Cette dernière allégation est de toute fausseté
2. Nous n'avons de ce très-bon mémoire que la copie d'un scribe ignorant qui a défiguré toutes les phrases latines. Il avait mis ici clauses hostes.
38o LA CONFRÉRIE DE SAINT-JACQUES AUX PÈLERINS.
mais il se faisoit de gré à gré avec telle frugallité que c'estoit plustost la commémoration de la peyne et disette qu'ilz avoient eu en leur pellerinage que un banquet ; car anciennement lorsque ce disncr a esté mis sus, c'estoit ad instar athletiiriinn quos ve Philostrata cujiis biibulis acto diebiis antequam in studio cinerem temtum victitasse et céleris cibis abstinuisse legimus*. Parce que le livre de leurs statuts porte en termes exprès que l'on ne leur debvoit servir pour tous metz que une pièce de bœuf, du ris et un morceau de fromage sur une assiette. L'on a vescu en ceste frugalité par cent ou six vingtz ans et jusques à ce que ces confrères et bastonniers, en l'absence du trésorier et du clergé, firent une assemblée entre eux par laquelle ilz arresterent deux choses fort pernicieuses; l'une que aulcun homme d'église, encore qu'il eust esté à Saint-Jacques, ne pouvoit estre bastonnier, affin dient ilz, qu'ilz ne puissent sçavoir les secretz de la confrairie ; l'autre que en lieu de ris ilz auroient du potage aux moyaux d'œuf, en lieu du bœuf ilz auroient du cochon, deux pouUets, quatre pigeons, oysons et aultres volatilles avec les antres de table, et qu'ilz ne seroient que six au plat, et de la tartre, fruict et aultres yssus et que néantmoings chacun ne paieroit que 4 s. parisis.
Ceste taxe a causé ung tel desordre que en lieu de c ou cxx qui avoient coustume de disner, ilz estoient au dernier banquet, qui fut faict en l'an 578, huit cens tant de personnes à table, ausquelz le vin est servy sans mesure, ad ebrietatem usque; jusque là qu'il ne s'est faict banquet depuis 3o ans, que pour subvenir aux fraiz d'icelluy l'on n'aye vendu ou quelque maison des champs ou de ceste ville, ou quelque rente, ou que l'on n'aye aboly quelques fondations antiennes du service divin et prins le revenu d'icelluy pour les fraiz de ce banquet, jusque là que depuis quatre vingtz et trente ans ^ il y a eu soixante maisons (et) plus, scituées en cette ville de Paris, qui estoient et se trouvent encore par les registres estre de l'ancienne fondation et dotation de ceste église, outre lesquelles il y avoit une ferme située à Marolles avec plusieurs vignes, terres et rentes, qui ont esté vendues et alliennées pour subvenir aux fraiz, pompes et luxe de ce banquet. Et est le revenu de toutes ces alliénations à présent mis hors de compte et mémoire par ces administrateurs, qui se gettent la pelotte l'un à l'auttre et comme l'on dict, manus manum fricant, parce qu'ilz se rendoient les ung aux aultres sans que les demandeurs feussent presens ou appeliez. Mesme au pénultième banquet qui a esté faict pour subvenir au fraiz d'icelluy, ces bastonniers et administrateurs y ont employé le bien qui avoit esté baillé par M« Pierre Robert, chanoine de l'église de Paris et doyen de Saint-Germain de l'Auxerrois, pour la fondation
1. Je renonce à restaurer cette phrase et la laisse telle que je l'ai lue.