L'ABSOLUTION
ainsi que le récit tout entier, prouvent que le pardon est l’œuvre de Dieu seul et que le rôle de l’Église, dans la pénitence, est d'ordre tout extérieur et disciplinaire.
Nous retrouvons la même pensée exprimée en termes très nets par le pape saint Grégoire le Grand, environ deux siècles après saint Augustin :
Lazare est déjà vivant quand les disciples le délient ; il était mort quand le Maître le ressuscrita… Nous, nous devons, par notre autorité pastorale, délier ceux que nous constatons avoir été rendus à la vie par la grâce qui ressuscite (Homélies sur les
Épangiles, XXNI, 4, 6).
bu il faut bien le dire, le peuple et aussi le clergé, perdirent d’assez bonne heure le sens originel de ces cérémonies et de ces formules pénitentielles. Le fidèle. s’imagina être absous de son péché au moment précis où l’évêque lui donnait l’absolution et en vertu de cette absolution même. D'autre part, l’idée d’un pouvoir si merveilleux flat- tait trop l’orgueil du clergé pour ne pas se glisser à la longue dans l’enseignement offi- * ciel. Ce qui est remarquable, c ’est qu’elle ne s’y soit pas introduite plus. vite et que l’ Église
« catalogues de péchés graves qu’on rencontre
es
soit si longtemps restée modeste dans ses pré-
tentions.