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intégrante de ce sacrement. La-confession est
donc absolument nécessaire, rigoureusement obligatoire pour tout Déhous, et cela par le seul fait de la volonté divine, indépendamment de toute prescription de l Église.
Si la confession est nécessaire aujourd’hui, elle l’a toujours été. Car elle est indissoluble-
ment liée au sacrement de pénitence, elle en
est la condition sine qua non, sans elle il n’y a pas de sacrement de pémitence. Or la pénitence est, après le baptême, le plus indispensable des sacrements, et il. n’est pas admis- sible que F Église ait été un seul instant privée d’un si précieux instrument de salut. Quand même donc la confession n'aurait laissé aucune trace dans l’histoire des premiers siècles, il n’en serait pas moins certain qu'elle a toujours existé, puisque le sacrement de pénitence remonte à Jésus-Christ et que la
confession est partie intégrante de ce sacre-
ment.
Ainsi raisonnaient les Scolastiques, en
partant, comme on le voit, de principes purement abstraits. Aristote, assurément, n'avait pas prévu que Sa théorie de la matière et de la forme servirait un jour à prouver la nécessité de la confession.
Si l’on s'était contenté de dire : « Voici
comment les choses devront désormais se
passer : désormais tout pécheur, pour obtenir le, pardon de ses fautes, sera tenu de se
confesser, » il n’y aurait, au point de vue 2 3
historique, aucune objection à faire. Mais
ce qui est grave, c’est qu’on voulut imposer
au passé ce qu'on regardait comme nécessaire dans le présent et projeter dans les six
premmers siècles la théorie et la pratique du
XIIC,
IT. — L’assozurioN oPÈRE MAGIQUEMENT.
On procéda de même pour l’absolution.
Pendant la première période, celle de la péni-
tence publique, l’absolution, ou ce qu’on peut
appeler ainsi, n’avait été que la réintégration
du pénitent dans le sein de la communauté ;
son action ne dépassait pas le for extérieur.
Pendant la période de la pénitence tarifée, labsolution consistait en une prière assez longue par laquelle le prêtre demandait à.
Dieu de vouloir bien pardonner au pénitent.
Jamais encore le prêtre n'avait émis la pré
tention de remettre lui-même le péché. Mais
déjà, dans certaines Églises, onavait intercalé,
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au milieu des prières du prêtre, une formule
indicative : « Je Pabsous », en ayant soin
toutefois d'ajouter aussitôt : « de tous les jugements (de toutes les peines) dont je t’ai
lié. » Prenant cette formule, on substitua,
le mot péchés au mot liens et on obtint ainsi la formule actuelle : « Je t’absous de tes péchés. » Quant à la tournure indicative ou
déclarative : « Je t’absous », elle s’accordait
mieux avec la doctrine nouvelle, d’après
laquelle tout sacrement agit ex opere operato, c’est-à-dire par lui-même, magiquement pour ainsi dire. Cette formule indicative fut encadrée, comme elle l’est encore aujourd’hut, entre d’anciennes formules de prière à Dieu,
mais il fut entendu que la formule indicative
seule était la forme du sacrement de pénitence, par conséquent la seule nécessaire.
Le concile de Trente, au xvi® siècle, ratifia
cet enseignement et le rendit définitif :
Le saint concile enseigne en outre que la forme du
sacrement de pénitence, de laquelle principalement
dépend son efficacité, consiste dans ces paroles du ministre : « Je t’absous de tes péchés ». À ces paroles,
c’est une louable coutume autorisée par la sainte
Église d'ajouter certaines prières, mais ces prières n’appartiennent pas à l'essence de la forme elle-
même et ne sont pas nécessaires à l’administration du sacrement (Session XIV, De la pénitence, ch. 3).
La forme étant, avec la matière, ce qui constitue tout sacrement, il s’ensuit qu’elle a été choisie et déterminée, aussi bien que la matière, par Jésus-Christ lui-même. L’absolution, qui est la forme du sacrement de pénitence, a donc toujours été en usage dans l'Église. Sans doute, nous n’en retrouvons aucune trace dans les œuvres des anciens Pères, mais ce fait historique n’a aucune importance. Les principes avant tout ! D’une part, le sacrement de pénitence remonte, sans interruption possible, à Jésus-Christ ; d’autre part, sans la confession et l’absolution, il n'y a pas de sacrement de pénitence. Donc la confession et l’absolution ont toujours existé.
Seulement, à propos de la tournure indicative ou déprécative de l’'absolution, les théologiens furent dans un cruel embarras.
Presque toutes les Églises orientales, même catholiques, employaient et emploient encore aujourd’hui des formules déprécatives ; ! tout récemment encore, l'Église latine ellemême n’en connaissait pas d'autre. C'était
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là un fait brutal, indéniable. Allait-on déclarer nulles et sans valeur toutes les absolutions jusqu'alors données dans l’Église, sous prétexte qu’elles n'avaient pas été formulées indicativement ? Autant dire que le sacrement de pénitence avait jusqu'alors manqué dans l’Église. j
Les théologiens reculèrent devant une conséquence aussi monstrueuse. On fit une cote mal taillée : il fut entendu que la forme indicative serait seule valide désormais dans l'Église latine, mais que la forme déprécative continuerait d’être valide dans les Églises orientales, comme elle l’avait été jadis dans l’Église latine elle-même. Quelques théologiens eurent même la naïveté d’enseigner que Jésus-Christ avait institué deux formes pour le sacrement de pénitence, l’une à l’usage des Grecs et l’autre à l’usage des Latins, et qu’ainsi chacune d’elle était valide dans l’Église à laquelle elle avait été destinée.