Chardon, Hist.des Sacrem. Confirai, ch. I
2. « Pontifex sedens super faldistorium praedictum (vel etiam, si multitudo confirmandorum id exigent, dispositis illis per ordinem super gradus prêsbyterii, vel alibi, Pontifex stans) cum mitra, illos confirmât per ordinem genuflexos ; et uno ordine confirmato, illi surgunt, et alii genuflectunt et confirmantur, et sic usque ad finem. »
i5o Section II. — Chapitre VIL
La manière dont le Pontifical s'exprime insinue que le rite qui va avoir lieu est, à proprement parler, le grand rite sacramentel, celui par lequel le Pontife confirme. Ce langage milite assurément en faveur de l'opinion qui place dans la chrismation l'essence du sacrement.
Avant de procéder à cette auguste cérémonie, l'évêque s'informe séparément du nom de chaque confirmand présenté à genoux par le parrain ou la marraine. Puis, trempant l'extrémité du pouce droit dans le saint Chrême, il en forme le signe de la croix sur le front du conflrmand en disant ;
« X. je vous signe du signe de la croix, et vous confirme du Chrême du salut. Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. R". Ainsi soit-il. » Après quoi, donnant au confirmé un léger coup sur la joue, il ajoute : « La paix soit avec vous (J). ;»
En prononçant les noms des trois Personnes de la sainte Trinité, l'évêque fait trois fois le signe de la croix sur le confirmand.
Désormais les enfants s'appellent dans le texte officiel du nom de confirmes : le sacrement vient de s'accomplir. Il est donc juste que nous étudions de plus près le rite qui le contient et l'administre.
i. « ... X. Signo tesigno crucis : ... Et confirme» te Chrismate salutis. In nomine Patris 4*. et Filii ►£•, et Spiritus Sancti ►£•. Pc. Amen. Pax
§ IL — Importance de l'un et de l'autre de ces deux rites.
a. Importance de l'Onction.
Ailleurs déjà, nous avons énuméré quelques-unes des appellations données au sacrement qui nous occupe et dérivées de la cJirismation. Le concile de Trente fait directement mention de celle-ci dans son 2e canon de la session 7, où il dit : « Si quelqu'un ose dire que ceux qui attribuent une certaine vertu au Chrême sacré de la Confirmation font injure au Saint-Esprit, qu'il soit anathème (*). » L'onction sainte est mentionnée dans les documents les plus reculés (2). Tertullien l'appelle tour à tour l'onction dont on oint le corps pour consacrer l'âme ; l'onction bénie dont on nous oint au sortir du Baptême; l'onction du Créateur, dont le Christ oint les siens. Le pape Corneilb l'appelle le sceau sans lequel on ne peut recevoir l'Esprit-Saint ; le sceau du Chrême sans lequel personne ne pourra mériter le Saint-Esprit. Saint Cyprien l'intitule l'onction spirituelle. Le concile de Laodicée le Chrême saint, super-céleste, et le Chrême de l'Église qui nous rend participants du règne du Christ. Sans nous arrêter davantage aux témoignages des autres docteurs de l'Eglise latine, des Ambroise, des Augustin, des Innocent, des Léon,
1. « Si quis dixerit injuriosos Spiritui Sancto esse, qui sacro Confirmationis chrismati virtutem aliquam tribuunt, anathema sit. » Sess. 7, can. 2, de Confirm.
2. V. la longue énumération des textes apportés par Vitasse, /. cit. , q. 11, art. 2. Curs. theol. Migne, XXI, 263 seq.
152 Section II. — Chapitre VII.
citons quelques expressions choisies des plus célèbres autorités de l'Église d'Orient Saint Cyrille de Jérusalem appelle le saint Chrême l'onguent sacré qui n'est plus un simple onguent après qu'il a été consacré, mais le Chrême du Christ, doué d'une force par la divinité du Saint-Esprit qui y est descendu. Saint Basile, de son côté, le nomme l'huile de l'onction, dont la consécration émane d'une tradition tacite et secrète. Le second concile œcuménique l'appelle le Chrême saint et le sceau du don du Saint-Esprit. Enfin, pour ne pas nous perdre dans une fastidieuse nomenclature de dénominations, terminons par cette belle sentence de Théodoret, qui décrit le saint Chrême : le Chrême de l'onguent spirituel qui est semblable à un sceau royal, et l'onguent dans lequel les néophytes reçoivent, comme en figure, la grâce invisible du très Saint-Esprit. Si nous extrayons de ces multiples témoignages la moelle doctrinale, nous arrivons à construire la synthèse suivante, comprenant trois points : i° la chrismation est une tradition qui remonte aux temps apostoliques; 2° elle figure le Saint-Esprit qu'elle confère ; 30 elle exprime le sceau spirituel du Christ dans l'âme. Trois points, qui contiennent toute la doctrine sacramentelle de la Confirmation. Nous comprenons, dès lors, comment, en vertu de cette tradition perpétuée d'âge en âge et également reçue dans les églises d'Orient et d'Occident, à la différence de l'imposition des mains, comment, disons-nous, le concile de Florence (T) a pu porter ce décret : « Le se-