D. Wolter, p. 141, sq
Voici d'abord l'épitaphe de deux époux Catervius et Severina. On lit sur le haut du sarcophage ces mots: <( Probien, prêtre de Dieu, les a baptisés et oints. Quos Dei sacerdôs Probianus lavit et ?inxit(^).^ Quelques critiques ont voulu voir dans les trois derniers mots une simple réminiscence d'un vers d'Ennius, mais, outre l'invraisemblance d'une telle allusion profane, les termes lavit et unxit sont les deux mots consacrés pour signifier les deux premiers sacrements.
Une autre épitaphe de Spolète fait mention de la Confirmation conférée par le pape Libère à la défunte Picentia Légitima. La voici dans son entier: Vale qui legeris, libens Picextle LEGITIMEE xeo-
PHVT.E, DIE Y. K.\L. SEP. COXSIGXAT.E A LlBERIO PAPA, MARITUS UXORI BEXEMEREXTI DUPLICEM SARCOPHAGUM
cum titulis hoc loco... posuit. Salut à qui lira: plein d'affection pour son épouse méritante, le mari a élevé en cet endroit deux sarcophages avec titres à la mémoire de Picentia Légitima, néophyte, consignée par le pape Libère au cinquième des Calendes de septembre (2). Après ce que nous avons dit plus haut de l'appellation classique de consignare pour confirmer, et de consignatorium ablutorum pour le lieu réservé à la Confirmation, il est inutile de faire ressortir toute la force de l'expression qui se lit sur cette épitaphe.
Xous passons sous silence une autre inscription
i. Baron. Ann. an. 370. Cf. Kraus, op. cit., 515. 2. Cf. Kraus, p. 5*5.
tumulaire d'un enfant de cinq ans, où la réception des deux premiers sacrements, à court intervalle, à l'âge de deux à trois ans, est marquée par ces mots : bimus trimus (*).
Nous glissons aussi sur un autre texte, longuement commenté par M. de Rossi ; l'épitaphe de Marcea (555), écrite en distiques, dont les vers 5 et 6 peuvent avoir trait à la Confirmation:
TUQUE SACERDOTES DOCUISTI CHRISMATE SaNCTO
Tangere bis nullum iudice posse Deo
Toutefois, à ne considérer que les mots, il ne nous semble pas tout-à-fait prouvé que l'itération du Chrême interdite soit celle de la Confirmation et non celle de l'Ordre. Nous inclinons en faveur du premier sens.
Mais voici un document d'une valeur capitale. C'est une inscription du temps et peut-être de la main du saint pape Damase, et qui se trouvait jadis dans le consignatorium de l'antique Vaticane (2).
istic insontes oelesti flumine lotas pastoris summi dextera signat oves.
huc undis generate veni quo sanctus ad unum Spiritus ut capias te sua dona vocat.
tu cruce suscepta mundi vitare procellas dlsce magis monitus hac ratione loci.
1. Ibid. Sur un autre tombeau d'un enfant de douze ans, la mèrecontate qu'il a reçu le sceau delà croix, crucetn accepit.Boldetti, p. 80, n.
8, Martigny, op. cit., p. 203.
2. de Rossi, TH. Christ. Carth. cf. Pitra, Spici. iv, 520. Bull. a. a. o. 30.
242 CHAPITRE COMPLEMENTAIRE.
« C'est ici que la main du pasteur suprême marque les joyeuses brebis qui sortent toutes pures du fleuve céleste. Toi qui naquis dans les eaux, viens : voici que le Saint-Esprit t'appelle pour que tu reçoives ses dons. Apprends par la croix que tu y reçois, et par l'enseignement que te d onne ce lieu sacré, à mieux éviter désormais les tempêtes du monde. >> Le lieu réservé à la Confirmation, la dignité du ministre, l'union entre la Confirmation et le Baptême, l'effusion des dons du Saint-Esprit, la marque de la croix et la force contre les dangers du salut, fruit de ce sacrement : tout cela se trouve admirablement condensé dans cette inscription damasienne.
Mentionnons encore deux beaux vers de l'épigramme du tombeau du roi Clodovée.
MûX PURGATUS AQUIS ET CHRISTI FONTE RENATUS FRAGRANTEM GESSIT INFUSO CHRISMATE CRINEM.
« Bientôt, purifié dans les eaux, et régénéré dans la fontaine du Christ, il releva sa tête tout embaumée de l'effusion du Chrême. >;>
Une épitaphe grecque, retrouvée en ces dernières années sur la Voie Latine (x), contient une formule encore plus expressive :
AOÏTPOIC XPEICAMENH XV MHPON A<I>0ITO>" ATNON. « Ointe dans le bain du Christ, avec un onguent incorruptible et immaculé (2). »
i. de Rossi, Bull. a. a. o, 30.