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Pénitence privée en cas de péché grave, mais secret

Il y avait enfin des péchés, très graves en eux-mêmes, mais absolument secrets. Dans “ce cas, l’Église n’avait aucun moyen matériel de forcer le pécheur à la pénitence. Seulement les prédicateurs exhortent chaleureusement les coupables à s'abstenir spontanément de la communion, pour ne pas manger et boire leur propre condamnation. Dans un accès de sainte colère contre des chrétiens qui avaient assité à une fête mondaine, Chrysostome s’écrie :

Je désirerais connaître ces coupables pour les expulser de l’église. Leur expulsion ne serait d’ailleurs pas définitive ; ils rentreraient une fois qu'ils seraient corrigés. Ma parole les reconnaîtra. Elle ira les réprimander ; elle les amènera à s’écarter spontanément. Celui-là séul appartient à notre réunion qui est digne d’en faire partie. Celui, au contraire, dont la vie est souillée, a beau être de corps dans cette sainte assemblée, il en est exclu plus réellement que ceux qui ont été expulsés et

qui n'ont pas encore le droit de participer à la table

sacrée. Ceux-ci, en effet... dès qu'ils consentiront

à corriger les fautes pour lesquelles ils ont été exclus de l’église, pourront rentrer avéc une conscience pure. Ceux, au contraire, qui, après s'être souillés, ne tiennent pas compte de la défense qui leur est faite de rentrer avant de s’être purifiés, ceux-là

:enveniment leur blessure. Je conjure donc ceux qui

sont allés au théâtre de se purifer d’abord de leur . péché par la confession, la pénitence et les autres remèdes. Ils reviendront ensuite entendre les ser-

mons {Homélie LIT sur David et Saül).

La première chose qu'avait à faire le chré-

tien coupable d’un péché grave, mais secret,

c'était donc de s’abstenir spontanément de la communion. Mais cela ne suffisait pas.

Comme nous l’avons vu ci-dessus à propos de la confession, il était en outre invité à venir. trouver l’évêque et à lui découvrir la souillure de son âme. C'était à l’évêque de décider s’il était opportun de soumettre le pécheur à Phumihation de la pénitence publique, ou s’il valait mieux, pour éviter le scandale, s’en tenir à la pénitence privée. Dans ce dernier cas, l'évêque prescrivait au coupable les exercices de mortification, prières, jeûnes,

aumônes, à accomplir en son particulier,

LA SATISFACTION

“Il faut, es saint Augustin, reprendre en bte les péchés commis publiquement, et reprendre en particulier les péchés commis en secret. … Nous devons reprendre en secret, blâmer en secret, et éviter, par un blâme public, 3e trahir le coupable. - L’évêque apprend qu’un tel est homicide, mais il est seul à le connaître comme tel... Je me garde donc de le trahir, toutefois je ne le néglige pas. Je le reprends en secret, je lui mets sous les yeux le juge- ment de Dieu, je porte l’effroi dans sa conscience ensanglantée, je l’exhorte à faire pénitence... Il y a . des hommes qui commettent l’adultère chez eux, ils pèchent en secret. Parfois leurs épouses nous les . dénoncent, soit pour épancher leur peine, soit par D intérêt pour le salut de leurs maris. Nous, nous ne 2 les dénonçons pas en public, mais nous les reprenons en particulier (Sermon 82, VII, 11).

Certains auteurs, et Mgr Boudinhon est du nombre, prétendent que, même dans le:

cas d’une confession secrète, la pénitence était toujours publique. Ils n’admettent pas la coexistence d’une pénitence privée et … d’une pénitence publique. Cependant, des - textes que nous venons de lire, il semble bien ressortir que, dans certains cas, l’évêque trouvait inopportun de donner de la publicité à la pénitence et préférait voir le pécheur

satisfaire en son particulier à la justice de Dieu. Sans doute la pénitence publique était la règle et la pénitence privée une simple exception ; mais encore est-il que cette exception devait se rencontrer de temps en VER

Dans le Pénitentiel de BurcHanr», évêque de Worms, nous lisons :

Des incestes secrets. — Si quelqu'un a commis un inceste secret et en a fait au prêtre une confession secrète, il faut lui indiquer le remède canonique qu'il aurait dû subir si son crime était devenu public. Mais, puisque la faute est cachée, le prêtre doit lui donner le conseil de pourvoir au salut de son âme par une pénitence secrète, c’est-à-dire d’avouer sincèrement et du fond du cœur qu’il a péché gravement, de s’efforcer de se purifier par des jeûnes et des aumônes, par des veilles et de saintes prières accompagnées de larmes, et d’avoir confiance dans la miséricorde de Dieu pour arriver par ces moyens à l'espérance du pardon (BurcHarp, Décrets,

L XIX, ch. 36 ; Migne, P. L. CXL, p. 987).

Sans doute le Pénitentiel de Burchard est d’une époque assez tardive (vers 1015).

Mais les sources à l’aide desquelles l’évêque de Worms l’a compilé sont souvent très anciennes. En particulier, le document qu' on vient de lire date d’un temps où la pénitence

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était encore généralement publique ; néan- moins, comme on le voit, il admet des dérogations à cette publicité. Quelque secret que fût le péché, l’évêque jugeait parfois à propos . de soumettre à la pénitence publique le fidèle qui s'était spontanément accusé. Celui-ci entrait alors dans l’ordre des pénitents, à.

côté du pécheur scandaleux et de celui qui | ‘avait été dénoncé et convaincu. va

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