‹ La confirmationChapitre 4 sur 123 · ni, q. 65, a. 1, in corp · texte numérisé non relu

ni, q. 65, a. 1, in corp

Avant tout il importe de remarquer que les sacrements de l'Eglise ont été établis dans un double but. Ils tendent d'abord à perfectionner l'homme dans tout ce qui concerne le culte divin suivant la religion et la vie chrétienne ; ensuite ils sont institués pour servir de remèdes contre le péché et tous les défauts dont celui-ci est la cause et la source.

Or, à ce double point de vue, le septénaire sacramentel offre un ensemble également complet et parfait.

Pour mettre cette vérité en pleine lumière, saint Thomas pose le principe, mentionné plus haut, de l'analogie qui existe entre la vie spirituelle et la vie corporelle, tout comme on constate en général une ressemblance entre les choses corporelles et les choses spirituelles.

Ce principe bien compris et admis comme base d'argumentation, si nous nous appliquons à considérer de plus près les éléments divers qui perfectionnent la vie corporelle, nous en trouvons de deux espèces. Les uns concourent au perfectionnement de la vie personnelle ou individuelle, les autres au perfectionnement de la vie sociale ou de la vie de l'homme en tant qu'il est fait pour vivre en société. Tels seront aussi les éléments sanctificateurs établis par le Sauveur. Les uns viseront plus spécialement à la sanctification des âmes en particulier, les autres à la constitution et au maintien de la société chrétienne ou de l'Eglise. Etudions en détail ce rapprochement dans chacune de ces deux parties.

La plénitude de la vie corporelle individuelle ne s'acquiert pas tout d'un coup mais successivement La génération en est le principe et la naissance réclusion. Toutefois ce n'est là qu'un point de départ. Il faut que tous les membres, que toutes les facultés se développent par la force de la croissance, jusqu'à arriver au plein épanouissement de la taille et de la vigueur ; et pour atteindre ce développement complet et pour s'y maintenir, il faut la nutrition ou la faculté d'assimilation, seule capable de combattre les causes multiples et quotidiennes de déperdition physique. Principe de génération, force d'accroissement, faculté de nutrition, voilà donc les trois éléments qui concourent au plein développement de la vie corporelle.

Or, ces trois éléments répondent exactement aux trois premiers sacrements. Le Baptême est le principe générateur. Il donne la naissance spirituelle ; il fait des chrétiens. Toutefois il n'engendre pas par lui-même des chrétiens parfaits, c'est-à-dire, doués de toute cette vigueur d'âme et de vertus que requiert la lutte pour la conservation de la vie surnaturelle. Lutte d'autant plus vive et plus difficile que les ennemis du salut sont plus puissants ; lutte qui, mieux encore que celle de tous les êtres contre la mort, mérite le nom, si en vogue de nos jours, de lutte pour la vie, et sans laquelle l'âme ne peut se sauver. Et quelle sera la force secrète qui lui donnera d'arriver à cette trempe vigoureuse, tout comme la force de croissance développe le corps du petit

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enfant nouveau-né et le transforme en homme fait ? C'est le sacrement de Confirmation. C'est lui qui donne au chrétien de devenir chrétien parfait, soldat de l'Église, chevalier du Christ; lui qui fait les confesseurs dont le front, oint du saint Chrême, ne rougit pas de la foi, et les martyrs qui s'immolent pour elle (J). Mais c'est trop peu encore pour l'âme de recevoir ce caractère de perfection. Sa faiblesse est telle et ses ennemis sont si acharnés à sa perte, que cette forces même deviendrait comme paralysée, si un aliment divin ne lui infusait de temps à autre une fraîcheur nouvelle, tout comme la fleur se fane quand elle a soif de rosée, tout comme le corps languit quand la nourriture lui fait défaut. Cet aliment, faut-il le dire, c'est la sainte Eucharistie : aliment non pas surérogatoire, mais de nécessité véritable, puisque le Sauveur a dit lui-même au jour mille fois béni qu'il en fit pour la première fois la promesse: Si vous ne mangez la chair du Fils de Dieu, et si tous ne buvez son sang, vous n'aurez point la vie en vous (2) : c'est-à-dire, vous ne pourrez conserver la vie en vous : votre âme mourra d'inanition et de faiblesse.

Si l'homme avait un corps impassible, les trois

i. Lorsqu'un chrétien n'a pas l'occasion de recevoir la Confirmation et qu'il se trouve dans le cas d'affronter de grandes luttes pour sa foi, la grâce du saint Baptême supplée au défaut du sacrement qui fait les héros. Toutefois sera-t-il grandement à conseiller de demander dans la prière une émanation de la vertu de la sainte Confirmation, par une espèce de Confirmation de désir.

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