Cf. I Sect. , chap
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la vigueur spirituelle qui convient à l'âge parfait. Or, lorsque l'homme est parvenu à l'épanouissement de sa force, il commence déjà à communiquer ses actions aux autres, tandis qu'auparavant il ne vivait que pour lui-même. La grâce du Saint-Esprit est désignée par l'huile ; aussi il est dit du Christ qu'il est oint de l'huile de l'allégresse (*), à cause de la plénitude de l'Esprit-Saint qu'il possède. C'est pourquoi l'huile convient pour être la matière de ce sacrement. Elle est mêlée en outre de baume, en vue du parfum qui se répand et se communique ; de là la parole de l'Apôtre (2): « Nous sommes la bonne odeur du Christ. » Et bien qu'il y ait beaucoup de substances aromatiques, cependant le baume a la préférence, à cause de l'excellence de son parfum, et aussi parce qu'il préserve de la corruption. C'est pourquoi il est dit dans l'Ecclésiastique (3) : « Mon parfum est comme un baume sans mélange (4). »
Pour pénétrer tout le symbolisme de l'huile, et partant de l'onction qui fait des chrétiens, suivant la belle expression de saint Augustin (5), autant de christs unis dans un seul corps, il faut se souvenir que le disciple de Jésus, appelé à être soldat de la vérité, doit à la fois être dispos pour la lutte et ardent de zèle. Or, l'huile servait aux athlètes pour donner à leurs membres l'agilité voulue pour le combat. De là cette vision célèbre qu'eut sainte Perpétue, peu avant de mou rir martyre dans l'arène de Carthage,
i. Ps. xliv. — 2. II Cor., il, 15. — 3. xxiv, 21. — 4. ni, p., q. 72, a. 2. in corp. — 5. 2 Enarr. i?ips, XXVI, n. 2, P. L. , 36-37, 199, sq.
CÉRÉMONIES SACRAMENTELLES. loi
lorsqu'elle se vit en songe transformée en athlète et le corps oint de l'huile pour la lutte. Quant à laflamme du zèle, il lui faut un aliment ; cet aliment, c'est l'huile sainte. Sous cet aspect, l'onction du Chrême remplace le feu descendu sur les Apôtres au jour de Pentecôte, conformément à l'explication de saint Thomas apportée plus haut à l'appui de la substitution de l'une à l'autre. Écoutons saint Augustin nous développer cette pensée dans un passage justement admiré :
Le grand docteur commente ce texte de l'Apôtre: « Nous formons tous un seul pain, et un seul corps. » Ce pain, demande-t-il, est-il fait d'un seul grain ? N'y avait-il pas un grand nombre de grains de blé ? mais avant de se réunir en pain, ils étaient séparés : l'eau les a unis après qu'on leur eut fait subir un certain écrasement: en effet, si le blé n'est moulu, s'il n'est réuni en pâte au moyen de l'eau, il ne peut arriver à cette forme qui constitue le pain. Ainsi vous aussi, vous avez été d'abord comme moulus par l'humiliation du jeûne et les rites de l'exorcisme. Le Baptême est survenu ensuite, et vous avez été comme réunis en pâte pour recevoir la forme du pain. Mais point de pain sans feu. Que signifie donc le feu? C'est le Chrême. Car l'huile est le sacrement de votre feu, de l'Esprit-Saint. Remarquez et considérez l'histoire des Actes des Apôtres. Vous y voyez que l'Esprit-Saint s'y est montré sous la forme de langues de feu, pour marquer qu'il inspire cette charité qui nous fait brûler d'amour pour Dieu et de mépris du
La Confirmation. TT
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monde, cette chanté qui consume notre paille et purifie notre cœur comme de l'or. Le Saint-Esprit est donc survenu, le feu s'est ajouté à l'eau, et vous devenez le pain, c'est-à-dire le corps du Christ (T). >> Si, comme on le voit par cette belle doctrine, la matière choisie pour l'administration de la Confirmation est éminemment apte à figurer l'action qui s'accomplit, la forme en vigueur depuis des siècles dans l'Occident n'est pas moins expressive. Car, suivant l'enseignement du Docteur Angélique (2), elle contient tous les éléments constitutifs et spécifiques de la grâce conférée dans ce sacrement. « En effet, la Confirmation donne l'Esprit-Saint pour la force du combat spirituel. Trois choses sont donc nécessaires à ce sacrement, contenues toutes les trois dans la formule. D'abord, la cause première qui confère la plénitude de cette force spirituelle ; c'est la sainte Trinité, exprimée par les paroles: Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Vient ensuite la force spirituelle qui est donnée à l'homme pour le salut, sous le symbole d'une matière visible; cette force est rendue par les mots : Je vous confirme du Chrême du salut. Enfin, au lutteur il faut un signe distinctif, tout comme dans les luttes corporelles les soldats sont marqués des insignes de leurs chefs ; c'est pourquoi il est dit dans la formule: Je vous marque du signe de la croix, c'est-à-dire, du signe
i. Serm. 227. (al. 83) de diversis imit., P. L., 38, 1099, scl> 2. Ibid. , a. 4. in c.
dans lequel le Christ a triomphé, suivant la parole de l'Apôtre aux Colossiens (1). »
Il serait toutefois erroné de croire que cette formule, telle que nous l'offre le Pontifical, soit requise intégralement pour la valeur du sacrement. Les auteurs scolastiques sont allés beaucoup trop loin dans leurs conclusions sur les matières de cette nature, faute d'avoir à leur disposition les documents liturgiques des siècles précédents. S'ils mettaient déjà tous leurs soins à concilier les légères divergences des formules en usage ou connues de leur temps, ils n'en auraient certes pas mis moins pour celles usitées dans les âges précédents ou dans les Eglises lointaines. La formule de l'onction confirmatoire nous offre un exemple remarquable de la largeur de vues requise pour ne pas donner dans des excès d'opinions en cette matière. Avant le XIIe siècle la formule actuelle n'était pas communément en usage dans nos Eglises, et celles que nous trouvons sont si variées qu'il paraît impossible de rien déterminer comme ayant formé de tout temps un fonds commun à tous les rites. Il semble cependant qu'une formule correspondante à celle du Baptême : Je vous confirme, ou bien : je vous sig?ie, au nom du Père, etc., ait été la plus répandue. C'est celle que nous trouvons au VIIIe siècle dans l'Ordre Romain. Souvent même on invoquait la sainte Trinité sans ajouter les mots je vous confirme, l'action marquant assez par elle-même ce que ces paroles ajoutent.