‹ La Congestion GynécologiqueChapitre 6 sur 29 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Historique

PERIODE PRE-PASTEURIENNE

Si, au hasard de nos lectures, noxs feuilletons les ouvrages des médecins d’autrefois, et, en particulier, les traités s’occupant des maladies des femmes, nous sommes frappés de rencontrer à chaque page le mot congestion. À notre grand étonnement, la notion dominant toute la physiologie et toute la pathologie génitale de la femme, c’est la congestion utérine,

Mais si, curieux, nous cherchons dans un vieux dictionnaire de l’époque, le sens du mot, congestion, notre étonnement disparaît. « Amas d’'humeurs », nous répond un vieil ancêtre du Larousse, un ouvrage du xvirr* siècle, couronné par l’Académie, Définition qui, à l'heure actuelle, nous paraît bizarre maïs qui explique bien la présence inattendue dans tous les ouvrages du mot congestion., La théorie des humeurs était la base de la pathologie à cette époque. Les «amas d’humeurs » étaient done une affection courante,

Le

Mais le temps fait son œuvre, la science suit son cours, la terminologie et les notions se précisent.

En 1801, Vigarous, professeur à l’Ecole de Médecine de Montpellier, dans un ouvrage sur les maladies des femmes, entrevoit le phénomène de la congestion quand il écrit: Le flux menstruel est une pléthore de l'utérus, produite par la surabondance de nourriture qui s'accumule dans les vaisseaux sanguins. Que les femmes par leur genre de vie sédentaire et peu actif ne transpirant pas pour dissiper le superflu des parties nutritives et ce superflu s’accumule au point de distendre les vaisseaux et de s'ouvrir une issue par les artères capillaires de la matrice ».

Première vision de la congestion utérine mais vision essentiellement physiologique : La notion de congestion utérine va peu à peu entrer dans le domaine de la pathologie. Elle va dominer toute la pathologie de la femme, elle va constituer la plus fréquente des affections de la matrice. L’imagination aidant, la voilà devenue la source de tous les maux et responsable de toutes les affections génitales. Son mécanisme et sa pathogénie donnent naissance à de nombreuses hypothèses. Vers 1839, Duparceque écrivait: &« Dans sa congestion, le sang èst comme poussé par un mouvement fluxionnaire, ainsi qu’on l’observe dans l'engorgement normal qui prélude la menstruation. Dans l’un et l’autre de ces cas, le fluide est tantôt porté au dehors par les vaisseaux exhalants ce qui constitue l’engorgement hémorragique; ou bien il stationne et s’accumule dans le système capillaire et les vaisseaux blancs en dépendant, s’infiltre dans la trame cellulaire et dans les interstices fibreux du parenchyme

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