Dist. 4, q. 2 ; dist. 6, q. 2, a. 3, dub. I
6. 3, q. 63, a. 1, où il discute l'argument de saint Thom. sed ' co7itra esty dris de II Cor. 1, 21.
son décret pour les Arméniens ; ensuite le concile de Trente (l) la définit comme un dogme contre les négations aussi arbitraires qu'impies des Wicléfites et des protestants.
§ III. — Analyse du caractère sacramentel, spécialement du caractère de la Confirmation.
Il nous reste à dire quelques mots de la nature du caractère sacramentel et tout particulièrement de celui de la Confirmation.
Nous avons entendu, il y a un instant, saint Thomas nous dire que les théologiens ne suivent pas tous les mêmes vues dans cette question. Pour nous, fidèles à la ligne de conduite que nous nous sommes tracée, nous nous attacherons à la doctrine du Docteur Angélique, nous bornant à signaler au passage les principales opinions différentes de celles auxquelles il adhère.
Toute l'œuvre de la prédestination divine a pour but, selon la belle expression de saint Paul, de rendre les élus « conformes à l'image de son Fils » (*)* Or, le Fils de Dieu résume en son nom seul de JÉSUS-Christ tout ce que comporte cette image. Il est JÉSUS, c'est-à-dire Sauveur; il est Christ, c'està-dire Pontife suprême et parfait. Comme JÉSUS, il
i. Outre le can. g de la Sess. VII, cité plus haut, Cf. Sess. xxm. cap. 4, et can. 4.
2. « Nam quos praescivit, et praedestinavit conformes fieri imaginis Filii sui. » Rom., vin, 29.
202 Section III. — Chapitre II.
est la source de toute sainteté, parce que « la plénitude de la divinité habite en lui >> (*); comme Christ, il est le principe de toute puissance surnaturelle, parce qu'il est « la figure, le caractère de la substance du Père » (2).
Or les sacrements sont les canaux par lesquels se communique aux hommes l'influence du salut ; la palette aux sept couleurs, s'il est permis de parler ainsi, qui sert à l'Esprit-Saint pour reproduire dans les âmes l'image du Fils. Et, suivant la double propriété maîtresse exprimée dans le nom même du Verbe fait chair, les sacrements ont une double opération. Ils écartent le péché par l'infusion de la grâce, ■et assimilent ainsi à JÉSUS ; ils députent l'âme à recevoir ou à exercer des fonctions saintes dans l'Eglise de Dieu, par l'impression du caractère, et assimilent ainsi au Christ (3). De là, comme cette émanation du caractère sacerdotal du Fils de Dieu est destinée à tous les chrétiens dans une certaine mesure, saint Pierre a pu appeler le peuple chrétien un peuple sacerdotal ; et comme JÉSUS est Roi de droit de conquête, parce qu'il est Sauveur, la participation à sa grâce sanctifiante donne à ce sacerdoce un caractère royal, << ?rgale sacerdotium » (4).
S'il en est ainsi, ceux-là seulement parmi les sacrements qui concourent à établir ou à augmenter
i. « In ipso habitat omnis plenitudo divinitatis. » Coloss. , il, 9.
2. « Qui cura sit splendor gloriae et figura (le texte grec porte charatter) substantiae ejus. » Hebr., I, 3.
3. Cf. S. Thom. m, q. lxiii, a. 1, et ad 2. — 4. Petr., il, 9.
dans les âmes cette participation au sacerdoce du Christ, impriment un caractère; tandis que les autres ne confèrent que les grâces (J).
Or, cette initiation au culte divin, qui forme le principe du caractère sacramentel, peut être active ou passive. Elle est active, quand la participation au sacerdoce du Christ consiste dans le pouvoir et la mission de conférer les sacrements aux autres, et telle est l'initiation dans le sacrement de l'Ordre ; elle est passive, quand elle rend simplement apte à recevoir d'autres sacrements ou à recevoir d'autres fonctions appartenant au culte : telles sont les initiations du Baptême par rapport à tous les autres sacrements et toutes les charges dans l'Eglise. Telle est aussi l'initiation de la Confirmation (2).
