‹ La confirmationChapitre 96 sur 123 · ÉPILOGUE. 26l · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE. 26l

hâte son dernier repas avant l'exil. Madame de la Mennais s'aperçoit que son fils est absent; elle ne veut pas qu'il soit privé de la dernière bénédiction de son évêque. Elle l'envoie chercher, elle l'appelle. Jean-Marie se fait un peu attendre, puis il arrive dans l'équipage ordinaire de nos pèlerins bretons, ayant sur l'épaule un bâton, au bout duquel pend un paquet formé des vêtements les plus nécessaires et de ses livres.

— Où vas-tu donc comme cela, mon fils?

— Je vais avec Monseigneur.

— Mon enfant, il ne faut pas tant de monde pour conduire Monseigneur; on ferait trop de bruit, et les patriotes te prendraient.

— Ce n'est pas pour le conduire que je pars ; c'est pour rester avec lui ; Mgr va chez les protestants ; il ne trouvera personne pour lui répondre la Messe ; je vais pour la servir.

Les larmes de Mgr de Pressigny précédèrent sa réponse.

— Mon cher Jean-Marie, je te remercie; mais, vois-tu, je ne sais quand je reviendrai, je ferai peutêtre naufrage, je te remercie, je ne t'emmènerai pas.

Alors ce fut le tour de Jean-Marie de pleurer.

— Est-ce que j'aurai peur avec vous? Ne suis-je pas confirmé? J'ai promis de confesser la foi de JÉSUS-CHRIST, même au péril de ma vie. J'irai avec vous, vous m'apprendrez le latin, vous me ferez prêtre et je ne vous quitterai jamais.

— Mon enfant, je te remercie encore; mais il faut rester près de tes parents.

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