Les Fétitions contre la franc-maçonnerie, pp
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par cette plénil'ude d'organisation, dit le F. : . Ooblet d'Alviella, que la maçonnerie est en état de rivaliser avec sa grande ennemie, l'Eglise de Rome (1). » Waldeck-Rousseau, parlant des congrégations religieuses, a voulu y faire voir « un substratum d'influences cachées, aujourd'hui visible »; impossible de mieux caractériser l'action que la franc-maçonnerie exerce sur la société par cette plénitude d'organisation qui met entre les mains de quelques chefs mconiïus la direction non seulement de toutes les loges du monde, mais aussi de cette multitude d'associations que la secte a su établir autour d'elle, qu'elle inspire et où elle se recrute.
Ces sociétés ne fournissent que des bourgeois; la maçonnerie les reçoit volontiers, mais ne peut s'en contenter. « La Haute-Vente désire, continue Piccolo-Tigre, que, sous un prétexte ou sous un autre, on introduise dans les loges maçonniques le plus de princes et de riches que Ton pourra. Les princes des maisons souveraines, gui n'ont pas l'espérance légitime d'être rois par la grâce de Dieu, veulent tous l'être par la grâce d'une révolution. Le duc d'Orléans (depuis Louis-Philippe; ces lignes étaient écrites en 1822) est franc-maçon; le prince de Carignan (depuis Charles-Albert, roi de Sardaigne) le fut aussi. Il n'en manque pas en Italie et ailleurs qui aspirent aUx honneurs du tablier et de. la truelle symboliques. Flattez tous ces ambitieux de popularité, accaparez-les pour la franc-maçonnerie : la Ha,ute-Vente verra après ce qu'elle en pourra faire d'utile à la cause du progrès. En attendant, ils serviront de glu aux imbéciles, aux intrigants, aux citadins
1. A la loge Les Amis philanthropes de Bruxelles, 5 août 1877.
et aux besofïneux. C'est une magnifique enseigne, et il y a toujours des sots disposés à se compromettre au service d'une conspiration dont un prince quelconque semble être l'arc-boutant (1) »
C'est dans une société secrète que les recrues ainsi captées sont introduites, d'où qu'elles viennent.
— Société, sans doute, dira quelqu'un; mais secrète? On connaît un grand nombre de ceux qui la composent. Leurs noms remplissent un gros vdlume qui vient d'être publié. On connaît leurs lieux de réunion : les loges. On sait la date de leur assemblée générale annuelle : le convent ; et des comptes rendus de leurs séances sont publiés.
Et cependant, malgré cette notoriété et cette publicité, la Franc-Maçonnerie est vraiment une so-
1. Lo Monde maçonnique a publié, vers le milieu' de l'année 1883, un tableau de l'histoire de l'Espagne pendant ce siècle. Il y dit que tous les événements impartants cjui ont eu lieu en ce pays sont le fait de la franc-maçonnorie ; que la reine Isabelle et son fils Alphonse lui ont dû le trône, et que c'est grâce à l'énergie du Grand-Maître que Ferdinand VII a maintenu l'abrogation de la loi saliqu-e en Espagne.
.11 n'y a pas que les usurpateurs qui soient aux mains de la franc-maçonnerie. A l'avènement d'Edouard VII au trône d'Angleterre, ÏEvénement de Québec publia ces renseignements :
« Albert-Edouard, prince de Galles, est le plus éminent franc-maçon qui soit sur terre, non seulement du fait qu'il devient roi d'Angleterre, mais parce qu'il est grand-maître des grandes loges d'Angleterre, d'Irlande, d'Ecosse et du Pays de Galles, et qu'il est aussi grand prieur de l'ordre des Chevaliers du Temple en Angleterre et grand patron de l'ordre Ancient Accepted Sçottish Rite of Freemasonry dans le Royaume-Uni, ayant reçu le 33e et dernier degré dans cette branche de la franc-maçonnerie.
