parvenir l'instrument portant adhésion au gouvernement des Etats-Unis, qui en transmettra une expédition authentique à chacune des puissances signataires ou adhérentes.

1, Ninéleenth Century, janvier 1922.

A. Jacquemart 6

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