‹ La confirmationChapitre 9 sur 123 · I Cor., v · texte numérisé non relu

I Cor., v

34 Section I. — Chapitre I.

<i pouvoir de les lui livrer par ses censures (*). » Bien avant Bossuet, saint Augustin avait comme pressenti et magistralement réfuté un prétexte aussi futile qu'imaginaire 2 .

§ IL — Tradition apostolique.

Mais ce n'est pas seulement la tradition de quinze siècles que la réforme a témérairement méconnue: c'est la tradition apostolique elle-même, scellée par l'autorité irréfragable des Ecritures, qu'elle a sacrilègement rejetée. Voici en effet un passage que nous lisons au chapitre VI II des Actes des Apôtres, et dans lequel tous les Docteurs de tous les temps ont reconnu l'affirmation explicite de la Confirmation : « Quand les Apôtres qui étaient à Jérusalem eurent appris que ceux de Samarie avaient reçu la parole de Dieu, ils leur envoyèrent Pierre et Jean, qui, étant

i. Lettre pastorale sur la communion pascale, n. 10. Œuvr. compL Éd. Vives, t. XYli, 269.

2. Voici dans son entier ce beau passage de l'éloquent docteur d'Hyppone : << Primis temporibus cadebat super credentes Spiritus Sanctus ; et loquebantur linguis quas non didicerant, quomodo Spiritus Sanctus dabat eis pronuntiare. Signa erant tempori opportuna. Oportebat enim ita signifkari in omnibus linguis Spiritum Sanctum, quia Evangeliura Dei per omnes linguas cursurum erat toto orbe terrarum. Significatum est illud et transiit. Xumquid modo quibus imponitur manus ut accipiant Spiritum Sanctum, hoc expectatur, ut linguis loquantur? Aut quando imposuimus manus istis infantibus, attendit unusquisque vestrum utrum languis loquerentur ; et cum videret eos linguis non loqui, ita perverso corde aliquis vestrum fuit ut diceret : Xon acceperunt isti Spiritum Sanctum ; nam si accepissent, linguis loquerentur quemadmodum tune factum est?...» Puis le grand évêque s'étend sur la charité, qui, à défaut de miracles, est le caractère distinctif de la descente du Saint-Esprit. — In epistolam Joannis ad Parthos . Tract. VI, c. III, n. 10. P. L. t. 35, p. 2025.

venus, firent des prières pour eux, afin qu'ils reçussent le Saint-Esprit. Car il n'était point encore descendu sur eux et ils avaient seulement été baptisés au nom du Seigneur JÉSUS. Mais alors ils leur imposèrent les mains et ils reçurent le Saint- Esprit (x). »

Ce passage, dont la clarté est vraiment providentielle, contient en peu de mots toute la doctrine catholique touchant la Confirmation. Nous y trouvons des fidèles convertis à la foi et ayant même déjà reçu le saint Baptême. Sans doute, les diacres répandus en Samarie pour y prêcher l'Evangile l'avaient conféré à ces nouveaux croyants. Cependant il reste à ceux-ci à recevoir l'Esprit-Saint, sous la forme sacramentelle inaugurée, comme nous le dirons bientôt, au jour de Pentecôte (2). Pour leur conférer ce don sublime, il ne suffit plus de la main des diacres, ni même de celle des prêtres, si tant est que de ce temps il en fût déjà d'autres que les évêques mêmes. Deux princes du collège apostolique se rendent donc à Samarie pour répandre le trésor qu'ils ont seuls le privilège de conférer. Et comment font-ils descendre l'Esprit-Saint? Par l'imposition

Page 1