‹ La confirmationChapitre 90 sur 123 · Ps., ex, 10. Ci. Prov · texte numérisé non relu

Ps., ex, 10. Ci. Prov

2. Cf. la Messe « de Beata ». Cf. Bulla Ineffabilis, du 8 décembre 1854. § 4-

3. Cf. Reusens, Archéologie ckrétienne, 2e édit., t. I, p. 555.

l'enseignent les Docteurs de l'Église et spécialement l'onctueux saint Bernard. La Vierge, portant son divin Fils et entourée de colombes, symboles des dons du Saint-Esprit, se trouve entre autres dans des vitraux de Chartres et de Fribourg en Brisgau, dans une fresque de la cathédrale de Gurk, dans une miniature de la Biblia aurea de Paris, dans Vantependium de Soest (*) Dans le vitrail de Chartres, dont nous avons une reproduction sous les yeux, six colombes, groupées trois par trois à gauche et à droite de la Vierge, se portent vers le centre, occupé par le Sauveur personnifiant la Sagesse éternelle. Le nimbe des colombes est relié par un large rayon à celui du Divin Enfant. Le mouvement des colombes vers le Verbe incarné signifie la plénitude de l'Esprit qui résidait en lui et dont tous les fidèles ont reçu. La Madone, le front ceint du diadème, appuie sa main gauche sur la large auréole qui entoure son Fils, et étend la droite pour bénir. C'est l'attitude d'une Reine toute-puissante par son intercession sur le trésor de grâces dont le coeur du Rédempteur est le divin foyer. On le voit, l'iconographie chrétienne a trouvé dans les dons du Saint-Esprit une source féconde en applications mystiques et symboliques, en les rapprochant du Fils de Dieu et de sa Mère. Parmi les monuments artistiques reproduisant les dons du Saint-Esprit, il nous faut faire encore une mention spéciale d'un bassin célèbre conservé au

1. Reusens, loc.ch., p. 422. Cf. Baron J. B. Béthune, Revue de l'Art chrétien. Les bassins liturgiques, t886, p. 331.

trésor de la collégiale de Xanten, près de Clèves. Il mesure o,m32 de diamètre, sur o,mo65 de hauteur. Nous n'en donnerons qu'une description sommaire ici ; ceux de nos lecteurs qui désireraient en étudier la disposition plus en détail, pourront recourir aux savantes pages que M. le baron J. Béthune y a consacrées dans la Revue de V Art chrétien (I).

Malheureusement l'exécution du bassin ne répond pas à la beauté de la conception. On voit qu'un théologien très versé dans la science sacrée a inspiré un ciseau grossier et ignorant. Malgré cette lacune,, assurément regrettable, le plateau de Xanten n'en .présente pas moins le plus vif intérêt. Six médaillons rayonnent autour d'un médaillon central. Chose curieuse : au lieu de représenter les sept dons du Saint-Esprit, depuis le don de sagesse jusqu'à celui de crainte, la série commence par la sagesse, et, au lieu de la crainte, le médaillon central reproduit une seconde fois la sagesse. Est-ce une application forcée du verset du psalmiste : La crainte de Dieu est le commencement de la sagesse? Il est difficile d'y voir autre chose, car la disposition est ainsi voulue, et il n'est pas possible de recourir pour l'expliquer à une simple distraction du graveur.

Les six médaillons extérieurs sont occupés par six personnages de l'Ancien Testament, tenant chacun une banderole avec un texte de l'Ecriture. Au-dessus de l'épaule droite de ces figures se voit une colombe enveloppée d'une nuée et portant

1 Les bassins liturgiques, 1886, p. 325 sqq.

dans le bec un listel marqué du nom de chaque vertu. Le nom des personnages est écrit au côté gauche de la tête. Une inscription métrique disposée en cadre demi-circulaire circonscrit les médaillons, et les intervalles de ces orbes sont occupés par des animaux symboliques. Voici la suite des sujets et des inscriptions. Le don de sagesse, symbolisé par un serpent, est figuré par Adam, avec le texte : « Erunt duo in carne una (J), ils seront deux en une chair, » parole prophétique prononcée par Adam au moment où Dieu lui donna Eve pour épouse, et par laquelle il témoigna d'une sagesse profonde, pénétrant d'un regard tout le mystère de l'union conjugale (2). Abraham figure le don d'intelligence, symbolisé par un coq (3) ; sa banderole porte les mots : « Super senes intellexi. J'ai dépassé les vieillards en intelligence(4).» Le don de conseil est figuré par Moïse, et symbolisé par une fourmi (s) ; le législateur d'Israël porte l'inscription : « Audi, Israël, mandata vitœ. Entends, ô Israël, les préceptes de la vie (6). » Le lion est le symbole du don de force, que figure le prophète Élie tenant une banderole avec le texte : « Vivit Domi-

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