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annexée en août 1910 par le Japon. La menace navale allemande croissait, L'Angleterre voulait avoir les mains libres en Europe. Mais les Dominions avaient revendiqué leur droit à être consultés dans les affaires intérieures de l'empire ; la grosse difficulté était alors, comme aujourd'hui, leur politique hostile à l'immigration nippone. La question fut discutée à la Conférence impériale, car- la coopération des Dominions était indispensable à l'Angleterre : la Conférènce approuva l'alliance, malgré l’abstention de l'Australie.
Dans ses grandes lignes le traité de 1911 ressemblait à celui de 1905, mais entre autres modifications, l’article 4 portait les stipulations suivantes : « Si une des parties contractantes, conclut un traité général d'arbitrage, avec une troisième puissance, ilest convenu que rien dans l'accord n'obligera la partie coniractante à entrer en guerre contre la puissance avec laquelle ce traité d'arbitrage est en vigueur. »
Par là l'Angleterre indiquait $on intention de n’être en aucun cas entrainée à la guerre avec les Etats-Unis.
Cependant cette restriction ne rassurait que médiocrement les Etats-Unis, et à la veille de la Conférence, l'opinion de ce pays était nettement bostile au maintien de l'alliance anglo-japonaise. Il n’est pas exagéré de dire que la dénonciation de l’alliance anglo-japonaise constituait la clef de voûte du système de : la politique américaine à la Conférence du Désarmement.
Et M. Hughes n’était pas loin de considérer que la Conférence aboutirait à un échec si l'alliance demeurait, car la politique des Etats-Unis, dans le Pacifique et en Extrême-Orient dépendait en grande partie du sort de cette alliance. En effet,le programme du désarmement naval, tel qu’il avait été proposé par les Etats- Unis, ne pouvait leur donner d'apaisement qu’à la condition que les deux flottes, britannique et japonaise, ne puissent pas, à un moment donné, s’unir dans un même effort contre la flotte américaine.
En outre,on estimait à Washington que l'alliance anglo-japopaise, si elle avait un but pratique ne pouvait viser à autre chose qu’à contrecarrer la politique américaine dans le Pacifique et en Extrème-Orient. Donc, de deux choses l’une, ou bien, en acceptant la réduction de leurs forces navales, le Japon et l'Angleterre étaient décidés à ne pas renouveler leur pacte d'alliance
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el dans ce cas, les Etats-Unis demandaient à en avoir de suite, l’assurance formelle; ou bien l'Angleterre et le Japon tout en acceptant le programme Hughes,étaient résolus, sous une forme ou sous une autre, à rester la main dans la main et dans ce cas tout était remis en question, et l'Amérique était autorisée à rester sur la défensive et à continuer à accroître ses armements.
En Angleterre les avis étaient partagés à ce sujet.
À moins d'avis particulier l'alliance devait être renouvelée automatiquement le 13 juillet 1921. Cependant dès le 15 juillet 1920 une déclaration officielle anglaise publiée par la Presse, reconnaissait la nécessité de rendre le traité avec le Japon conforme à l'esprit de la Société des Nations.
Le communiqué portait même ces mots « Si l'accord dure
. après juillet 1927 ». Cette question fut discutée à la Conférence
impériale de 1921 ; malgré la très vive opposition du Canada au renouvellement de l’alliance,un courant s'était dessiné dans les milieux gouvernementaux britanniques,en faveur du maintien de la coopération avec le Japon, ami précieux et éprouvé,mais fier et susceptible, qui estimerait non seulement qu'il serait déloyal de le congédier brutalement, mais que ce serait impolitique car l'alliance paraissait à ce moment le moyen le plus économique et le plus sûr de protéger le grand Dominion isolé d'Australie, contre des velléités agressives du Japon.
Cependant une autre tendance se dessinait dans les sphères officielles, au début de la Conférence, tendance à restreindre la portée de l'alliance en définissant nettement la mesure dans laquelle elle s’exerçait. C’est ainsi que l’Angleterre considérerait comme définitive la répartition territoriale des possessions du Pacifique et ne se rangerait pas aux côtés du Japon pour une politique aventureuse, comme par exemple, sil essayait de s'emparer des bases navales des Philippines.
On remarqua d’ailleurs beaucoup dès le mois d'août 1921, les déclarations de M. Lloyd George à la Chambre des communes, qui souhaitait la transformation de l'alliance anglo-japonaise en un accord plus étendu sur tous les problèmes du Pacifique.
Il semble done que dès ce moment le gouvernement britannique était disposé à entrer dans les vues de Washington, et était à la recherche d’un moyen élégant pour rompre l'alliance
anglo-japonaise sans que 80n ancien allié risquât d'en prendre ombrage.
