Ibid., p
extraordinaire des prêtres par le Souverain-Pontife. En un mot, elles sont un argument historique en faveur de la thèse de saint Thomas, à laquelle nous avons adhéré plus haut (r).
Quant aux arguments apportés à l'appui du ministère ordinaire des prêtres dans l'administration de la Confirmation, ils sont ou bien purement négatifs, — tel est celui tiré du yyme canon du concile d'Elvire, — ou bien ils reposent sur une confusion entre la consécration du chrême et l'onction ou encore entre l'onction verticale, qui n'est qu'une cérémonie complémentaire du Baptême, et l'onction du front ou la chrismation proprement dite.
Si donc on excepte la pratique des prêtres de Sardaigne, tolérée, mais non approuvée par saint Grégoire, on peut dire que la tradition constante de l'Occident fut de réserver aux évêques le ministère ordinaire de la Confirmation.
§ III. — Tradition de l'Orient.
Tout autre nous apparaît la tradition de l'Orient.
Sans doute, dans les premiers siècles, il n'y eut qu'une même pratique commune à toutes les chrétientés.
i. On cite d'autres exemples de privilèges semblables accordés par Nicolas IV, Jean XXII, Urbain V, Léon X, Adrien VI, Sixte V, Benoit XIII, Clément XI ; au point que Benoit XIV a pu écrire: « Non videtur hodie fas esse potestatem de qua olim disceptabantur, summo Ponlifici non adjudicare. » {De Syn., lib. vu, c. 7.) Toutefois le concile de Florence exige pour ces dispenses des motifs sérieux et urgents : « Ex rationabile et urgenti admodum causa. »
Section IL — Chapitre I.
Saint Jean Chrysostome nous le dit clairement dans son commentaire sur les Actes des Apôtres (*), où il réserve aux évèques la puissance de donner l'Esprit-Saint.
D'autres écrivains sacrés et documents officiels attestent la même chose (2).
Cependant, vers la même époque où le grand Docteur grec témoignait du privilège des évêques, les prêtres commençaient à se l'arroger dans Alexandrie et en Egypte. Le faux Ambroise (3) et l'auteur des questions de l'un et l'autre Testament, attribuées à tort à saint Augustin, attestent en termes presque identiques cette anomalie (4).
Cette usurpation, dont l'origine paraît remonter à la pénurie d'évêques dont souffraient certaines Eglises, se répandit insensiblement dans tout l'Orient ; au point que, lors du schisme de Photius, elle était devenue générale (5).
Comment convient-il de l'apprécier ? Question
i. Homil. 18, 43. Ce passage du saint docteur est précieux : il corrobore la pratique restée en vigueur dans l'Occident, et contient une condamnation ou du moins un blâme anticipé de celle qui devait plus tard se glisser dans l'Orient. P. Gr. , 60, p. 144.
2. Firmilian. Csesar, Ep. 59, n. 7, t. 3, p.1209; Dionys. , Ecoles. Hier., c. 11. § 7. P. G., t. in, 396 ; Const. Apost., 11, 32. P. G, t. 1, 680.