q. lxviii, a. 1. in c
2. Autre chose est un rapprochement entre les dons et les vertus, par suite d'une certaine analogie, autre chose une identification.
2i6 Section III. — Chapitre III.
gue clairement les trois vertus cardinales, figurées par les trois filles de Job, les sept dons du Saint-Esprit, symbolisés dans ses sept fils, et enfin les quatre vertus cardinales, que l'on peut retrouver en figure dans les quatre angles de sa demeure (J).
§ III. — Nature des dons du Saint-Esprit.
Mais, si les dons diffèrent des vertus, sur quoi se base cette distinction ? Sans entrer dans l'examen de toutes les opinions émises sur ce point par les théologiens de mérite (2), nous empruntons à saint Thomas sa doctrine aussi lucide que profonde, qui jette une vive lumière sur tout l'organisme des opérations de la grâce.
Et d'abord, remarquons avec le saint Docteur, que
i. S. Greg. moral. , lib. i, cap. x, 28, P. L. , lxx, p. 544. « Septeni quippe nobis filii nascuntur, cum per conceptionem bonae cogitationis, Sancti Spiritus septem in nobis virtutes oriuntur »... (suit le texte
d'Isaie XI, 2) « Sed habent in nobis septem filii procul dubio sorores
suas, quia quidquid virile hi virtutum sensus faciunt, spei, âdei, charitatique conjungunt »... Et plus loin, lib. n, c. 49, n. 76, p. 592 : « In quatuor vero angulis domus ista consistit, quia nimirum solidum mentis nostrae edificium prude?itia, temperantia , fortiiudo, justitia sustinet. In quatuor angulis domus ista subsistit quia in his quatuor tota boni operis structura consurgit, etc. » Cf. les témoignages des Pères, cités par Valentia (Tome 11, disp. 5, q. 8, p. 1. )
2. Certains auteurs, considérant que quatre dons visent plus directement l'entendement, à savoir, ceux de science, de conseil, d'intelligence et de sagesse, et que cinq vertus affectent davantage la volonté ; à savoir, l'espérance, la charité, la justice, la force, la tempérance, ont cru pouvoir dire que les dons en général perfectionnent le libre arbitre en tant que faculté de raison, et les vertus en tant que faculté de volonté. Mais cette différence, on le voit, est très incomplète et ne s'applique ni aux dons de crainte, de piété et de force, ni aux vertus de foi et de prudence.
l'appellation de don n'est pas aussi caractéristique que celle & esprit, donnée par Dieu lui-même à cette grâce septiforme. Voici en effet le texte célèbre d'Isaïe sur lequel se fonde tout cet enseignement : « Et l'esprit du Seigneur reposera sur lui : l'esprit de sagesse et d'intelligence, l'esprit de conseil et de force, l'esprit de science et de piété, et il le remplira de l'esprit de la crainte du Seigneur (T). » Ces dons sont donc communiqués par une inspiration d'en haut, émanée de l'Esprit-Saint. Si l'on poursuit cette pensée, on arrive aisément à trouver entre les dons et les vertus une différence caractéristique. L'homme est soumis à l'action d'un double moteur, la raison et Dieu. La raison peut-être laissée à elle-même, à son action naturelle, ou bien stimulée par une force surnaturelle. L'une et l'autre agent naturel et surnaturel résident proprement dans l'homme. Mais audessus de cette action du dedans, même secondée par la grâce, il y a une autre action émanée immédiatement de Dieu même ; action si élevée, si sublime, que l'homme a besoin d'être disposé à recevoir son influence pour pouvoir mieux lui obéir. Car, plus un agent est relevé, plus il faut à l'objet de disposition pour être capable de recevoir son action. C'est ainsi que le disciple a besoin de plus d'intelligence à mesure que son maître lui enseigne une doctrine plus sublime. Il faut donc à l'homme, dans l'ordre surnaturel, outre la force surnaturelle qui le stimule à mieux suivre l'impulsion de la raison éclairée par la