‹ La confirmationChapitre 29 sur 123 · Can. 8, Hard. , I · texte numérisé non relu

Can. 8, Hard. , I

été confirmés par les hérétiques ; mais qu'ils ne s'entendaient pas sur la même nécessité pour le Baptême. On le voit, cette manière de poser la question devait singulièrement fausser les idées.

Quoi qu'il en soit de l'influence de cet écrit, nous voyons plusieurs conciles recevoir l'ordonnance de saint Etienne, et cela dans une acception qui semble à première vue s'accorder avec l'interprétation qu'en fit S. Cyprien. Le concile d'Arles, tenu en 314 (I), précise le sens des paroles du pape Etienne manus ei tantuvi imponatur, en ajoutant ut accipiat Spiritual Sanctum. Nous nous rapprochons à coup sûr des formules de Confirmation.

Si le chrême ou la chrismation n'est pas nommée, est-ce un signe suffisant pour la croire exclue ? Plusieurs auteurs le pensent ; mais leur opinion semble un peu superficielle.

En effet, il existe une ordonnance du deuxième concile tenu vers ce même temps dans la même ville d'Arles, touchant la manière de recevoir les Bonosiaciens et les Ariens (2). Or, il y est fait mention expresse du saint chrême, cum chrismate et manus impositione in Ecclesia suscipi sufficit (3). D'autre

1. Tout autre est l'interprétation qu'en donnèrent le pape Innocent I (Décret. 23 ad Alex. Ant. n.3. P. L. 84, p. 664), qui l'appelle sub imagine poenitentiœ , et le pape Vigile fep. ad Profuturum), qui distingue cette imposition de celle qui donne le Saint-Esprit. P.L. , t. 84, p. 831.

2. «Bonosiacos quos sicut Arianos baptizari in nomine Trinitatismanifestum est, dum interrogati fidem nostram ex toto corde confessi fuerint, cum chrismate et manus impositione in Ecclesia suscipi sufficit. » Cfr. Chardon, op. cit., ch. V, p. 186.

3. Voir encore Faust de Riez, 1. de libr. arb. , c. 17, et Gennade de Marseille, De Eccl. dogm., c. 32, P. L., 58, 993.

gô Section II. — Chapitre IL

part, il est vrai, deux documents de saint Sirice (x) et de saint Léon (2) ne mentionnent que l'invocation du Saint-Esprit et l'imposition des mains. Que conclure de cette divergence ?

Pour trancher le doute, consultons les formules de ces cérémonies de réintégration. Or, nous possédons dans un ancien manuscrit du monastère de Gellone une formule d'invocation du Saint-Esprit, remontant au temps de Charlemagne et qui se disait sur les hérétiques convertis. Nous la citons en entier à cause de son grand intérêt. « Père saint « et tout-puissant, qui avez daigné tirer des égare- •< ments de l'hérésie votre serviteur et le rappeler à << votre sainte Église, nous vous prions, Seigneur, << de répandre sur lui votre Esprit consolateur avec << ses sept dons : l'Esprit de sagesse et d'intelligence, << l'esprit de conseil et de force, l'Esprit de science et << de piété ; remplissez votre serviteur de l'Esprit de << la crainte du Seigneur. » S'il est vrai, d'une part, que cette formule ne mentionne pas l'onction chrismale, il est incontestable, de l'autre, qu'elle est entièrement semblable aux formules de Confirmation (3). b. Solution de la controverse.

Xous venons d'exposer les faits. Tâchons de les expliquer, et de les mettre d'accord avec les principes de la tradition et du dogme.

i. Le concile sur lequel ce pontife s'appuie dans ce décret semble être celui de Nicée, 8me canon. P.L. , 13, 1133.

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