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IV. — La coNTRITION DIMINUÉE

Conséquence étrange, et pourtant logique !

Ce même caractère sacramentel, qui avait

donné à la confession et à labo importance extraordinaire, diminua celle de

la contrition et réduisit presque à rien le rôle

de la satisfaction. Tant que le pardon du

péché était réservé à Dieu, c’est-à-dire dépendait, en dernier ressort, des dispositions inté-

rieures et des satisfactions extérieures du pénitent, la contrition ne pouvait jamais être

trop intense, ni la satisfaction trop éclatante. Dans lincertitude où l’on restait du pardon divin, on ne croyait jamais trop faire pour le

mériter. Mais maintenant que la pénitence, comme les autres sacrements, agit ex opere operato, par elle-même, magiquement pour ainsi dire, on se sent plus rassuré.

Sans doute, il faut toujours le regret du

péché ; la contrition est même élevée au rang de matière prochaine du sacrement de péni-

tence, avec la confession et la satisfaction ;

mais c’est justement cet honneur nouveau qui cause sa perte. On se met à épiloguer dans les écoles sur le Degré de contrition

nécessaire et suffisant pour la validité du sacrement de pénitence. On distingue la contrition parfaite, regret désintéressé du péché, et la contrition cmparfaite, fondée sur des motifs surnaturels sans doute, mais intéressés, comme la crainte de l’enfer. Il fut entendu que la contrition parfaite efface directement et immédiatement le péché.

Quant à la contrition imparfaite, elle en. est incapable par elle-même ; mais, ce qu’elle ne peut faire seule, elle le fait si elle est jointe à lPabsolution.

C’est ici qu'éclate le caractère sacramentel.

et magique de l’absolution. Voici deux Pé-

cheurs qui ont commis exactement le même péché mortel ; tous deux viennent à mourir dans les mêmes sentiments de contrition tmparfaite. Mais l’un d’eux n’a aucun prêtre à sa disposition et meurt sans absolution ; le

hasard veut que l’autre trouve un prêtre. au -

dernier moment et reçoive de lui l’absolution. Le premier est condamné au feu éternel de

l'enfer, l’autre va au ciel ; le premier est un

réprouvé, le second un du, et cela malgré des

s. dispositions intérieures absolument pareilles,

uniquement parce que le hasard a refusé un

prêtre au premier et l’a procuré au second.

Si la puissance de l’absolution est telle qu’elle suffit à rendre efficace une contrition par elle-même ineflicace, à quoi bon se gêner ! On peut, sans tant de prétentions, se contenter de la contrition ëmparfaite, qui est à la portée de tout lé monde. On espère toujours avoir un prêtre, à ses derniers moments, pour recevoir de lui labsolution. Et, en attendant, toutes les confessions que le pécheur fera avec une contrition simplement imparfaite lui vaudront le pardon divin, ‘puisque l’absolution sera là pour donner à cette contrition une efficacité qu’elle n’aurait pas à elle seule.

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