Voy. la note 2 de cette même page
avait à s^occuper de suite des salaisons, des pâtés et de tout ce qui se prépare d'avance ^ ; il lui fallait au plus tôt son personnel. On engageait des queux ou cuisiniers et on leur adjoignait des troupes de valets et de marmitons. Pour le siège de i32i, on avait pris quatre cuisiniers et vingt-deux aides de cuisine^. Les ministres de Tordre, des sergents, véritables sergents de ville du temps, ne manquaient pas à la fête, mais pour ne point gâter le coup d'œil on les mettait à Tunisson en leur couvrant les épaules de la pèlerine à coquilles ^. Les précautions de bonne police étaient d'ailleurs assez urgentes pour qu'il fallût murer pendant le repas les portes de la cave*.
Enfin paraissaient les convives. Ils donnaient le méreau de plomb qu'ils avaient reçu en souscrivant ou peut-être le gardaientils, car l'article de dépense pour la fabrication des méreaux de tout genre ligure abondamment dans tous les comptes et, d'ailleurs, les convives une fois assis à table, on prenait leurs noms. La listeen était faite d'abord sur des tablettes de cire, puis inscrite sur un rôle^. On était assis pêle-mêle, pèlerins et pèlerines, mais groupés vraisemblablement par rang de notabilité. Il n'y a pas moyen de douter que les gouverneurs, les bâtonniers, les doyens, les chanoines et autres dignitaires de la Confrérie, n'occupassent le haut bout de la table, sous le dais, mêlés aux seigneurs et gens de marque dont le banquet pouvait être honoré**. Je ne doute même pas que la statue de « saint Jacques assis » dont il y avait plusieurs exemplaires richement peints et dorés, qui figure souvent dans les comptes et qui figurait surtout dans les processions, ne jouât le principal rôle
1. «Pour despense de bouche la veille du siège quand l'en sala la char, xxxiij d. » (i324).
2. «Pour louage dequatre queus, xxij s.; pour xvij aides de cuisine d'eschançonnerie, xxiv s. iv d. » (i32i).
3. « Cinq mantelès pour les serjans du siège, xxiij s. vj d. » (1324).
4. Pour hourder l'entrée du celier le jour du siège, xij d. (i35o). — Pour faire une deffense de claies au dressouer du vin le jour du siège, tant pour peine, pour piastre et corde, ij s. (iSSy).
5. « Pour faire cirer les tables où les frères de la déanné S. Jaques sont escris, vj s.; pour escrire en panier ce qui es dictes tables estoit escrit et pour rescrire es tables, iij s. » (i338).
6. On faisait même de certaines invitations intéressées : « A Guill. Herbelot, boucher, pour une pièce de beuf et de mouton envoyé a maistre Artur de Vaudetar, advocat de l'église en Parlement, qui avoit esté oblié au jour du siège, pour ce vj s. » (i486).