» Il appartient à l'ordre maçonnique depuis .jplus de trente-deux ans; et il n'y a pas, dans le monde entier, de membre qui prenne une part plus active à son développement. Dans la position royale qu'il occupe et par la hauite fonction qu'il remplit dans l'ordre maçonnique, il
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ciété secrète, et la plus secrète des sociétés existant actuellement dans le monde.
Comment cela? M. Copin-Albancelli va nous l'expliquer.
« On doit, dit-il, regarder comme société secrète, surtout celle qui cache son but. Lorsque des hommes se réunissent, c'est toujours en vue d'un but qui leur est proposé. S'ils croient que ce but ne peut porter ombrage à personne, ils le déclarent franchement et leur société n'est pas qualifiée secrète.
» Mais lorsque des hommes se constituent en société pour un but qu'ils sentent devoir froisser des intérêts ou blesser des convictions, les mettre en opposition avec un état d'esprit ou un état de choses
donne franchement l'exemple à ses co-sociétaixes de l'égalité que les francs-maçons prônent comme existant entre eux ».
La Vérité de jQuébec, après avoir reproduit ces renseignements, ajoutait :
.;:< Nous le savons, le nouveau roi d'Angleterre est un maçon haut gradé; de même que la reine Victoria était la protectrice de cette sscte condamnée par l'Eglise. Mais si haut gradé que soit Edouard VII, il n'est probablement pas nu courant de ce qui se passe dans les cercles intimes de la franc-maçonnerie. Les vrais chefs de la secte, qui ne sont pas toujours les chefs apparents, accordent volontiers les titres et les places dlionneur aux rois et aux princes, mais ils gardent les secrets maçonniques pour eux. Ils savent tourner à leur profit le prestige royal, voilà tout. »
C'est-à-dire, ils savent fort bien faire servir les princes et les rois maçons à rexécution de leurs desseins.
A l'appui de ce que vient de dire la Vérité de Québec, observant que le F. : . Edouard VII, tout grand-maître de la maçonnerie anglaise qu'il soit, ignore probablement bien des secrets, nous rappellerons la lettre du duc d'Orléans, grand-maître du Grand Orient de France, insérée le 22 février 1793 au Journal de Paris, signée Egalité, et lue dans la tenue du Grand Orient, le 13 mai de la même année :
« Voici mon histoire maçonnique. Dans un temps où assurément personne ne prévoyait notre révolution, je m'étois attaché à la franc-maçonnerie, qui offroit une sorte d'image
régnant, ou bien ils déclareront hautement l'objet de leur association, quoi qu'il puisse s'ensuivre; ou bien, ils prendront des moyens pour que le public ignore cet objet, ce but, celte fin, pour qu'il s'en figure un autre ^que celui qu'ils ont réellement. L'association ainsi constituée sera essentiellement secrète. On sera obligé de dire : on ne sait pas pourquoi ces hommes se sont rapprochés et unis, pourquoi ils ont entre eux des assemblées; on ne sait pas ce qu'ils y font, en vue de quoi ils travaillent. Une telle société est secrète, quand bien même elle ne cacherait point son existence. L'existence d'une société qui se cache finit toujours par être connue, quelques moyens qu'elle prenne pour se dérober aux yeux
d'égalité, comme je m'étois attaché au parlement qui offroit une sorte d'image de liberté. J'ai depuis quitté le fantôme pour la réalité. Au mois de décembre dernier, le secrétaire du Grand Orient s'étant adressé à la personne qui remplissoit près de moi les fonctions de secrétaire du grandmaîbre, pour me faire parvenir une demande .relative aux travaux de cette Société, je répondis à celui-ci sous la date du 5 janvier :
« Comme je ne connois pas la manière dont le Grand Orient est composé, et que, d'aillfurs, je pense qu'il ne doit y avoir aucun mystère ni aucune assemblée secrète dans une République, suriout au commencement DE son établissement, JE NE VEUX PLUS ME MÊLER
DU Grand Orient, ni des assemblées des francsmaçons ».
