‹ La confirmationChapitre 58 sur 123 · In utroque Antirrfatico · texte numérisé non relu

In utroque Antirrfatico

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sorte mixte : ceux qui le suivent admettent l'un et l'autre rite comme essentiels et ne formant qu'un seul tout.

Le principal argument des premiers est le langage des saintes Lettres, qui ne font mention que de l'imposition des mains, et la crainte partant de ne pouvoir prouver l'existence de la Confirmation contre les protestants, si on en fait consister le rite essentiel dans une cérémonie que l'Écriture ne mentionne point. Mais, nous l'avons vu, cette opinion a non seulement contre elle la tradition séculaire de l'Orient et de l'Occident, touchant la chrismation,mais encore lesdéclarationsdes conciles de Florence et de Trente. Aussi, la rejetons-nous comme incomplète.

La seconde opinion s'appuie sur les arguments majeurs qui nous ont fait abandonner la première ; •mais aussi elle a contre elle la principale raison, très grave, il faut bien l'avouer, sur laquelle celle-ci s'appuyait. Si l'imposition des mains n'est pas le rite sacramentel de la Confirmation, comment se fait-il que les Livres sacrés ne mentionnent que celui-là? Saint Thomas répond à cette objection par une doctrine lumineuse (T). Après avoir comparé la matière de l'huile et du baume avec le feu et les formes de langues, symboles de la plénitude du Saint-Esprit que les Apôtres reçurent au jour de Pentecôte par voie suréminente et extrasacramentelle, le saint docteur ajoute que l'imposition de leurs mains attirait de même sur les fidèles la descente du Saint-

i. III p., q. 72, a. 2, ad 1.

Esprit sous des signes visibles (x). C'est pourquoi, poursuit-il, une matière sacramentelle visible n'était pas nécessaire, tant que Dieu opérait merveilleusement des signes sensibles. Cependant les Apôtres se servaient communément du Chrême dans l'administration du sacrement lorsque ces signes extérieurs n'apparaissaient pas. Et, pour montrer l'origine apostolique du Saint-Chrême, le saint docteur s'appuie sur ce passage de la Hiérarchie ecclésiastique qu'il cite assez librement en ces termes: « Il est une opération qui donne la perfection et que nos chefs, c'est-à-dire les Apôtres, nomment l'hostie du Chrême (2). »

Plus loin (3), renouvelant, au point de vue de la forme sacramentelle, la difficulté qu'il avait faite sur la matière dans le passage que nous venons de citer, saint Thomas expose la même doctrine, qui se résume à ceci. Le ministère des Apôtres conférait parfois la plénitude du Saint-Esprit par voie extrasacramentelle par des signes sensibles miraculeusement produits ; mais lorsqu'ils agissaient comme ministres des sacrements, les Apôtres se servaient d'une matière et d'une forme ; toutefois, par une prudente disposition, ils ne les ont pas livrées à la publicité pour les garantir de la profanation (4).

Cette précaution au sujet des formules sacrées

i. Act., XI, 15.

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