‹ La ConfessionChapitre 2 sur 58 · III. — Différentes acceptions du mot pénitence · texte numérisé non relu

III. — Différentes acceptions du mot pénitence

Le mot pénitence a plusieurs acceptions assez différentes. Étymologiquement et dans le sens du latin classique paenitentia, il signifie simplement __ repentir. Dans le latin ecclésiastique, paenitentia - traduit souvent le grec metanoia, changement d’es-

ne

ee | : prit, agence de dispositions, par conséquent repéntir du mal passé et conversion. Ce second sens, comme on le voit, est assez rapproché du premier. Pénitence signifie encore un châtiment, involon-

taire ou volontaire ; c’est ainsi qu’on dit : imposer

une pénitence à un enfant, faire pénitence d’une

faute. Enfin, dans l’Église latine, le mot paertientia, pénitence, a été appliqué à l’ensemble des : mesures disciplinaires destinées à l’expiation du péché :

c’est en ce sens que l’entend Tertullien dans son traité de la Pénitence.

Dans l’Église grecque, cette institution s’appelait exomologèse, mot qui signifie étymologiquement pen aveu ; et ce terme d’exomologèse avait … passé de l’Église grecque dans l’Église latine, où il était couramment employé.

Ainsi entendue, la pénitence ou exomologèse était un rite compliqué, comprenant à la fois le repentir: intérieur et la conversion ({paenttentia et melanoia), une certaine confession des péchés nn et la soumission à des épreuves déterminées, souvent très longues et très dures, qui avaient pour but d’expier le péché et de réparer le scandale causé. Cette pénitence aboutissait géné- ralement à l’absolution, c’est-à-dire à la réintégration du pécheur dans la communauté chrétienne: Comme on le voit, la pénitence des premiers siècles

à comprenait, en apparence, à peu près les mêmes

Géments que le sacrement de pénitence d’aujour-

__ + INTRODUCTION | dd

d’hui. Nous verrons bientôt les différences essentielles qui séparent les deux institutions.

IV Antiquité de la pénitence.

Inutile de chercher si la pénitence, sous une forme

ou sous une autre, a toujours existé dans l’Église.

Il n’y a pas de société possible sans sanctions, c’està-dire sans pénitence. L'homme qui entre dans une

association quelconque, qu’elle soit olitique, in- > P > In

dustrielle, commerciale ou même simplement sportive, s’engage, au moins tacitement, à se soumettre

‘aux règlements de cette société, et sait fort bien

que, en cas d’infractions graves, il aura à subir des

amendes, des rétrogradations d'emploi ou au besoin

l'exclusion. Il n’en va pas autrement pour la grande société chrétienne. Aussi pouvons-nous affir-

mer & priori et en toute assurance que la pénitence

canonique est aussi vieille que l’Église elle-même.

Et, de fait, le plus ancien document du Nouveau . Testament, les Epîtres de Paul, nous montre déjà l’Apôtre et ses Églises portant des sanctions contre Re les Chrétiens coupables et les soumettant à la, péni-

tence.

La pénitence peut revêtir et a revêtu en réalité plusieurs formes différentes. Depuis longtemps déjà, surtout depuis le concile de Trente, l'Église en a fait un sacrement, le sacrement de pénitence. Mais cette forme actuelle de la pémitence, forme

Ah ASTUE Nr D'ar

Lu

PT mA

SANT 5 Pre

12 ns INTRODUCTION

rigide, définitive, désormais immuüable puisqu'elle est liée à des dogmes, n’est que l’aboutissement naturel d’une longue évolution. Ce sont les étapes successives de cette évolution qu'il nous faut maintenant parcourir.

Page 1