Pellicia, De Christ iati. eccl. politia
Chrême sacré. Tout en laissant au baume la prépondérance, ils le mêlèrent d'une quantité d'autres essences, telles que la canelle, des fleurs du pays, de l'ambre, du bois d'aloès, des clous de girofle, des noix muscades, du spréa nardi, des roses rouges d'Irak. L'Euchologe des Grecs mentionne jusqu'à quarante aromates divers (x). Il existait des traités complets sur la façon de confectionner le /pt^aa, et la préparation s'en faisait par les prêtres avec un grand cérémonial d'oraisons, comme jadis dans nos monastères la confection du pain et du vin d'autel, voire la culture de la vigne et du froment destiné à les produire, était entourée de marques touchantes de piété et de foi.
Cette abondance presque illimitée d'essences parfumées que les Églises orientales employaient dans la confection de l'huile sacrée, n'était pas seulement le fruit d'un culte plus imagé, plus pompeux, comme tout ce qui éclôt sous le ciel brûlant du Levant; elle avait en outre un symbolisme profond que l'Eglise d'Occident n'a jamais méconnu. Écoutons l'auteur de la Hiérarchie ecclésiastique nous le dépeindre dans le beau chapitre qu'il consacre à la bénédiction liturgique du saint Chrême : « L'onguent est composé d'un assemblage de substances aromatiques qui contiennent en abondance des propriétés odoriférantes, en sorte que ceux auxquels il se communique, respirent une odeur suave dans la proportion