‹ La confirmationChapitre 13 sur 123 · Matth., m, 11. — 2. Luc, ni, 16. — 3. Act · texte numérisé non relu

Matth., m, 11. — 2. Luc, ni, 16. — 3. Act

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baptême que celui de la régénération première ; il ne pouvait donc être question que de l'effusion du Saint- Esprit par la Confirmation, effusion si abondante que le Sauveur lui donne le nom générique de baptême. Aussi saint Pierre, rendant compte à Jérusalem de la mission qu'il venait de remplir par l'ordre de Dieu auprès du centurion Corneille, rapproche dans sa pensée cette promesse du Seigneur et la descente du Saint-Esprit sur le soldat romain et sa famille avant même qu'ils eussent été baptisés ; et il dit aux Apôtres émerveillés que c'est le souvenir de ces paroles du Maître qui l'a déterminé à conférer le Baptême à ceux qui avaient reçu le même don qu'eux au cénacle (*).

Si nous réunissons ces divers témoignages, nous arrivons naturellement à trouver une trace de la Confirmation dans les paroles de Jean-Baptiste au Jourdain, et surtout dans celles du Sauveur le jour de l'Ascension. Seulement les premières ont le caractère vague d'une prophétie lointaine, les secondes équivalent à une promesse précise et immédiate et forment le trait d'union entre l'Ascension et la Pentecôte.

Mais ce n'est pas tout. La scène du Jourdain nous met surtout sous les yeux l'action symbolique du baptême du Sauveur. Ici encore la Confirmation nous apparait au second plan. De même que l'action du Christ sanctifiant les eaux du fleuve au contact de son corps divin équivaut ou du moins prélude

i. Act. xi, 16.

éloquemment à l'institution du Baptême ; de même aussi la colombe descendant sur le chef sacré du Messie après qu'il fut sorti des eaux, exprime, au témoignage de saint Thomas ("), la plénitude de la grâce, et partant préfigure le Sacrement qui là confère, la Confirmation. C'est pourquoi la colombe ne descendit sur le Messie qu'à sa sortie du Jourdain, pour marquer que la plénitude de la grâce, conférée par la Confirmation, vient se surajouter au Baptême, en vertu d'un sacrement qui ne peut être administré qu'après celui de la régénération (2).

Écoutons S. Optât de Milève exposer cette belle doctrine. Aucun Père, croyons-nous, n'a consacré à l'explication de ce mystère une page plus éloquente que cet illustre docteur. <( Puisqu'il n'est personne qui ne soit pécheur, si ce n'est Dieu, le Fils de Dieu redouta l'huile de l'homme parce qu'elle était souillée. et, étant Dieu, il craignit de se faire oindre par un homme. C'est pourquoi il demanda à son Père de ne pas recevoir l'onction d'un homme mais de Dieu le Père lui-même... Ce que le Fils demanda, le Père l'accomplit au Jourdain. Le Fils de Dieu s'étant

i. m, q. 72, a. i, ad 4.

2. Matth., ni, i6;Marc, 1. 10; Luc, m, 21. Cette idée a été admirablement développée aussi par saint Cyrille de Jérusalem dans la catéchèse qu'il consacre à la Confirmation : < Ille (Christus) quidem in Jordanis flumine ablutus, cum fragantia divinitatis suae efïïuvia aquis communicasset, ab eisascendit: sanctique Spiritus substantialis in eum illapsus factus est, simili super similemrequiescente. Vobis quoque similiter, postquam ex sacrorum laticum piscina ascendistis, datum est Chrisma, illius antitypum quo unctus est Christus : quod est nimirum Spiritus Sanctus. » Catech. mystag. m, n. 2. P. G., 33. 1087, 1090.

