‹ La confirmationChapitre 85 sur 123 · n, 11. q. vin, a. 2, et q. IX, a. 1, ad · texte numérisé non relu

n, 11. q. vin, a. 2, et q. IX, a. 1, ad

Cependant, en vertu de la gradation qui existe entre la science, l'intelligence et la sagesse, les deux extrêmes répondant à la foi et à la charité, y auraitil inconvénient à trouver dans l'intelligence un élément qui la rapproche de l'espérance, en tant que la vue claire des choses divines stimule l'espérance d'en jouir, et, réciproquement, la conversation céleste en esprit d'espérance nourrit et active l'intelligence des vérités de la foi ? (*)

Xous pourrions encore trouver des rapports d'opposition entre les dons du Saint-Esprit et les sept péchés capitaux, auxquels ils servent de remèdes ; mais il nous faut nous borner. Si les péchés capitaux répondent par contraste aux vertus théologales et

1. Voici comme s'exprime sur ces rapprochements le savant Dr Bouquillon, dans sa Theologia moralis fundamentalis : « Cum septem sint virtutes principales, pariterque septem dona communiter enumerentur, theologi scolastici ingeniose unicuique virtuti donum correspondens assignaverunt, ita tamen ut alii alium ordinem proposuerint. » Et dans une ■note pleine d'érudition l'auteur renvoie le lecteur aux écrits les plus saillants sur la matière : Auctor Expositionis in Apocal. (inter opp. S. Ambr.), c. IV, v. 5; Rupertus Tuitensis, De div. off. 1. VIII, c. 7 et sq. ; S. Anselmus, Cant. Hom. 2 ; S. Bernardus, Serin, de diversis. XIV ; Ernaldus, Libellas de don. Sp. S.; — inter scolasticos : Lombardus, Sent. 1. ni, dist. 34, ubiejus Commentatores S. Bonaventura, B. Albertus Magnus, S. Thomas, Richardus, Scotus, Estius ; praeterea S. Thomas 1-2, q. 68, ubi etiam ejus Commentatores passim ; S. Bonaventura, JBreviloquium, v. 5, et Auctor opusculi De septem donis Spiritus Sancti, eidem Bonav. a quibusdam adscripti ; — inter theologos : Gotti, Theol. sçhol. dogm. tr. de virt. et donis ; Rocafull. opus mor. app. il, ac prae casteris Suarez, De Gratia, lib. Il, c. 17, lib. VI, c. 10, qui, more suo, docte, moderate et sapienter rem expendit ; — inter recentiores : Muller, Theol. mor., tom. I, § 120; Gaume, Traité du Saint-Esprit, il, 25 et seq. ; Manning, The internai Mission ofthe Holy Ghost, vn-xv ; Friaque, ■Le Saint-Esprit, in nne^-7^9/. cit., editio novissima, p. 162.

cardinales, ils ont par le fait même un rapport d'opposition avec les dons du Saint-Esprit. Aussi, dans la belle séquence du Veni Sancte Spiritus, l'Église invoque-t-elle l'Esprit septiforme pour remédier aux langueurs mortelles de l'âme (:).

1. Cf. Appendice. Prières liturgiques en l'honneur du Saint-Esprit.

§ I. — Symboles et insoriptions des premiers siècles.

^ys^jjfgOUS ne sortirons guère du cadre de notre Emanai suJet en consacrant quelques lignes aux ||§|Ii§ traces que nous trouvons de la Confirma-

ft^flwgM tion, de son dogme, de sa liturgie, de ses effets dans l'art chrétien dès les premiers siècles. Nous y verrons une nouvelle preuve de l'antiquité sacrée de la foi catholique à ce grand sacrement, en même temps qu'une application vivante du symbolisme, qui avait pour mission de le dérober aux yeux profanes, et de la liturgie, qui servait à le conférer.

