‹ La confirmationChapitre 83 sur 123 · S. Th., /oc. cit., art. 2, in corp · texte numérisé non relu

S. Th., /oc. cit., art. 2, in corp

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qui font de la vie humaine sur la terre une milice continuelle (*). Et c'est en prévision des ardeurs de ces luttes qu'il a revêtu son soldat d'une armure spirituelle 2\ les sept dons du Saint-Esprit. Armure inséparable de la charité, et dont les différentes parties sont inséparables les unes des autres. Car, comme l'enseigne la théologie, quiconque est en état de grâce possède les dons du Saint-Esprit parce qu'il possède la charité qui leur sert de point d'appui commun ; quiconque possède un des sept dons les possède tous ; et réciproquement, en perdre un c'est les perdre tous, à cause de leur solidarité avec la reine des vertus (3).

Cette armure, bien que la grâce du Baptême en revête le néophyte, reçoit cependant tout son éclat et toute sa force du sacrement de la Confirmation.

i. Militia est vita hominis super terram. Job., vu, i.

2. C'est « cette armure divine qui nous mettra en état de résister au jour mauvais et de demeurer parfaits en toutes choses, » que saint Paul, dans sa lettre aux Ephésiens VI, n, 17, demande à Dieu en ces termes : « Ceignez nos reins de la vérité, couvrez-nous de la cuirasse de la justice, donnez à nos pieds l'Evangile de paix pour chaussure indestructible ; munissez-nous du bouclier de la foi, contre lequel viennent s'éteindre les traits enflammés de notre cruel ennemi. Placez sur notre tête le casque, qui est l'espérance du salut, et dans notre main le glaive spirituel, qui est la parole même de Dieu. » Trad. de Dom Guéranger, Ann. liturg., ix, 452.

3. S. Thom. 1, il, q. LXVin, art. 5, in corp. « ïtaomnes vires animas disponuntur per dona in comparatione ad Spiritum Sanctum moventem,... sicut et ratio nostra perficitur per prudentiam. Unde sicut virtutes morales connectuntur sibi invicem in prudentia, ita dona Spiritus Sancti connectuntur sibi invicem in charitate ; ita scilicet quod qui charitatem habet, omnia dona Spiritus Sancti habeat, quorum nullum sine charitate haberi potest. » Cfr. 11, il, q. vin, a. 4 et 5.

C'est ce sacrement qui rend le chrétien soldat du Christ, en épanouissant cette faculté, communiquée à l'âme avec la première sanctification, de se laisser guider par le souffle du Saint-Esprit. Aussi est-il intéressant de remarquer que le texte d'Isaïe, sur lequel se fonde la théorie des sept dons, offre un rapprochement saisissant avec la scène du Jourdain, où le Sauveur institua le sacrement de Confirmation après son baptême.

La colombe, symbole du Saint-Esprit, descendant sur la tête du Christ et planant au-dessus d'elle, suivant la prophétie qui en avait été faite à Jean- Baptiste (I), rappelle manifestement l'oracle d'Isaïe. « Et l'esprit du Seigneur se reposera sur lui, etc » Or, cet esprit septiforme dont le Messie possédait la plénitude dès l'instant de son Incarnation, Dieu le déclare par ce message public au moment où s'ouvre la carrière héroïque de sa vie, cette époque sublime où le souffle de l'Esprit emportera JÉSUS où il voudra, depuis le jeûne du désert jusqu'à l'immolation sur la croix (2).

Cependant, si pour le Sauveur la descente du Saint-Esprit, au Jourdain, ne fit que proclamer les dons parfaits répandus dans son âme divine dès le sein de sa Mère, il n'en est pas ainsi des chrétiens. Lorsque, sur le point de conférer la Confirmation, le

i. Joan. i, 33.

2. Luc. iv, 1 : « Agebatur a Spiritu in desertum». Haebr., ix, 14: «Qui per Spiritum semetipsum obtulit. »

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Pontife invoque l'Esprit septiforme, c'est une nouvelle descente qu'il en implore, par une augmentation de ces dons, fruit tout spécial de ce grand sacrement.

L'action puissante decette effusion nouvelle achève d'équiper l'âme pour la périlleuse traversée sur l'océan de ce monde vers le port de l'éternité. Les puissances du mal ne cessent de l'assaillir et de battre sa nacelle de leurs flots courroucés et baveux. Mais, dans les airs, le souffle du Seigneur la dirige vers le terme de son voyage. Le gouvernail, la boussole et les étoiles, comme les trois vertus théologales, guident le pilote vers la patrie. Quatre rames, mues par des bras vigoureux, sont les vertus morales qui hâtent sa course. Toutefois ce n'est qu'en tendant ses sept voiles au souffle de l'Esprit, que la barque vole sur les eaux et glisse à travers les obstacles, sans sombrer sous les vagues, sans se briser sur les récifs.

Cette comparaison, qui résume d'une manière assez juste et complète, croyons-nous, tout l'ensemble du système des vertus, fait aussi comprendre aisément comment les vertus théologales l'emportent sur les dons du Saint-Esprit, et comment ceux-ci sont supérieurs aux vertus cardinales (*).

Il y aurait toutefois erreur à ne considérer les dons du Saint-Esprit que comme des moyens surnaturels de vaincre les difficultés accumulées sur la route de

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