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rendu au fleuve, descendit dans l'eau ; non qu'il y eût en Dieu quelque chose qui eût besoin d'être purifié, mais l'eau devait précéder l'onction qui l'attendait,pour préparer,ordonner et accomplir les mystères du. Baptême. Lorsqu'il eut été lavé par les mains de Jean, l'ordre du mystère se poursuivit, et le Père accomplit ce que le Fils avait demandé et ce que le Saint-Esprit avait annoncé. Le ciel s'ouvrit tandis que le Père procédait à l'onction ; aussitôt une huile spirituelle descendit sous forme de colombe, et se répandit sur le chef sacré et l'arrosa de l'huile sainte ; et le Fils prit le nom de Christ à partir de cette onction de Dieu le Père. Et pour que l'imposition des mains ne manquât point à cette onction, la voix de Dieu se fit entendre du sein d'un nuage : Voici mon Fils »> etc. (*). Un autre passage où l'Evangile nous offre la promulgation du Baptême, est le discours que le Messie adressa à Xicodème venu de nuit pour entendre sa doctrine f2). Ici encore nous trouvons, dans le même ordre, d'abord un endroit qui parle ouvertement du Baptême : « Si quelqu'un ne renaît de l'eau et de l'Esprit-Saint, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu » ; et puis, à trois versets d'intervalle, un autre passage où l'on peut voir une allusion à la Pentecôte et partant à la Confirmation. Le Christ veut faire comprendre à Xicodème que la naissance spirituelle est tout autre que la naissance corporelle. « L'Esprit, dit le Sauveur, souffle où il veut, et vous entendez,

r. Contr. Douât, lib. IV sub. fin. P. L. , t. n, 1039. sq. 2. Joan., ni.

sa voix ; mais vous ne savez ni d'où il vient, ni où il va ; ainsi en est-il de quiconque est né de l'Esprit (I).»

Si le baptême de feu dont parlait Jean-Baptiste, nous reportait naturellement à la pluie de feu qui eut lieu au Cénacle, comment ne pas songer ici à cette tempête qui fondit sur la même enceinte, « lorsque soudain on entendit un son comme d'un vent violent qui s'abat et qui remplit toute la demeure (2) ? » La foule qui l'entendit du dehors accourut, ne sachant d'où ce souffle venait ni où il allait, et elle contempla le groupe des Apôtres et des disciples débordant de la plénitude du Saint-Esprit.

Nous voici arrivé aux dernières scènes de la vie du Sauveur. A mesure qu'il est plus près de quitter ses disciples, il les rassure en leur promettant l'envoi du Saint-Esprit qui achèvera de les instruire, de les consoler, de les fortifier (3). Sans doute, sous ce don de l'Esprit-Saint nous devons comprendre les lumières spéciales et les nombreuses prérogatives de l'apostolat ; sans doute, l'ordination épiscopale en formait une grande partie. Mais, quand on considère que, d'une part, le soir même de sa Résurrection, JÉSUS souffla sur ses Apôtres et leur donna l'Esprit-Saint sous la forme de la plénitude du sacerdoce, et que, de l'autre, au moment de s'élever au ciel il leur annonça encore un prochain baptême du Saint-Esprit, on est forcément amené à conclure que les promesses faites à la Cène regardaient aussi

1. Ibid., v. 8. — 2. Act., il, 2. — 3. Joan., xiv, 16-18 ; 26; XV, 16

la Confirmation et que celle du quarantième jour après Pâques la visait presque exclusivement.

Cette dernière promesse peut donc être regardée comme le complément de la mission officielle confiée aux Apôtres d'aller prêcher la foi à tous les peuples et de baptiser toutes les nations, c'est-à-dire, comme la mission d'appeler sur les néophytes la plénitude des dons du Saint-Esprit, qu'ils auront eux-mêmes reçus au cinquantième jour. Ainsi se poursuit jusqu'au bout notre rapprochement entre les passages regardant le Baptême et ceux concernant la Confirmation.

Telles sont, croyons-nous, les traces que nous offrent les Écritures de l'institution directement divine de la Confirmation. Assurément ces traces ne seraient pas par elles-mêmes assez concluantes, si la vérité de cette institution ne nous était connue par le fait même de la dignité sacramentelle de la Confirmation, en appliquant la doctrine du concile de Trente à la tradition unanime et constante deb Apôtres. Car cette tradition, que nous avons exposée tout au long au chapitre précédent, ne peut avoir eu d'autre raison d'être que l'enseignement exprès du Maître lui-même, puisque celui-ci n'avait pas délégué ses ministres pour instituer ses sacrements, ainsi que nous l'avons montré plus haut. Fondées au contraire sur une vérité connue, et appuyées sur des documents presque contemporains, ces traces ont pour le moins une valeur très probable. C'est tout ce que nous avons eu pour but de faire ressortir.

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