I. On dit encore le moyeu, le jaune de l'œuf; mediotus
La plaidoirie reconnaît cependant que si en cette année 1584 il n'y a pas eu de banquet depuis six ans, ce n'est pas à cause des scandales de 1578 et autres, mais bien parce que la suppression en a été commandée par un motif autrement redoutable : la peste. Maintenant que le fléau a passé, les confrères pèlerins réclament leur banquet, mais les chanoines et chapelains s'opposent à ce que l'argent de la Société soit aussi follement dépensé, et c'est pourquoi les deux parties font appel à l'autorité du Parlement. Voici le texte même de ce document :
« Entre les trésoriers et chanoines de l'église S. Jacques de l'Hospital, fondée, etc., demandeurs en l'entherinement d'une requête par eux présentée à la cour, d'une part, et les maistres et gouverneurs de lad. église et hospital S. Jacques, defFendeurs d'aultre ; et ne pourront les quallitez nuire ne prejudicier aux parties, Gaillandon pour les demandeurs en requeste a dict: Que ce ne seroit assez aux trésorier, chanoines et chappelams de lad. église et hospice de célébrer le divin service qui se faict par chacun jour, s'ilz ne tenoient la main, soubz l'aucthorité de la cour, à ce que le bien qui est destiné au service divin, noriture, vestement et hébergement des pèlerins de S. Jacques passant par ceste ville, qui doibvent pa r l'antienne fondation de l'hospital y estre receus et logés pour une nuit, soit conservé et augmenté ; et de faict à leur poursuitte et diligence ont esté donnez plusieurs arrestz à l'encontredesbastonniers et administrateurs de cest hospital en l'an 536, 49, 71 et 81 pour corriger et reffbrmer les abus et malversations qui s'y commettoient; par lesquelz, entre aultres reglemens, il a esté ordonné que les maisons, tant de cette ville de Paris que les fermes et maisons des champs, ne pourront estre baillez à ferme que judiciairement, aprez proclamations faictes à la chandelle etaincte, en la présence du trésorier, de deux chanoines et deux chappelains benefîciers de ceste église, et que les comptes se rendroyent par année en leur présence, après les avoir premièrement mis entre les mains du trésorier avec les pièces justificatives d'iceulx, puis par luy communiquez aux chanoines et chappellains. Et ce faict, estre proceddé a l'audition du compte en leur présence. Mais si bien il estoit nécessaire que la cour y mit la main, il est bien plus de besoing à présent, quar le bien destiné au divin service, herbergement et noritures des pauvres pèlerins, est consommé et employé en excès, festins et banquest, et que pour subvenir aux fraiz scandaleux et surplus par chascun, les bastonniers et administrateurs vendent les maisons et heritaiges qui sont de l'antienne fondation de ceste église et hospital, et disippent le revenu d'icelluy; car au lieu que le revenu des biens des particuliers s'augmante par chascun jour, celuy de ceste église et hospital diminue et decroist par chacun
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jour, ce qui est encores plus tstrange parce que la bonne partye d'icclluy consiste en maisons situées en ceste ville de Paris dont les loyers acroissent de jour en jour, et ncantmoings les loiersdes maisons de ceste église et hospice diminuent à chacune mutation de bail, et qui plus est les ediffices tumbent en decadances et ruine par faultc d'cstre réparées. La cour par son arrest y auroit baillé un très bon règlement que, s'il eust esté suivy, le revenu de ceste église et hospital fut acreu et augmenté de 3ooo 1. de rente plus qu'il n'est; il auroit esté ordonne pour obvier aux monopoles, entrées et arrièremens qui se baillent par les locataires d'icelles, que dores en avant ses maisons seront baillées judiciairement... mais au lieu d'exécuter et entretenir ceste forme prescrite par les arrestz pour les baulx qui en ont esté faictz depuis, ont esté faictz au bureau de ses administrateurs, ou personne n'entre que cculx qui leur plaist, sans publications précédentes, ou s'il y en a eu ce n'a esté que par une formalité, parce que personne n'y est receu que ceux qui sont ja asseurez des promesses de ses administrateurs; que si les baulx se faisoient publiquement en Chastellet et non en ung bureau qui est fermé et gardé par ung portier, les abbus qui se font par chacun jour au détriment du bien de l'egUse cesseroient véritablement. La cour a cy devant commis M«s Allegrain et Brisart, conseillers, pour tenir la main que le bien de ceste