Gen., m
on met au ban de la société le catholicisme, le christianisme, la révélation ; oui Dieu lui-même, dont on méconnaît ouvertement les titres de maître souverain et de modérateur de tous les êtres, et que, tout au plus, on consent à reléguer par delà les étoiles, en dehors de tout souci de ses créatures et de toute domination sur elles. Cette sagesse moderne est du caractère de celle que l'apôtre saint Jacques flétrissait au nom de Dieu en l'appelant terrestre, animale et diabolique (x). Elle est terrestre, parce qu'elle borne les destinées de l'homme à la vie présente et le condamne au matérialisme le plus abject ; elle est animale,parce qu'elle réduit tout son bonheur aux seules satisfactions que procurent les sens et le monde sensible ; elle est diabolique, parce qu'elle le pousse à méconnaître Dieu tant dans l'ordre de la nature que dans celui de la rédemption. Après cela, quelle notion demeurerait encore intacte dans le monde, de religion, de morale, d'autorité, de devoir, de vertu : idées capitales, qui forment la base de tout ordre et de toute justice, sous n'importe quelle forme de société, publique ou domestique? Quelle valeur, quelle force pourront-elles encore exercer sur des esprits fascinés par des doctrines aussi pernicieuses et aussi subversives ? Pas n'est besoin de le dire, N. T. C. F. Une triste expérience en fournit déjà la preuve sous nos yeux. On en voit apparaître les fruits coupables et on en déplore universellement les fâcheuses conséquences, tant au sein des familles que dans le gouvernement des sociétés modernes. Mais il est douloureux de voir dans l'entretemps ce funeste poison étendre de plus en plus ses ravages
i. Xon est ista sapientia desursum descendens, sed terrena, animalis, diabolica. Jac. , ni, 15.
pour la ruine de toutes les institutions religieuses et sociales.
Voyez d'ailleurs, N. T. C. F., à quel suprême degré d'acharnement est parvenue aujourd'hui cette guerre implacable du mal contre le bien, de l'impiété contre la religion ; et combien partout est vive, laborieuse et instante la lutte que tout catholique doit être prêt à soutenir s'il veut protéger sa foi et assurer le salut de son âme. Mais comment l'affrontera-t-il avec succès ? Le grand Apôtre lui a tracé sa règle de conduite dans cette maxime laconique et sublime qu'il laissa en souvenir aux Romains : « Noli vinci a malo, scd vince in bono malum (r). Ne vous laissez pas vaincre par le mal, mais triomphez du mal luimême parle bien. »
Dans les desseins profonds de sa Providence, Dieu a voulu permettre le mal au sein du monde, afin qu'il en résultât autant de bien et autant de mérites pour les bons. Sans les persécutions, sans les luttes, sans les violences, le christianisme ne nous aurait pas offert le spectacle de tant de splendides victoires remportées par la vertu sur le vice, par la foi sur l'incrédulité. Mais l'arme invincible qui nous empêche de succomber et qui nous assure le triomphe dans de semblables épreuves, est de ne jamais nous départir de la pratique du bien : par rapport à nousmêmes d'abord, suivant les obligations que nous imposent notre caractère et notre profession de chrétiens ; par rapport aux autres ensuite, en répondant par le bien au mal' qui nous opprime et à ceux qui en sont les instruments. Ce genre de combat est plein de gloire et de noblesse; il est vraiment digne des généreux soldats du Christ.