Mais ne suffisait-il pas de l'initiation baptismale, et comment démontrer que la Confirmation lui surajoute assez pour avoir un caractère particulier?
Xous pourrions répondre d'abord que ces deux sacrements sont si intimement liés l'un à l'autre que le caractère de la Confirmation peut en quelque sorte être regardé comme le parachèvement de celui du Baptême. Mais il vaut mieux considérer chaque sacrement à part, et analyser la nature spéciale du caractère qui revient à chacun.
1. L'Eucharistie elle-même, bien qu'elle occupe le sommet du culte comme sacrifice, ne confère cependant pas de caractère comme sacrement, parce qu'elle n'a pas cette propriété d'initiation. Cf. S. Th., ibid., a. 6, in corp.
2, S. Thom., ibid.
204 Section III. — Chapitre II.
Revenons à la définition donnée plus haut du caractère: une initiation au culte divin dans l'Eglise du Christ Le Baptême en forme le premier degré, correspondant à l'incorporation par l'acte de naissance sur les registres de la nation. Mais voici que le chrétien a grandi dans la foi comme en âge. Il devient à même de prendre les armes pour la cause de sa foi. Pour qu'il puisse entreprendre cette milice sacrée, il lui faut une formation militaire, une inscription dans les cadres des soldats du Christ. Cette formation lui est donnée par la grâce de la Confirmation « ad robur », cette inscription ou initiation, il la reçoit par le caractère de ce sacrement.
On comprend dès lors que le ministre de ce sacre mentsoit, — du moins de pouvoir ordinaire, — l'évêque, c'est-à-dire un chrétien qui possède un caractère du rang supérieur, un général de l'armée du Christ.
Le caractère de la Confirmation est donc moyen entre celui du Baptême et de l'Ordre, et la puissance passive- que reçoit le confirmé est d'une manière toute spéciale celle de recevoir un jour le caractère de l'Ordre. Sans doute, tous les trois méritent dans une certaine mesure le nom de caractère sacerdotal, dans le sens large du mot, suivant la parole de saint Pierre citée plus haut ; mais l'initiation sacerdotale plus spéciale est le premier effet de la Confirmation. Saint Isidore de Séville exprime éloquemment cette pensée. « Après que Xotre-Seigneur, vrai Roi et Prêtre éternel, a été oint d'un onguent mystique et céleste par Dieu le Père, ce ne sont plus seule-
ment les pontifes et les rois, mais l'Église tout entière qui est consacrée par l'onction du Chrême, parce qu'elle est membre du prêtre et roi éternel. Ainsi parce que nous sommes une race royale et sacerdotale, nous recevons l'onction après le Baptême, afin d'être comme d'autres Christ, ut Christi nomine censeamnr (J). » On comprend dès lors combien un chrétien qui n'est pas encore cJiristus, oint, est un chrétien imparfait.
Quant à Notre-Seigneur, Pontife éternel, possédant la plénitude de l'onction sacerdotale, il la possède sans caractère sacramentel aucun, puisque au contraire le caractère sacramentel n'est qu'un reflet de l'éclat absolu de son sacerdoce suprême. Cependant, en tant que Notre-Seigneur est la figure parfaite de son Père céleste, on peut dire de lui qu'il possède dans une perfection infinie le caractère du Père, suivant l'expression grecque de saint Paul, mais ce caractère est tout autre que le caractère sacramentel. Il occupe en quelque sorte une place moyenne entre ce dernier et la nature divine: il est à la fois effet de celle-ci et cause de celui-là.
Le caractère sacramentel étant un reflet du sacerdoce du Christ, il participe aussi à la nature de ce ministère, suivant son degré et la capacité de l'âme humaine. Or d'une part, le sacerdoce du Christ est éternel (2) ; et de l'autre, l'âme humaine, c'est-à-dire,