Chardon, op. cit., chap. IV, p
3. Il nous reste des documents prescrivant le jeûne non seulement aux confirmands mais aussi aux évêques qui conféraient le Sacrement. Cfr. conc. de Paris de 829, lib. 1, c. 33. (Hard., t. iv, p. 1318). prescription formulée d'une manière nette et concise en ces termes par le concile tenu à Rouen, en 1072, c. 7 : « Donum Sancti Spiritus non detur ni si jejunis et a jejunis. » (Hard., t. ni, p. 1189.)
partir du XIIIe siècle (x), portaient encore d'autres prescriptions ayant pour but d'assurer au sacrement la réception la plus respectueuse. La veille du jour où il devait leur être conféré, les confirmands étaient tenus de se laver le front et de se faire couper les cheveux qui pouvaient leur tomber devant les yeux et empêcher ainsi l'application du saint chrême.
§ IL — Non-itération du Sacrement.
Nous pourrions nous arrêter à ces considérations complémentaires touchant les dispositions tant intérieures qu'extérieures requises dans le sujet de la Confirmation, et poursuivre le commentaire du texte du Pontifical. Toutefois, dans l'intérêt de l'unité logique, nous croyons préférable de grouper ici tout ce qui a trait à la personne du confirmand.
Or, dans cet ordre d'idées, il nous reste à traiter une question historique du plus haut intérêt et non sans importance doctrinale. Le Pontifical, dans deux textes déjà cités, exige que le confirmand soit baptisé et ne soit pas déjà confirmé. Cette règle a-t-elle toujours valu sans conteste pour tous les cas ? En d'autres mots, comment l'Église a-t-elle reçu à la Confirmation ceux qui avaient reçu le Baptême dans l'hérésie, et admis à sa communion ceux qui avaient été confirmés en dehors de son sein ?
La solution de la seconde question contiendra en même temps celle de la première.
1. Cf. Concile de Cologne, dont le règlement à ce sujet a été souvent renouvelé. Chardon. Histoire des sacrements, op. cit., ch. iv, ibid.
90 Section II. — Chapitre IL
a. Origine et état de la controverse.
Pour bien se rendre compte de la difficulté inhérente au point qui nous occupe, il faut se rappeler que la Confirmation n'a pas été dès les premiers temps exclusivement appelée de ce nom. Plus qu'aucune autre institution sacramentelle elle jouissait d'appellations multiples, qui en exprimaient chacune un des côtés, soit au point de vue de la matière, soit au point de vue des effets.
La matière, comme nous le verrons plus loin, comprend trois éléments : l'imposition des mains, le chrême et l'onction, ^imposition des mains a fait appeler la Confirmation de ce nom (I). Uonction lui a donné les noms de mystère de l'Onction, unguenti mysterium (2) ; sacrement du chrême, sacramcntum cJirysmatis (3) ; chrême saint, cJirisma sanctnm (4) ; chrême céleste, chrisma supercœleste (5) ; chrême du salut, chrisma salutis (6) ; chrême ou chrismation de l'onguent spirituel, chrisma spiritalis unguenti (7). Enfin Yonction a valu à la Confirmation les appellations de sceau par lequel on reçoit le Saint-Esprit, sigillum quo accipitur Spiritus Sanctus (8) ; sceau du
i. Act.vin, Aug. I.3 de Bapt., c.16, P.L., 43, 148; Isidorus, de Eccles ofi, 1. 2, c. 27, P. L. , 83, 824. — Hugo Victor, de Sac/'., lib. 2, p. 7, c.2. P. L. , 176, 460-