Il est particulièrement intéressant de connaître sur celte grave question l'opinion d’un homme qui reflétait le mieux l'opinion publique britannique, de lord Northclitfle, qui à la veille de l'ouverture de la Conférence se livrait à une vaste enquête dans le Pacifique.
Il fit à son passage à Hong-Kong au mois d'octobre 1921, les déclarations suivantes :
Au cours des deux dernières années, je me suis peu à peu rendu compte que l’alliance anglo-japonaise n’avait plus de raison d’être. Le Japon a rempli fidèlement ses engagements pendant la guerre et il a été récompensé des services rendus par lui. Le but de la Conférence de Washington est d'aboutir à un accord mutuel, mais les Etats-Unis se trouvent handicapés par un pacte déjà conclu par le Japonet la Grande-Bretagne au sujet : de la Chine, principal problème du Pacifique.
L'alliance anglo-japonaise est sans nul donte le facteur dominant qui s'oppose actuellement à une tentative de la Grande-Bretagne, du Japon et des Etats-Unis de régler, libres de toute entrave, les problèmes du Pacifique, parce qu’il écarte les Etats-Unis d’un arrangement défini visant le contrôle de la Chine.
Le prolongement de l'alliance a eu pour résultat d'irriter l'opinion publique et officielle aux Etats-Unis ; elle tend à bumilier la Chine et n’ajoute rien au prestige de la Grande-Bretagne en Asie. Elle empêche de trouver le moyen d'aider la Chine dans ses difficultés actuelles et s'oppose à la conciliation des intérêts divergents du Japon et des Etats-Unis.
A l'heure actuëlle la Chine ne peut fournir des garanties nationales satisfaisantes ; aussi importe-t-il de trouver lé moyen pratique de fournir une aide internationale à la Chine.
Ma conviction est que la solution des problèmes du Pacifique doit être basée sur la coopération et l’amitié anglo-américaines. Malheureusement, l'alliance anglo-japonaise a été prolongée au delà du point où elle est comprise par les Américains et envisagée favorablement par les Chinois.
Le moment était propice pour tenter de dissoudre l'alliance anglo-japonaise et de la remplacer par un accord des grandes puissances possédant des intérêts dans le Pacifique, accord à Quatre, destiné à remplacer l'accord à deux du Japon et de l'Angleterre et à assurer dans la mesure du possible, la Paix dans le Pacifique, tout en ménageant les susceptibilités du Japon. C’est à quoi s’employa avec succès la Conférence puisque ses travaux aboutirent à la signature du traité à Quatre, destiné
à remplacer l'alliance anglo-japonaise qui disparut sans bruit et sans éclat.
Le Traité à Quatre Le programme primitif de la Conférence ne comptait pas la France au nombre des nations appelées à tenter un accord en vue d'éviter les conflits futurs dans le Pacifique. Seuls les Etats-Unis, l'Angleterre et le Japon devaient prendre part à la discussion.
Pourquoi la France ne Dartioipite -elle pas aux conversations
engagées ?
N'était-elle pas, elle aussi, l’alliée du Japon par suite du traité du 10 juin 1907 destiné à maintenir le statu quo territorial en Extrème-Orient ?
De plus, si la situation de la France PRE le Pacifique n'est. pas comparable à celle des trois autres grandes puissances, elle n y est pas moins très importante.
La France y possède, en dehors de l’Indo-Chine, des possessions insulaires, nombreuses, riches, susceptibles d'un grand développement, non seulement en raison de la fertilité mcomparable de leur sol, mais encore et surtout en raison de leur situation géographique.
Qu'on les mette en valeur, en leur apportant de la maind'œuvre et des capitaux, et ces iles acquerront vite une prospérité inouiïe parce qu’elles sont sur la grande route maritime, à des distances moyennes des autres grandes escales.
Pourquoi donc la France n'avait-elle pas été appelée ?
N'est-elle pas de plus une grande puissance européenne, et si sa flotte est momentanément, en r1921,en état d’infériorité, n'est-ce pas parce que, pendant la guerre, elle a dù consacrer tous ses efforts à la lutte sur terre? Mais ce n’est là qu’une situation passagère ; la France peut rèconstituer sa flotte et il ne semble pas qu’elle puisse être éliminée des conversations qui
peuvent s ‘engager au sujet des divers océans, même au sujet
du Pacifique, d'où elle n’est pas absenle el d’où on ne peut pas la chasser. Aucun document officiel, jusqu” ici tout au moins, ne l'établit, mais ce sont à coup sûr, ces considérations que notre gouvernement fit valoir pour TE admettre la France