‹ La confirmationChapitre 10 sur 123 · Act., vin, 14-17. trad. de Bossuet, ibid · texte numérisé non relu

Act., vin, 14-17. trad. de Bossuet, ibid

2. Cf. S. Jérôme, dans son Dialogue contre les Luciféraniens, fait remonter la Confirmation à la Pentecôte dans les termes suivants : « Quod si hocloco quaeris, quare in Ecclesia baptizatus, nisi per manus episcopi, non accipiat Spiritum Sanctum, quem nos asserimus in vero Raptismate tribui, disce hanc observationem ex ea auctoritate descendere, quod post ascensum Domini Spiritus Sanctus ad Apostolos descendit. » n. 9. P. L. XXIII, 173, i74.

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de leurs mains. Sacrement, ministre, forme : on le voit, tout est condensé dans ce simple récit des Actes.

Du reste, ce n'est pas là le seul passage inspiré où il soit fait mention de la Confirmation. Outre plusieurs expressions qui y ont trait, mais qui ne suffiraient pas par elles-mêmes à en prouver l'existence, nous avons au chapitre XIX des mêmes Actes apostoliques un récit aussi court que substantiel. De Corinthe saint Paul s'est rendu à Ephèse. Il trouve dans cette ville plusieurs disciples. << Avez- <;, vous reçu l'Esprit-Saint, leur demande-t-il, au jour « où vous avez cru? » Ceux-ci lui répondent: •• Mais { nous n'avons pas même entendu parler de l'exis- « tence du Saint-Esprit. » — « En qui donc avez- <i vous été baptisés? » reprend l'apôtre. — << Dans le <- baptême de Jean (*). >> Alors saint Paul leur fait comprendre la différence qui existe entre le baptême préparatoire de Jean-Baptiste et celui de JÉSUS. « Après avoir entendu ces paroles ils furent baptisés dans le nom du Seigneur Jésus. Et après que Paul leur eut imposé les mains, l'Esprit-Saint vint sur eux et ils possédaient le don des langues et de prophétie (2). » Dans ce second récit nous retrouvons les mêmes éléments que dans le premier. De passage à Ephèse. l'Apôtre est empressé d'y exercer le ministère directement épiscopal II y trouve des fidèles: les croyant baptisés, il leur offre aussitôt la Confirmation ; mais voyant que le premier sacre-

i. Act., xix, 2. 5. — 2. Ib. . v, 5, 6.

ment leur manque, il les fait baptiser d'abord ; après quoi, leur imposant les mains, il leur confère luimême la Confirmation. Le texte sacré fait très clairement entendre que d'autres baptisèrent ces disciples, tandis que l'Apôtre lui-même, en sa qualité d'évêque, se réserva de les confirmer.

On le voit, ces deux passages sont d'une grande éloquence. Aussi les saints Pères y recourent-ils à l'envi, lorsqu'ils veulent affirmerladoctrine catholique touchant le deuxième sacrement (').

Outre ces deux récits des Actes, généralement cités, il en est un encore qui renferme un enseignement important à recueillir. Lorsque saint Pierre, envoyé par Dieu vers le centurion Corneille, à Césarée, eut adressé sa harangue au futur soldat du Christ et à sa famille réunie dans sa demeure, avant même qu'il eût achevé de parler, l'Esprit-Saint descendit sur tous ceux qui entendaient la parole apostolique ; et Corneille et les siens honorés du don des langues, se mirent à glorifier le Seigneur. Les chrétiens circoncis qui accompagnaient saint Pierre demeurèrent stupéfaits de ce que la grâce du Saint- Esprit fût donnée à des gentils. <' Eh quoi ! reprit « saint Pierre, quelqu'un pourrait-il se refuser de « baptiser dans l'eau ceux qui ont reçu le Saint-

1. Cyp. ep. 73, n. 9. p. L. III, 1160. — Chrys. homil, 18 in cap. vin. Act. n. 2-3. P. G. LX, 143-144. — Innocent. I, ad Descentium Eugubinum, ep. 25, c. 3, n. 6. P. L. XX, 554 ; it., de Consecr., dist. 4, c. 119. — Hieron. , Dialog. adv. Lucifer., n. 7 et 9. P. L. xxm, 171-173.

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« Esprit comme nous? Et il les fît baptiser au nom du « Seigneur JÉSUS-CHRIST (i). »

Sans doute, dirons-nous avec saint Thomas (2), le Saint-Esprit que Corneille et les siens reçurent avant le Baptême n'était pas le sacrement de Confirmation proprement dit, attendu que celui-ci ne peut exister là où le sacrement de Baptême n'existe pas encore. Toutefois avec le même docteur nousy voyons l'effet de la Confirmation, qui peut subsister là où l'effet du Baptême préexiste ; ce qui peut avoir lieu avant la réception du sacrement régénérateur. La descente du Saint-Esprit sous la forme propre à la Confirmation était donc aux yeux de l'Apôtre un argument infaillible de l'aptitude de Corneille à recevoir le Baptême. Comme le texte sacré n'ajoute pas que saint Pierre, après avoir baptisé le centurion, lui ait encore imposé les mains, la question reste ouverte de savoir si l'effusion surnaturelle du Saint-Esprit a pris d'elle-même le caractère sacramentel aussitôt que l'âme de Corneille était capable de le porter. Quoi qu'il en soit, nous trouvons ici la trace des deux sacrements. En outre, nous y voyons par les paroles de saint Pierre une relation directe entre l'effusion du Saint-Esprit dans la Confirmation et celle qui eut lieu sur les Apôtres au cénacle, car il dit :

i. Act., x, 47, 48. — N.B. A ces récits des Actes des Apôtres nous pourrions encore ajouter plusieurs endroits des épitres canoniques où il est question de l'onction et du sceau du Saint-Esprit. (Cf. II Cor., 1,21 ; Eph., 1,13, etc ), mais nous préférons réserver ces passages pour le chapitre spécial consacré au caractère de la Confirmation.

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