RATIFICATION ET APPLICATION DU TRAITÉ
Ratification
EraTs-Uxrs
À peine le dernier délégué à la Conférence s'était-il embarqué que le président Harding soumettait le 9 février 1922 les traités à l'examen du Sénat. Il déclara d’abord que si les traités n'étaient pas ratifiés l’influence des Etats-Unis en serait grandement diminuée dans le monde. Puis, mû par le même souci qui le poussa à faire insérer dans le traité du Pacifique deux clauses complémentaires destinées à apaiser les susceptibilités du Sénat, il ajouta : « Ces traités serviront à mettre un terme aux contradictions, à faire disparaître les ambiguïtés el à établir un accord clair et précis. Ils n'engagent ni les Etats-Unis ni aucune autre puissance dans une alliance, dans un enchevêtrement de quelque nature que ce soit. »
« n’y a qu'un traité, écrivait M. Nicholas Roosevelt (x), sur lequel le conflit peut atteindre l’animosité par quoi fut accueillie le projet de Société des Nations, c’est la Quadruple-Entente dont fait partie la France, respectant les possessions insulaires et les Dominions des quatre grandes puissances dans le Pacifique. Le vieux cliché est ressorti « emmêlement d’alliances » ; l'emmèê.lement d’alliances a toujours été une abomination pour les sénateurs américains et lorsqu'ils ont la chance de découvrir un emmêlement d’alliances, ils se croient les sauveurs du pays. Aussi, en étudiant le traité, s’efforcent-ils de découvrir sous la plus innocente formule un emmêlement d’alliances. Ce qui fut la grande objection à la Société des Nations, continue d'être le critérium des politiciens américains pour l'établissement des relations entre les Etats-Unis et l'Europe. »
Voilà le motif de la bataille qui s’engagea au sujet de la ratification du traité du Pacifique sous la direction de Borah « l’Antieuropéen », de Hiram Johnson le Californien et de Redd (Missouri) et au cours de laquelle les sénateurs eurent mainte occasion de montrer leur méfiance à l'égard des autres nations et de