Pénitence laborieuse pour les péchés graves
Quant aux péchés graves, ils requièrent une expiation plus longue et plus pénible.
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Mais cette expiation laborieuse n’est pas toujours et nécessairement publique. Car il y a aussi la pénitence privée, et il ne faut pas que la pénitence publique, par l'éclat plus Ed qu’elle jette, relègue tout à fait dans Vombre l’autre forme, plus discrète, de la satisfaction. Il faut bien distinguer, en effet, la pénitence elle-même et la publicité de la pénitence. La pénitence, prise en soi, était une affaire essentiellement personnelle, qui ne concernait que le pécheur et ne tendait qu’à son bien propre ; la publicité qui était souvent donnée à cette pénitence visait avant tout au bien de la communauté. Cette publicité avait pour but de faire un exemple D ppt, d’inspirer à tous une salutaire terteur, en un mot de réparer le scandale causé par le péché. Pour qu’une faute fût soumise à la pénitence publique, il ne suffisait donc pas qu’elle fût grave, il fallait encore qu’elle fût publique.
Or un péché ne devenait public que de deux manières : ou par l'éclat scandaleux qu'il avait fait, ou par dénonciation.
Quandun Eolien avait été condamné par un tribunal civil pour crime de droit commun, ou par un tribunal ecclésiastique pour
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infraction grave aux lois religieuses, alors le scandale était patent, notoire. Il en était de
même quand le péché s’étalait aux yeux de - tous, par exemple dans le cas de concubinage
public. Alors il y allait de l'honneur de l'Église de retrancher de son sein un mémbre indigne, .et l’évêque avait non seulement le droit, mais le devoir strict de l’excommunier, C'était une mesure de salubrité publique:
En épargnant un individu, dit Origène, les évêques (faibles ou négligents) mènent l’Église entière | à la ruine. car un seul pécheur suffit à contaminer
toute une population (VIIe Homélie sur Josué, | VIL, 5). — Si quelqu'un va encore au théâtre, dit
à son tour Jean Chrysostome, ] je ne le laisserai plus
entrer dans cette enceinte, je ne lui donnerai plus
les mystères, je ne le laisserai pas toucher la table
sacrée. Je ferai comme les bergers qui écartent du
troupeau les brebis galeuses (Homélie contre les ; jeux du cirque et le théâtre, 4).
Le pécheur ainsi frappé d’excommunica-
tion ne pouvait rentrer dans la communauté
chrétienne qu’en réparant, par une pénitence È
publique, le scandale public qu’il avait donné. ?
1 excommunication n'était pas toujours À:
suivie de la pénitence publique. Petri était
| essentiellement volontaire, il fallait que le.
pécheur consentit à s’y soumettre. Or il.
arrivait que des excommuniés, par mauvaise humeur ou pour d’autres motifs, quittassent éfinitivement l'Église. Dans ce cas, c'était rupture totale : l’excommunié retournait
secte hérétique, et l’Église n’avait plus à
s’occuper de lui. Mais ce genre d’apostasie
semble avoir été rare. Généralement le chré-
tien, quelque coupable qu’il fût, ne prenait
pas son parti de son exclusion. 7 voulait à out prix rentrer dans le sein de l’Église. Et
comme celle-ci, d'ordinaire, maintenait ferement sa discipline, le pécheur n'avait
d'autre ressource que d'en passer par toutes
les conditions qu’elle lui imposait, si dures
fussent-elles.
Un péché pouvait encore devenir publie par voie de dénonciation. C’est ainsi, nous
raconte saint Augustin, que des nas vers
naïent accuser leurs maris d’ adultère, et
réciproquement. Dans ce cas, l’évêque était “eue de se livrer . une d Aa qui ue
au monde païen ou se réfugiait dans quelque ï
Nous sommes lents à excommunier, à chasser de l’Église, dit saint Augustin dans le Sermon 17. — Nous ne pouvons écarter personne de la communion, bien que cette mesure soit médicinale et non
dénoncé, ou que l’ont ait été dénoncé et convaincu dans un jugement séculier ou ecclésiastique { Sermon
Saint Jean Chrysostome poussait beaucoup les fidèles à se surveiller et à se dénoncer les uns les autres, ce qui, soit dit en passant, peut nous aider à comprendre la violence des haines qu’il a déchaînées contre lui. S’adressant aux chrétiens d’Antioche, il s’écrie :
Faites-moi connaître cet homme (il s’agit d’un fidèle qui a assisté à des cérémonies juives). Je suis prêt à affronter la mort plutôt que de le laisser franchir le seuil du sanctuaire, s’il s’obstine dans sa manière d'agir. Ne remarquez-vous pas ce que le diacre crie plusieurs fois pendant les saints Mystères : « Surveillez-vous. mutuellement. » Par là il vous autorise à examiner la conduite de vos frères. Saisissez-le et montrez-le moi donnez-nous son nom... Nous ne le tuerons pas, nous ne lui infligerons pas de supplice. Nous nous efforcerons de l’arracher à son erreur impie et de le rendre entière-
ment nôtre, Si vous refusez de faire connaître les |
mortelle, à moins que l’on ne se soit spontanément …
#4 Fe LA SATISFACTION 73:
“ nero si vous les tenez cachés, vous savez par- faitement que vous serez punis comme eux {Ier Discours contre les Juifs, 4 ; Migne, 48). :