La scène du Jourdain, contenant à la fois le mystère du Baptême et de la Confirmation, a inspiré également les symboles pour désigner l'un et l'autre. « En sa qualité démembre du Christ, poisson divin, dit Dom Maur Wolter, dans sa célèbre brochure sur les catacombes, le baptisé devient un petit poisson. En sa qualité de temple du Saint-Esprit, colombe divine, le confirmé se transforme en petite colomàeÇ1).}}

i. Les catacombes de Rotne et la doctrine catholique, p. 140. Sans rejeter le fondement de ce symbolisme, nous ferons remarquer que la colombe est loin de signifier toujours la Confirmation, tout comme

Plus éloquentes que les emblèmes de peinture ou de sculpture, les inscriptions passent quelquefois du

symbole à la chose symbolisée, de la colombe à l'Esprit qu'elle figure et exprime. L'âme chrétienne, devenue par la grâce du deuxième sacrement le temple du Saint-Esprit, prend à son tour le nom

le poisson ne signifie pas toujours le Baptême. Le symbolisme de la colombe se prête à des applications multiples qu'il est curieux de rechercher dans les monuments archéologiques et dans les traditions primitives. On convient que le symbole de la colombe est postérieur à ceux du poisson et de l'ancre ; mais il l'emporte sur ceux-ci en ampleur. C'est que la Bible lui fournit plus de points de contact. C'est la colombe qui porte le rameau d'olivier à Noé, c'est elle qui annonce aux trois enfants dans la fournaise leur prochaine délivrance (Bottari, tav. clxxxi). C'est elle encore qui descend sur la tête du Christ au Jourdain. Comme symbole moral, elle exprime à la fois la simplicité et l'amour, et parfois la douleur, suivant l'expression de Nahum. il, 7, du Cantique des cantiques, et la parole expresse du Sauveur : «Soyez simples comme des colombes. )> Conformément à ces multiples aspects que la révélation elle-même donne à cet animal, ce symbole signifie tour à tour le Saint-Esprit, Xotre-Seigneur et ses Apôtres, qui en étaient remplis et qui ont été les grands messagers de paix, l'âme chrétienne, surtout l'âme confirmée, ornée des dons du Saint-Esprit, l'âme au sortir du corps s'envolant vers la paix éternelle, ou le martyr luttant courageusement, rempli de la force du Saint-Esprit. Les endroits où la colombe apparaît le plus régulièrement sont les baptistères et les tombeaux. Dans les premiers, et nous appelons de ce nom l'enceinte destinée à la collation de ce sacrement, elle exprime, croyonsnous, d'une manière toute spéciale, la Confirmation, sceau du Baptême, tout comme la colombe céleste l'exprimait au Baptême du Sauveur au Jourdain. Sur les tombeaux, chaque fois qu'elle porte le rameau d'olivier, elle équivaut à l'épitaphe : Spiritus Unis in pace; il est de même des monuments où le mot^tf* est gravé au-dessous du symbole. — Dès'les premiers siècles on choisit la colombe pour forme des vases conservant la sainte Eucharistie, à raison du mystère de l'Incarnation opéré par l'action du Saint-Esprit, et pour marquer que par l'Eucharistie l'âme chrétienne est le temple du Saint-Esprit.

Cf. Kraus, Real. Encyclop., il, p. 819, sqq. — Martigny, Diction?iaire des antiquités chi-étiennes, p. 186, sqq. — Sur le symbolisme du poisson, cf. Kraus, t. I, 516, sqq. Martigny, p. 653, sqq.

d'esprity d 'esprit saint, d'esprit-saint de Dieu ou du Seigneur. Voici un monument du milieu du IIIe siècle (269) qui contient cette formule consacrée. C'est une inscription, funèbre ainsi conçue : « Je pose cette pierre à (toi) Severa, ma fille bien-aimée, et à ton esprit saint, ISPIRITO SANCTO TUO ••.

Parmi les représentations plus compliquées, où plusieurs symbolismes sont groupés dans une scène, nous citerons le célèbre sarcophage de Junius Banus. « On y voit l'agneau représenté à plusieurs reprises: de son pied droit il tient une verge, dont il frappe en premier lieu le rocher, comme Moïse; puis il en touche la tête d'un plus petit agneau, sur lequel tombent des rayons de lumière envoyés par une colombe ; enfin il touche aussi des pains et des poissons (*). » Si l'on rapproche le connu de l'inconnu dans cette scène symbolique, et si l'on se souvient que le Baptême, la Confirmation et l'Eucharistie étaient conférés ensemble, l'eau du rocher désignant le sacrement de l'ablution, les pains et les poissons celui des autels, il est tout naturel de voir dans les rayons émanés de la colombe les dons du Saint-Esprit, fruit de la Confirmation.

Jusqu'ici nous n'avons trouvé que des symboles plus ou moins vagues et douteux, comme traces laissées dans l'art chrétien par la doctrine du deuxième sacrement. Des épitaphes et des inscriptions d'une authenticité indiscutable et d'un sens clair et manifeste donnent à l'explication de ces symboles une probabilité voisine de la certitude.

Page 1