P. G., t. too, 1299. sq
où ils ont été baptisés et partant confirmés. Mais le livre qui contient cette ordonnance, est-ii bien certainement de ce saint prélat? Il y a tout lieu, au contraire, de le regarder comme apocryphe ; et dès lors, quoi d'étonnant qu'une Église devenue schismatique ait violé dans un de ses décrets le dogme catholique ? Au surplus, on devrait prouver que l'onction dont il s'agit ici dans cepassage estl'onction confirmatoire, et non point l'onction qui terminait les cérémonies du Baptême (*).
On le voit, la grande objection formulée par l'érudition n'est pas concluante, et la tradition chrétienne sur ce point peut être à bon droit regardée comme universelle.
Mais y a-t-il toujours eu le même accord sur la conduite à tenir lorsque la Confirmation avait été administrée une première fois dans l'hérésie ? Qu'on veuille se rappeler le dogme catholique de la validité des sacrements administrés par les hérétiques, pour se rendre compte de la gravité de la question.
Sans entrer dans des détails qui dépasseraient notre cadre et peut-être l'intérêt de nos lecteurs, tâchons d'esquisser la controverse, et de motiver la solution qui nous paraît la plus satisfaisante.
Lorsque surgit en Afrique la célèbre dispute sur la validité du Baptême et partant aussi de la Confirmation administrés par les hérétiques, le pape saint Etienne répondit à saint Cyprien, l'éloquent et fougueux champion de l'opinion négative, qu'il ne fallait
i. Cf. l'opinion du P. Goar, cité par Chardon à cet endroit.
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rien innover, et que, sans itérer le Baptême du converti, on devait seulement lui imposer les mains pour la pénitence : ut manus illi imponatur inpœnitentiam. Quelle imposition de mains le Pontife voulait-il signifier? Assurément un simple rite pénitentiaire. Or Cyprien y vit le rite de la Confirmation. Aussi, avec la vigoureuse dialectique qui caractérisait son génie, incrimina-t-il la réponse du pape comme contradictoire, sous forme de dilemme (*). Ou bien, dit-il, les sacrements conférés par les hérétiques sont valides, et alors à quoi bon renouveler la Confirmation ; ou bien ils sont invalides, et alors pourquoi ne pas renouveler le Baptême ? L'argument a dû sourire a Cyprien, qui en use en plusieurs endroits 2;, et le concile de Carthage, tenu en 256 5 . l'appuie énergiquement. Le dilemme n'avait qu'un seul défaut, mais le défaut capital que l'école appelle ignoratio elenclu : il raisonnait à côté de la question. Un auteur anonyme (4) qui écrivit à peu près vers le même temps, vint étrangement embrouiller le débat, en posant la question sous un tout autre aspect que le véritable. Interprétant Ximpositio manuum de saint Etienne dans le sens que lui donnait à tort saint Cyprien (5), cet auteur constata que le pape et l'évêque de Carthage étaient d'accord sur un point, à savoir : la nécessité de confirmer à nouveau ceux qui avaient