En écrivant cette lettre, Philippe-Egalité avait rédigé sa propre sentence de mort. Quelques semaines plus tard, il avait la tète tranchée par le couteau triangulaire.
Louis Blanc parlant, dans son Histoire de la Révolution, des princes placés a la tête des Grands-Orients, confirme en ces termes ce dont Philippe-Egalité vient de nous instruire lui-même : « Ils savaient seulement de la franc-maçonnerie ce qu'on peut en montrer sans péril; et ils n'avaient point à s'en inquiéter, retenus qu'ils étaient dans les grades (les initiations) inférieurs, où le fond des doctrines ne paraît que confusément à travers V allégorie, et où beaucoup ne voyaient qu'une occasion do divertissements et de banquets joyeux ». T. II, pp. 82 et 83.
du p'ublic et de la police. Mais tout en se manifestant, une société peut avoir un but caché, un secret qui sera d'autant mieux tenu (ju'elle ne le confiera point même à tous ses adhérents. Telle est la Franc-Maçonnerie. Elle a appelé à elle le mystère, elle s'en est enveloppée; c'était pour elle nécessité, car elje se proposait la lutte contre l'ordre de choses existant. Si elle ne luttait pas contre cet ordre de choses, elle ne se cacherait pas. Elle est une conspiration, un complot à l'état permanent, autrement dit un organisme de guerre contre la société telle qu'elle est constituée. »
Il y a près de deux siècles que la Franc-Maçonnerie a établi ses loges dans toute la France et même dans toute l'Europe. Or, on discute toujours sur le but de cette association. Elle en a donné trente-six, divers selon les temps et les lieux, modifiant même ses statuts selon l'opportunité et les nécessités ambiantes. Actuellement encore, ses adhérents ne sont pas d'accord lorsqu'on les interroge, et surtout ils ne seraient pas d'accord si on pouvait mettre face à face les francs-maçons de tous les pays du monde, ou tous les francs-maçons français qui ont existé depuis deux siècles. Si les fondateurs de l'association ou ses chefs actuels avaient fait connaître à leurs associés son véritable but, nous n'aurions pas à constater ainsi des contradictions entre les déclarations des uns et des autres.
La Franc-Maçonnerie ne cache pas seulement son but. Elle ne nous dit point quels ont été ses fondateurs, quelle est son organisation. Elle nous dérobe ses modes d'action; elle cherche à nous tromper sur le caractère de l'œuvre accomplie par elle jusqu'ici. On commence bien à pénétrer tout cela, mais ce n'est pas parce qu'elle le dévoile, mais à cause de
l'observation à laquelle elle est maintenant soumise. Pour elle, elle continue à s'envelopper de voiles, de voiles non pas seulement épais, mais souverainement trompeurs (1).
« La Franc-Maçonnerie est mensonge dans tout son être et dans toute son action », dit M. Copin-Albancelli. Rien ne manifeste mieux sa filiation. Notrc- Seigneur a dit de Satan : « Lorsq;a'il prolère le mensonge, il parle de son propre fonds : car il est menteur et le père du mensonge. » C'est bien là aussi
1. La Franc-Maçonnerie a tenu, en 1894, un Congrès international à Anvers. Les divers rites avaient à exposer leurs vues sur les questions qui leur avaient été soumises auparavant.
La troisième séance a été consacrée à l'examen de la question suivante : Quelle est l'étendue de l'obligation du secret maçonnique?
