MÉM. II
représenter dans de petites proportions. Enfin la commission ne douta pas que tous ces fragments, ainsi que deux statues d'évêques qu'à la même époque on avait longtemps vues déposées sous la porte cochère d'une maison du boulevard Bonne-Nouvelle, ne provinssent de l'ancienne église de Saint-Jacques-l'Hôpital.
On ne saurait douter non plus que les cinq statues du musée de Cluny ne fussent du nombre des quatorze dont il vient d'être question. L'administration du musée en a fait Tacquisition, au mois de juin i852, de la veuve d'un sculpteur à qui elles avaient été laissées, en payement de ses travaux, par les propriétaires de la maison moderne élevée à la place des anciens bâtiments de Saint- Jacques. Toutes cinq ont été privées de leur tête et celles qu'elles portent aujourd'hui, la plupart fort dégradées et une seule trèsbien conservée (la tête du personnage numéroté 1904), ont été rajustées après coup sur leurs épaules. Elles représentent comme une même famille de gens, posés dans des attitudes légèrement diverses, mais gardant entre eux une ressemblance générale qui frappe au premier coup d'œil. La seule qu'on puisse déterminer avec certitude est un saint Jacques le Majeur, bien reconnaissable en effet à une aumônière qui pend à sa ceinture et sur laquelle figure une coquille : c'est le n° igo3.
Ces cinq statues mutilées sont probablement tout ce qui restera d'un vaste établisseiricnt qui brilla d'une certaine splendeur et fut le favori, durant cinq siècles, d'une partie de la bourgeoisie parisienne. A peine si les gens du magasin de nouveautés qui l'a remplacé en lui empruntant son enseigne [Aux statues de saint Jacques) se souvenaient, il y a déjà dix ans ', dece que sont devenus les autres débris trouvés en 1840. Leur histoire fut bien courte. On ks réenterra dans le sol, et c'est sur cette sorte de tombeau que l'on construisit une partie des salles de vente. Une exception pourtant avait été faite en faveur du saint Jacques assis et de deux statues debout entre lesquelles on l'avait placé, comme enseigne bien authentique, au sommet de la maison sur la fat;ade de la rue Saint-Denys. Un jour, à ce qu'il paraît, l'une des trois vieilles statues laissa tomber sur le trottoir de cette rue populeuse quelques fragments de sa personne ou de ses vêtements de pierre.
I. En i865, lors d'une communication l]uc je fis à mon tour à la Société des Antiquaires de France sur le même sujet (Voy. Mémoires de Ij Société des Antiquaires de France, t. XXVIII, p. m).