église et hospital fut administré suyvant la forme prescripte par les arrest, mais comme ilz sont chargez de grandes affaires ilz s'en sont du tout remis sur les administrateurs, occation qu'ils se sont tellement licentiez en l'administration de ce bien que s'il ne plaist à la cour y mettre et establir un bon et s. (?) règlement selon Sa louable coustume, tout s'en va perdu et disippé. C'est pourquoy les trésorier, chanoines, chappelains et beneficiers de ceste église et hospital ont présenté à la cour la requeste de l'entherinement de laquelle il est question, par laquelle en effect ilz tendent à deux ou trois fins : l'une est que les arrestz cy devant- donnez par la cour soient observez et entretenu/... ; l'autre fin à laquelle tend ceste requeste c'est à ce que un abus très pernicieux et très frauduleux qui se commet par chacun an en un banquet dont ont vcult faire ordinaire et coustume soit ostéet refformé. La vérité est que deffunct de bonne mémoire Charles de Vallois fut le premier qui, pour n'avoir peu de son vivant faire le voyage de Saint Jacques par luy voué, fonda ceste église et hospital, le revenu de laquelle s'augmenta en un mommant pour les biens faictz, légats et donations de plusieurs gens de bien, touchez de ce mesme zelle de religion et dévotion à monsieur saint Jacques. Fut ceste église dès lors composée d'un trésorier notaire, nombre de chanoines et de clercs pour faire et célébrer le service divin ; et pour le maniement de l'hospital et administration d'iceluy furent depputez quelques personnes lays, qui scroient tcnuz de rendre compte par chacun an au trésorier.
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chanoines et chappelains de ceste église et hospital^. Ainsy a-t-on vescu religieusement par un long temps avec une si bonne police et ordre que la fondation de ceste église et hospital a pris quelque acroisement ; mais aujourdhuy les choses sont venues en tel desordre que, s'il ne plaist à la cour y mettre la main, tout le bien qui a par sa prudence esté si longuement conservé s'en va perdu. Elle a par ses arrestz, donnez à la poursuitte des demandeurs, ordonné deux choses, scavoir est que les baulx seroient faictz au parc civil, l'aultre que les comptes seroyent rendus avec les trésoriers, chanoines et chappelains. S'il plaist à la cour d'ordonner que ces deux reglemens seront inviolablement entretenus pour l'advenir avec telles peines qu'elle advisera et casser tous les baux qui ont esté faictz depuis les arrestz contre la forme prescripte par iceulx, elle augmentera en une demye heure le revenu de ceste église de 4000 livres par an. Il y a ce jourd'huy plusieurs maisons de cest hospital qui sont à bailler ; l'on en veult faire comme desaultres; les demandeurs requièrent qu'il y soit proceddé selon la forme portée par l'arrest ; plus ilz demandent aux administrateurs qu'il soit faict inventaire des tiltres de ceste église et hospital. Comme il est plus que raisonnable, l'on n'y veult entendre. Inde ire^ car nonobstant les arrestz tous les precedens baulx ont esté faictz au bureau de ces administrateurs clausis hostiis'^^ ne qnid dicatn ampliiis. Quand aux comptes, il y en a aujourd'huy huict, et huict années, à rendre qu'il n'a esté possible de leur faire présenter, quelque diligence et poursuitte que les demandeurs ayent faict; encore que les arrestz portent qu'ilz seront rendus par chacune année en la présence, etc.... Voila à quoy tend le premier chef,... Reste le second chef qui est afin qu'il luy plaise oster un abus qui se commet en un banquet ou tout le bien de ceste église et hostel-Dieu est dissippé. Et pour entendre que c'est de ce banquet, la veritté est que par chacun an il se faict une procession solennelle où assistent ceulx qui ont fait le voyage de Saint Jacques, et que le dimanche dans l'octave Samt Jacques en juillet, d'aultant que ceux qui ont au matin asisté au divin service doibvent aussy asister à vespres, et qu'il estoit incommode qu'ilz s'en allassent pour revenir tout aussy tost, attendu qu'il y avoit plusieurs forains et estrangers, il feust advisé à ce qu'ilz peussent plus commodément asister à vespres, compiles, vespres des mortz et divin service qui se faict de rellevée ; que ceux qui estoient les plus esloignez de leurs maisons pouvoient, sy bon leur sembloit, disner sur le lieu moyennant cinq solz qu'ilz seroient tenus de bailler au bastonnier, non que ce disner fcust de la fondation de ceste église et hospital,