Ep. Zachar. ad Bonif. (xm.) P.L., t
4. Cf. Ep. Eabiani (?) ap. Isid. Merc. P. L. 130, p. 154, sq. Concile Meldense, an. 846, can. 46, (Hard., t. 4, p. 149.)
5. Cf. Chardon, op. cit., p. 173. Kraus, op. cit., p. 212. La lettre de saint Léon le Grand à l'empereur Léon que l'on cite à l'appui de la
no Section II. — Chapitre III.
trouvons ce même jour observé dans les Églises d'Orient (*).
Une fois la date-fixée pour la consécration unique du saint Chrême, il est aisé de comprendre que la cérémonie dut se déployer dans toute son ampleur, et condenserdans sa majesté le culte et la vénération dont la foi et la piété honoraient de tout temps ce symbole sacré de l'Esprit sanctificateur.
Chez les Grecs la cérémonie est d'autant plus solennelle que les métropolitains se sont réservé de consacrer le Chrême; les évêques suffragants rehaussent donc la cérémonie de leur présence. Aussi n'y a-t-il chez les Orientaux que la liturgie du sacrifice qui dépasse en pompe celle de la bénédiction du Chrême.
Dans l'Eglise latine, plus sobre en général dans l'appareil du culte, la consécration chrismale se fait
cérémonie du Jeudi-Saint ne nous paraît pas concluante. Cf. ep. 156, P. L. , 54, p. 1133, sqq. Au reste tous les anciens rituels et livres sacramentaux consacrent cette date. (Cf. l'Ordre Romain, le Livre des divins offices, Amalaire, Walafrid, le Pontifical Romain, le Sacramentaire de saint Grégoire, v. Vitasse, op. cit., pars IV, art. ni, p. 1120 sqq.)
1. La détermination du Jeudi-Saint a été occasionnée par des motifs d'utilité, résultant du voisinage de la fête de Pâques. Néanmoins les auteurs liturgiques y ont trouvé des rapprochements mystiques qui ne sont pas sans offrir de l'intérêt Nous pouvons résumer leur doctrine dans les quatre raisons suivantes. i° Deux jours avant la Pâque, Marie Madeleine a oint les pieds du Seigneur ; 20 au soir où ils mangèrent l'agneau pascal, les Hébreux marquèrent les seuils de leurs demeures du sang de la victime, symbole du signe du Chrême qui marque les fronts chrétiens; 30 le Christ est venu nous sauver au cinquième âge du monde; 40 enfin la raison que saint Thomas allègue seule : le Jeudi-Saint est le jour de l'institution du sacrement de l'Eucharistie, qui contient tous les autres et vers lequel tous les autres convergent. (Cf. surtout Rupert, De divinis officiis, 1. v, xvn, P. L. , 170, p. 140, sq. —S. Th. III, q. LXXii, a. xii, ad. 3111.)
par chaque évêque pour son diocèse. Néanmoins les prescriptions liturgiques ont veillé à ce qu'elle eût une grande solennité. Le Pontife doit être entouré de douze prêtres, de sept diacres, d'autant de sousdiacres et d'autant de ministres inférieurs.Le cortège du prélat consécrateur rappelle ainsi la cour ecclésiastique dont les évêques s'entouraient dans les premiers siècles pour le service décent des autels et l'administration du diocèse (x).
Bien qu'à l'origine le Jeudi-Saint ne fût introduit qu'en vue du saint Chrême, des raisons de commodité firent qu'on y ajouta aussi la bénédiction de l'huile des infirmes et celle des catéchumènes. Toutes les trois se pratiquaient durant la seconde des trois messes qui se disaient jadis le Jeudi-Saint, appelée pour ce motif « missa Chrismatis ; messe du Chrême». Elles y occupent encore aujourd'hui l'ordre suivant : d'abord l'évêque bénit l'huile des infirmes, parce que cette bénédiction est plus simple, et aussi peut-être parce qu'elle est la plus ancienne et celle dont l'Ecriture fait le plus expressément mention ; ensuite le saint Chrême proprement dit (2); et enfin l'huile des catéchumènes.
i. Cf. Chardon, op. cit., p. 172. Voici comment Rupert explique cet entourage du Pontife: « Duodecim presbyteri qui ordinantur circa episcopum, testes et auditoresejusdemmysterii, duodecim apostolos significant, quorum in praesentia Summus Pontifiex Christus hodie testamentum onscripsit totamque ha^reditatem salutis, suasque discessionis fructum, idestSpiritumParacletumostendit.»Z)^^'z/.<7^Il.v)c.i81P.L., 170, p. 141.
2. L'huile des infirmes est bénite un peu avant le Pater de la messe, avant l'oraison. « Perquem omnia, Domine, semper bona creas.»La consécration du saint Chrême et celle de l'huile des catéchumènes ont lieu
ii2 Section IL — Chapitre III.
Sans entrer dans l'analyse des cérémonies des saintes huiles, nous nous contenterons d'en indiquer les quatre éléments constitutifs.
D'abord, les supplications publiques appellent les grâces divines suivant la parole de saint Paul : « tout se consacre par la parole de Dieu et la prière (x). »
Le pontife fait le signe de la croix sur l'huile et sur le baume, conformément aux affirmations explicites des Pères, rapportées plus haut, attestant qu'aucune consécration, aucune bénédiction ne se fait sans le signe de la croix (2).
Puis, avant de prononcer les exorcismes et les oraisons sanctificatrices, le pontife souffle à plusieurs
immédiatement après la communion du saint Sang. (V. Rupert, sur le symbolisme de cette rubrique, loc. cit.) Elles se suivent sans intervalle, mais les formules de prières montrent clairement que la consécration du saint Chrême est de loin la plus excellente. Elle comprend outre les exorcismes, une longue préface en forme d'invocation et accompagnée de bénédictions. Aussi cette consécration était appelée : « Consecratio principalis chrismatis. » Pendant que le cortège se rend du sacrarium à l'autel etretourne de l'autel au sacrarium, on chante les versets suivants: En allant: Audi, judex mortuorum, una spes mortalium. Audi voces proferentium donum pacis prasvium.y O Redemptor sume carmentemet concinentium. )TArbor fêta aima lue hoc sacrandum protulit. Fert hoc proma praesens turba salvatori saeculi. — O Redemptor. — y Stans ad aram imo supplex infulatus Pontifex, Debitum persolvit omne consecrato chrismate. — O Redemptor. — y Consecrare tu dignare, Rex perennis glorias. — Hoc ' olivum signum vivum jura contra daemonum. — O Redemptor. — Au retour:)^ — Ut novetur sexus omnis unctione chrismatis. Et medetur saucia dignitatis gloria. — O Redemptor, — y Eota mente sacro fonte aufugantur crimina. Uncta fronte sacrosancta influant carismata. — O Redemptor. — y Corde natus ex parentis alvum implens Virginis. Praesta lucem claude mortem chrismatis consortibus. — O Redemptor. — y Sit dies haec festa nobis saeculorum sasculis. Sit sacrata digna laude, nec senescat tempore. — O Redemptor. Cf. cod. bibl. Caes. Vind. n. 359, P.E.,t. 138, p. 1066.