‹ La confirmationChapitre 82 sur 123 · I. Is., XI · texte numérisé non relu

I. Is., XI

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foi, une autre force surnaturelle qui le rende prompt à obéir aux inspirations immédiates de Dieu par la grâce. A la force naturelle du premier ordre correspondent les vertus, à celle du second ordre correspondent les sept dons, ou les sept esprits (*).

Les dons du Saint-Esprit sont donc des qualités Jiabituelles (2) au même titre que les vertus, — le texte inspiré le dit assez par le mot requiescet, reposera, qui marque la durée, — qui ont pour but de rendre l'homme souple à obéir aux inspirations extraordinaires de la grâce. Les vertus visent davantage aux actions ordinaires ; les dons, émanés du souffle du Saint-Esprit en vue des inspirations immédiates de la grâce, sont plutôt données pour des actions héroïques, ou du moins plus difficiles.

Les philosophes anciens ont pressenti cette harmonie surnaturelle qui surajoute les dons aux vertus, lorsqu'ils ont distingué entre les vertus dictées par la raison et les actions supérieures inspirées par Dieu ; les premières peuvent faire un grand homme, les secondes seules font les héros, ou, comme ils aimaient à les appeler, les hommes divins ; et ils

i. S. Thom. i, il, q. lxviii, a. i.

2. Suarez {de gratia, 1. 6, c. io. n. 3) cite plusieurs auteurs qui ont estimé que les dons du Saint-Esprit sont des grâces actuelles, données ■en certaines occasions plus solennelles ; mais cette opinion manque de fondement. En effet a) le texte inspiré la rejette par l'expression même requiescit, qui marque une permanence tout comme les mots manere, mansionemfacere, dont se sert Xotre-Seigneur pour exprimer le caractère habituel de la grâce sanctifiante, bj En outre cette opinion méconnaît la proportion qui existe entre les dons vis-à-vis de l'Esprit-Saint et les vertus vis-à-vis de la raison. Cf. Card. Mazzella, De virtutibus infusis, p. 129.

formulaient cette belle théorie, que. sous l'influence de cet instinct divin, l'homme ne doit pas s'inquiéter de prendre conseil de la raison humaine, parce qu'il est mu par un principe meilleur (x).

Cependant, de ce que les dons visent davantage aux actions héroïques, il serait faux de conclure qu'ils sont purement surérogatoires, nécessaires à ceux qui aspirent à une sainteté consommée, mais non point au commun des chrétiens. Cette conclusion pécherait par un double côté. Sans doute, les vertus fortifient notre volonté et éclairent notre intelligence pour nous mettre à même de suivre les prescriptions de la foi et de tendre au salut. Mais par la faiblesse de notre nature déchue, nous ne nous assimilons que d'une manière très imparfaite les forces surnaturelles que Dieu nous offre par le septénaire des vertus. Il faut donc qu'une inspiration y une effusion céleste plus immédiate vienne suppléer à ce défaut. C'est le rôle des sept esprits ou dons (2).

De plus, au milieu des difficultés sans nombre qui nous environnent de toutes parts, au milieu de cette conspiration funeste de Satan, du monde et de nous-mêmes contre notre salut, qui de nous peut se flatter d'arriver au terme de sa course, sans avoir dû, au moins en plusieurs circonstances, déployer une valeur héroïque pour rester fidèle au bien ? Dieu seul a pu mesurer d'avance ces combats intérieurs

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