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THÉORIE DES SACREMENTS

indifférente en soi et commune à tous les corps, et la forme propre du fer, c’est-à-dire ce principe qui fait que la matière ici présente - est du fer, et non pas du cuivre ou de l’étain. - Dans Phamme, le corps est la matière ; l’âme, qui anime et vivifie ce corps, est la .

Tant qu'on se bornait, comme l'avait fait Aristote, à appliquer la théorie de la matière. et de la forme aux substances terrestres, il n'y avait aucun inconvénient. C'était une vue philosophique qui en valait une autre.

Mais le malheur fut que les Scolastiques, dépassant la pensée d’Aristote, étendirent cette théorie à des choses qui ne sont pas des substances et en particulier aux sacrements. Dans chaque sacrement, la cérémonie matérielle et sensible fut considérée comme la matière; les paroles prononcées par le ministre, parce qu'elles déterminent et précisent le sens de la cérémonie et en sont pour ainsi dire l’âme, constituèrent la forme.

Ainsi, dans le baptême, l’infusion de l’eau 4 fut la matière du sacrement ; les paroles : «Je » te baptise, au nom du Pire et du Fils et du Dont -Esprit », furent la forme.

Dans les sacrements où l’on fait usage d’une

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y 146 LA CONFESSION SACRAMENTELLE

substance matérielle, comme l’eau, le saint

chrême, le pain et le vin, la théorie de la.

matière et de la forme avait au moins un | semblant de justification. Mais, pour les | sacrements qui ne comportent |’ le d’au- |

cune substance, comme la pémitence et le mariage, on fut un peu embarrassé. On s’en

tira cependant. Dans la pénitence, il fut.

convenu que les péchés du pénitent seraient |

la matière éloignée du sacrement, et que les

actes du pénitent, contrition, confession, |

satisfaction, seraient la matière prochaine.

Quant à la forme, ce fut tout naturellement la sentence prononcée par le confesseur : « Je.

T’absous de tes péchés. »

Élaborée au xn1® et au xin® siècle, cette théorie de la matière et de la forme, appliquée

nelle d’une bulle d'Eugène IV (+ 1447) :

aux sacrements, reçut sa consécration solen-

Tous ces sacrements sont constitués par troisl. ‘éléments, à savoir par des objets comme matière, par. des paroles comme forme, et par la personne du

ministre conférant le sacrement avec l'intention de. |

faire ce que fait l'Église.

Néanmoins certains théologiens, notamment saint Thomas d'Aquin, sentaient bient

théorie de la matière et de la forme appliquée

trois actes du pénitent, ils les appelèrent

seulement la quasi maieria, la matière pour

ainsi dire du sacrement. Mais aux xn*, xIr1e, et x1v® siècles, on n° éprouva généralement pas ces scrupules et on tira intrépidement

pénitence.

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ce qu'avait d'impropre et de factice cette +

au sacrement de pénitence. Aussi les Pères du Concile de Trente ; jugèrent-ils prudent d’atténuer quelque peu la rigueur des termes : les

de cette théorie toutes les conséquences qu'on croyait y découvrir. Or ces conséquences, comme on va le voir, sont d’une portée incalculable, surtout en ce qui concerne la

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