‹ La confirmationChapitre 76 sur 123 · Eph., iv · texte numérisé non relu

Eph., iv

3. En citant ces différents textes, nous ne leur attachons nullement une importance égale. Le texte de S. Paul aux Corinthiens est le seul qui nous semble probant, puisqu'il est le seul contenant une énumération complète. Aussi S. Thomas applique-t-il celui de l'Apôtre aux Ephésiens, iv, 20, au signe de la prédestination, tout comme les textes explicites de S. Jean, auxquels on peut ajouter cette autre expression de S. Paul, dans sa seconde lettre à Timothée, 2-19 : « Firmum fundamentum Dei stat, habens signaculum hoc : Xovit Dominus qui sunt ejus. »Le signe de la prédestination est imprimé aux élus en vue des actes de la gloire future, alors que le caractère sacramentel est avant tout une initiation en vue des actes religieux de la vie présente. S. Th. ni, q. lxiii, a. 1, ad im.

190 Section III. — Chapitre II.

comment, sous l'action de la Providence spéciale qui veille sur l'Eglise et qui fait même servir les hérésies à l'épanouissement de la foi, comment, disons-nous, ces germes ont grandi et se sont développés, de manière à former un enseignement précis et raisonné, sanctionné par le consentement des Docteurs et l'autorité des Conciles (x).

Dans ces courtes pages nous ne pouvons qu'esquisser à grands traits la marche de cette tradition ; les lecteurs désireux d'approfondir cette matière trouveront dans nos notes des indications qui pourront leur servir de guides dans leurs investigations (2).

Pour démontrer l'antiquité, voire l'apostolicité de la doctrine du caractère imprimé par les sacrements de Baptême, de Confirmation et d'Ordre, il suffirait d'en appeler aux textes des anciens conciles. Mais examinons de plus près la doctrine des Pères, dont ces mémorables assemblées furent les échos fidèles (3). »

.^ II. — Tradition de la doctrine du caractère sacramentel.

Et d'abord, nous trouvons, parmi les rares documents authentiques des tout premiers siècles qui

i. Voici le canon du Concile de Trente qui a trait à ce dogme: « Si quis dixerit in tribus Sacramentis, Baptismo scilicet, Confirmatione et Ordine non imprimi characterem in anima, hoc est signum quoddam spiritale et indélébile, unde ea iterari non possunt ; A. S. » Sess. VII, can. 9.

2. Dans son beau traitée Sacramentis in génère, le card. Franzelin consacre à cette matière une longue thèse (xn, p. 142-163), dont nous nous sommes beaucoup inspiré, tout en procédant en ordre inverse.

3. Constantinopol. I, can. 7; Sardic. can. 48 ; Afric. can. 68.

sont parvenus intacts jusqu'à nous, plusieurs expressions qui, bien que vagues encore en elles-mêmes, cependant, mises en regard des formules plus explicites des âges suivants, en apparaissent évidemment les avant-coureurs et les préludes.

Le Baptême nous est représenté par saint Clément, le Pasteur d'Hermès et les Constitutions apostoliques comme un sigillum impressum, une empreinte, un sceau imprimé (x), un sceau que l'on ne peut briser (<r<ppayiç o&pavqroç). Les actes de sainte Thècle le nomment un sceau dans le Christ, qui prémunit contre les tentations (2) ; Clément d'Alexandrie l'appelle une garde sûre et le sceau du Seigneur (3). Tertullien lui donne les noms de signaculum nostrum, notre sceau, le sceau de la foi (4). Quelle éloquence encore dans cette description d'Hippolyte, le sceau donné par Dieu à ses fidèles, en opposition au caractère de la bête que Fantéchrist doit donner un jour (5).

Mais, puisque nous traitons ces matières en vue de la Confirmation, nous devons surtout relever ici la formule en vigueur dans l'Église et dont nous avons déjà parlé plus haut : Sigillum doni Spiritus Sancti,

1. Clemens Romanus ad Corinth. ep. il, ce. 7, 8, P. G., t. 1, p. 329, 330 ; Hermas PastorX. III, similiter, IX, ce. 6, 16, 17, 31. Consist. apost. 1. 11, c. 39 ; 1. m, c 16.

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