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CHAPITRE IV

OUS avons déjà plus dune fois rappelé la pratique primitive d'unir la collation du Baptême, de la Confirmation et de l'Eucharistie. En vertu de cette discipline,

les jours réservés à l'administration du Baptême l'étaient également à celle de la Confirmation, en particulier le Samedi-Saint et la veille de la Pentecôte. Dès le quatrième siècle, nous voyons que dans les églises éloignées du siège épiscopal on commença à séparer le Baptême de la Confirmation, et saint Jérôme (*) nous insinue que les évêques ne laissaient guère un long temps s'écouler entre la collation des deux sacrements. Le principe de les unir était encore universellement en vigueur, dans la mesure où les circonstances le permettaient. Saint Bède en témoigne éloquemment, lorsqu'il nous représente saint Cuthbert parcourant avec grand zèle les paroisses de son diocèse pour confirmer les néophytes récemment baptisés (2). Tant que dura cette manière de

i. S. Jer. , Contr. Lucif., n. g, P.L. , t. 23, 172. « Non quidem abnno hanc esse ecclesiarum consuetudinem, ut ad eos, qui longe in minoribus urbibus per presbyteros et diaconos baptizati sunt, episcopus ad invocationem Spiritus Sancti manura impositurus excurrat. »

2. Ut nuper baptizatis ad accipiendam Spiritus Sancti gratiam mar.us imponeret. Vita. S.Cuthb., cap. IX, n.5o, Aci. SS., t. ni.mart., p. 110.

considérer les choses, on pouvait voir le cas de catéchumènes baptisés par un prêtre, en l'absence de l'évêque, et confirmés à la première occasion par celui-ci (x) ; mais on ne voyait jamais la Confirmation différée, l'évêque. étant présent ; moins encore le Baptême conféré par l'évêque et la Confirmation différée. C'est aux IXe et Xe siècles que ce dernier phénomène apparaît pour la première fois dans quelques Eglises. Nous croyons qu'à l'origine il ne se présenta guère qu'aux jours solennels de la collation du Baptême, surtout le Samedi-Saint. Il devait, en effet, parfois arriver que le nombre des néophytes était trop considérable pour que l'évêque confirmât aussitôt tous ceux qui venaient d'être baptisés. Nous lisons ainsi dans la vie de saint Ulric, évêque d'Augsbourg, qu'il avait la coutume de confirmer le lendemain de Pâques, dans l'église de Saint-Afre, après avoir lui-même célébré la messe (2). Raban rapporte, au siècle précédent, que cette importante cérémonie avait lieu le huitième jour après le Baptême, jour auquel les néophytes déposaient l'habit blanc (3). On le voit, si la séparation existait, elle était minime et n'infirmait guère le principe de la collation aussi simultanée que possible des deux sacrements. De là le zèle que nous voyons déployer, surtout aux évêques d'Angleterre, pour que le délai soit le plus court possible,

i. V. les prescriptions des conciles de Soissons(744), can. 4, Hard. III, 1933 ; de Châlons II (813), 14, Hard. IV, 1034. etc.

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