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Catech. xvn, n. 37, P. G., t. 33, p. toit

La limitation de ces dons merveilleux n'implique en aucune façon la limitation de l'effusion du Saint- Esprit, dont ils émanent. L'Église, à mesure qu'elle se constituait, suppléait par le miracle même de son existence et de sa propagation au besoin de prodiges particuliers. Elle prouvait au monde qui la persécutait qu'elle avait reçu en elle la force de l'Esprit- Saint (*).

Ce qui est vrai de l'Église en général, l'est aussi de chacun de ses membres. C'est pourquoi l'essence de ses sacrements est au-dessus des vicissitudes des âges, et l'enfant qui courbe le front sous la main du Pontife pour en recevoir l'onction du saint Chrême, reçoit le même Esprit que l'imposition des Apôtres appelait sur la tète des disciples et des convertis au Cénacle.

i. Act., i, 8.

§ I. — Fondement de la doctrine du caractère sacramentel dans les écrits inspirés.

N lisant attentivement les écrits canoniques du Nouveau Testament, on est frappé de certaines expressions imagées dont se servent les Apôtres pour désigner l'action produite par la sanctification ou la grâce du Christ dans les âmes.

Dans sa deuxième lettre aux Corinthiens, parlant de Dieu, saint Paul dit : « C'est Dieu qui nous confirme avec vous dans le Christ et qui nous a oints, qui, en outre,nous a marqués de son signe et a déposé le gage de l'Esprit dans nos cœurs (x). » Dans son épître aux Éphésiens, le même apôtre parle en ces termes de Notre-Seigneur : « C'est en lui que, après avoir entendu la parole de vérité, l'Evangile de votre salut, c'est en lui que croyant vous avez été signés du sceau de l'Esprit-Saint de la promesse, qui est le gage de notre héritage, pour la rédemption de son peuple d'acquisition et pour la louange de sa gloire (2) », et un peu plus loin dans le même docu-

i. II Cor., I, 21, 22. Remarquez la répétition quiet dans le texte latin : « Qui autem confirmât nos vobiscum, in Christo, et qui unxit nos Deus, qui et signa vit nos, et dédit pignus Spiritus in cordibus nostris. »

2. Eph., i, 13, 14. « In quo et vos, quum audissetis verbum veritatis (Evangelium salutis vestrae), in quo et credentes signati estis Spiritu promissionis Sancto, qui est pignus haereditatis nostrae, inredemptionem acquisitionis in laudem gloriae ejus. »

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ment il ajoute cette exhortation : « Ne contristez pas le Saint-Esprit, dans lequel vous avez été marqués pour le jour de la rédemption (J). »

Et ce n'est pas seulement l'Apôtre des gentils qui tient ce langage. Saint Jean, dans ses visions de Pathmos, dépeint le caractère, le signe des élus (2), et l'oppose au caractère de la bête, au signe des réprouvés (3).

Si nous analysons ces expressions de saint Paul, — celles de saint Jean n'en sont qu'un reflet ou un résumé, — nous trouvons que dans l'action sacramentelle par laquelle tous les fidèles ont été initiés à la foi il y a, outre la sanctification proprement dite, — désignée par l'onction, ou le gage de l'Esprit, — un signe distinct de la première et de sa nature permanent (in diem redemptionis), alors que X onction peut se perdre (4). L'onction est une grâce que les chrétiens

i. « Nolite contristare Spiritum Sanctum, in quo signati estis in diem redemptionis. » Ibid., IV, 30.

2. « Xolite nocere terrae et mari, neque arboribus, quoadusque signemus

servos Dei nostri in frontibus eorum. » Apoc , vu, 3 « Et videbunt fa-

ciem ejus, et nomen in frontibus eorum. »Ibid., XXII, 4. Cfr. Ezech., IX, 5.

3. « Et apprehensa est bestia, et cum ea pseudo propheta, qui fecit signa coram ipso, quibus seduxit eos qui acceperunt caracterem bestios. » Ibid., xix, 20.

4. Il est intéressant de comparer aux textes cités plus haut les expressions de S.Jean, dans sa première épitre, chap. il. Opposant à ceux qui avaient fait défection les fidèles persévérants, l'apôtre dit : ceux-là n'étaient pas des nôtres, sinon ils seraient demeurés avec nous : « mais vous, vous avez l'onction du St-Esprit. » v, 20. Le signe était commun à tous, parce qu'il est indélébile, mais l'onction ou la grâce ne se conserve que par les prédestinés. Aussi l'Apôtre adresse-t-il un peu plus loin à ses fidèles le souhait de garder cette onction : « Et vos unctionem quam accepistis ab eo, maneat in vobis. »v, 27. Si l'onction était comme le signe

doivent veiller à garder (*) ; le signe un caractère qu'ils doivent avoir soin de ne point trahir (2). La première tient davantage de l'ordre moral, le second de l'ordre réel; mais,bien entendu,l'une et l'autre dans le domaine surnaturel. Celui-ci nous donne à Dieu comme à notre maître, celle-là nous unit à lui comme à notre Père. Tout cela est compris dans ces paroles où l'apôtre saint Paul décrit, en les distinguant, les opérations du salut dans les âmes ; et les paroles où saint Jean nous montre, au delà de la vie, le caractère de Dieu imprimé sur le front des élus et celui de la bête gravé sur les réprouvés concordent parfaitement avec le langage de l'Apôtre et lui donnent un accent plus solennel (3).

Nous venons de rechercher et de découvrir dans les écrits apostoliques les germes féconds de la doctrine du caractère sacramentel. Voyons maintenant

de sa nature inamissible, S. Jean aurait ?nanet et non maneat. Remarquons toutefois que ces passages peuvent fort bien être appliqués à la Confirmation, étant prouvé d'ailleurs que ce Sacrement existe. Cf. vénér. Bcde Comment, in cap. 2, Ep. 1, Jean., P. L. , t. 93, 94 sq.

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