‹ La confirmationChapitre 38 sur 123 · Kraus, op. cit · texte numérisé non relu

Kraus, op. cit

ïi8 Section II. — Chapitre III.

La dignité de matière sacramentelle est si grande, que seule une initiation surnaturelle peut la conférer aux substances choisies par Xotre-Seigneur pour être les instruments de ses grâces. Or, cette initiation, le Christ a pu la faire lui-même, une fois pour toutes, ou la laisser s'accomplir par l'Eglise dans les rites préparatoires à l'administration des sacrements. Pour le Baptême il a usé du premier moyen. En daignant recevoir le baptême de son Précurseur, JÉSUS sanctifia l'eau au contact de son corps sacré et la rendit capable d'être matière sacramentelle. Mais pour la Confirmation le Sauveur n'a pas voulu se servir d'une onction visible. Au lieu de permettre à Jean-Baptiste de répandre sur son chef divin l'huile sacrée qui oignait dans l'Ancien-Testament les prêtres, les rois et les prophètes '('), le Christ, Prêtre éternel, Roi des rois, Prophète des prophètes, a voulu recevoir cette onction d'une manière spirituelle et divine, par la descente du Saint-Esprit lui-même ; afin, dit saint Thomas, de sauvegarder davantage tout ce qu'elle avait d'excellent, suivant la parole de David : << Dieu vous a oint avec une huile d'allégresse, de préférence à tous ceux qui ont part avec vous (2). » Et cette onction, que saint Pierre, s'inspirant d'Isaïe (3), a admirablement définie par ces mots : € JÉSUS de Nazareth, que Dieu a oint par le Saint-

i. Cfr. la préface du Pontifical pour la consécration du Chrême.

2. « Unxit te Deus, oleo lastitiae prae consortibus tuis. » Ps. , xliv, 8.

3. « Spiritus Domini super me, eo quod unxerit Dominus me. » ls., lxi, 1. Cf. Luc, iv, 18.

Esprit (x). » Saint Cyrille de Jérusalem la rapporte à la scène du Jourdain (2).

Les sacrements institués pour communiquer ces dons du Christ à ses membres, et former la famille mystique de frères unis en un seul corps par la participation à cette onction, comme l'huile répandue sur la tête d'Aaron coula le long de sa barbe jusqu'aux bords de ses vêtements (3), sont avant tout le Baptême, la Confirmation et l'Ordre, qui nous assimilent au Christ Roi, Prophète et Prêtre (4). Mais pour que l'huile puisse avoir cette vertu de servir d'instrument à une action si auguste, il faut que le ministère d'un évêque, c'est-à-dire, d'un oint parfait, l'élève à cette dignité surnaturelle (5).

1. « Jesum a Nazareth : quomodo unxit eum Deus Spiritu Sancto. » Act., x, 38.

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