Le F. • . Bouvier, délégué du Directoire du Régime Ecossais rectifié d'Helvétie, trouve qu' « il importe, pour réussir, de travailler dans le secret, car du moment que le public sait que la Mac. • . étudie et prépare une œuvre, tous les ennemis de notre Ordre se mettent en campagne pour la faire échouer sans s'occuper de sa valeur et de son utilité, mais uniquement par haine de la Franc-Maçonn. • . « Si la Maçonn. • . a encore une puissance aussi considérable dai:s le monde, c'est parce que c'est une puissance occulte. Nous aurions grand tort, au point de vue du but que nous poursuivons, d'abandonner un système qui jusqu'ici a été pour nous un élément de force. »
Le F.-. Goebel dit :
«... Nous n'avons pas songé au secret en ce qui concerne les personnes. J'estime que celui-ci doit être inviolable audessus de tout autre. 11 doit être interdit à qui que ce soit de faire connaître dans le monde profane le secret des autres. Vous avez le droit de vous faire connaître comme Mac. • . ; vous avez le droit de dire aux profane : « Je suis Mac. • . pour tels motifs ; mais vous ne pouvez pas disposer du secret de vos FF. • . Ceux qui entrent dans un temple maçonnique doivent savoir que jamais personne ne le saura sinon .par leur propre volonté. »
En Êongrie aussi, dit le F. • . Bosanyi, « le secret, quant aux personnes et cpiant à l'institution, ne peut faire de doute pour personne. Ce serment doit être tenu rigoureusement. »
L'Église et le Temple. 27
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le propre de la Franc-Maçonnerie, de sorte qti'on peut leur appliquer ce que Notre-Seigneur disait aux Juifs : « Le père dont vous êtes issus c'est le diable. » Vos mensonges décèlent votre origine. Vous voulez accomplir les désirs de votre père, et le moyen qui vous sert, c'est celui qu'il emploie.
Une société qui existe depuis des siècles a dû et doit se recruter. Pour se recruter, il faut bien présenter à ceux que l'on sollicite un motif d'adhésion, un but à atteindre par une communauté d'efforts. Mais si la fin que l'on se propose est telle qu'elle ne puisse être dévoilée, il est nécessaire d'en présenter une autre; d'où mensonge même à ses adhérents.
Même nécessité à l'égard du monde au milieu duquel la société secrète se trouve, s'assemble et agit. De là, cette continuelle diversité d'attitudes et de déclarations dont l'histoire de la Franc-Maçonnerie est pleine. Elle se dit religieuse à ses débuts. Un des premiers qui se déclarèrent en France franc s -maçons, le chevalier de la Tierra écrivait : « Représentezvous un homme craignant Dieu, fidèle à son Prince; rendant à chacun ce qui lui est dû, ne faisant à autrui que ce qu'il voudrait lui être fait à lui-même : Voilà le maçon. Voilà ses rnystères, voilà son secret... » Après s'être dite religieuse, elle s'est dite tolérante. Le premier article de ses statuts affirme qu'elle a pour principe la tolérance, qu'elle respecte la foi religieuse de tous ses adhérents, et elle ajoute qu'elle ne s'occupe pas de politique.
Voici comment elle s'exprime :
« Dans la sphère élevée où elle se place, la Franc- Ma,çonnerie respecte la foi religieuse et les opinions politiques de chacun de ses membres, elle interdit formellement ,à ses assemblées toute discussion en matière religieuse ou politique qui aurait pour objet
soit la controverse sur les différentes religions, soit la critique des actes de l'autorité civile et des diverses formes de gouvernement. »
Respect de la foi religieuse et pas de politique. Toute discussion « en matière religieuse ou politique » est formellement interdite. C'est absolument précis.
Or ce n'est pas vrai.
En fait, la Franc-Maçonnerie n'est pas tolérante. Elle ne respecte pas la foi catholique. Au contraire, elle la poursuit d'une haine acharnée. Les faits éclatent aux yeux de tous. Mais si elle se montre aujourd'hui antireligieuse, elle l'est de façon différente dans les pays protestants et dans les pays catholiques (1).
De même pour la politique. Longtemps, elle déclara ne vouloir s'en occuper en aucune façon; maintenant, elle reconnaît qu'elle s'est rendue maîtresse du pouvoir. Toutes les formes du pouvoir ont été successivement adulées par elle et combattues par elle jusqu'à ce qu'elle soit arrivée à cette république qui, selon son aveu ou sa forfanterie, n'est que la Maçonnerie ^ découvert.
Si la Franc-Maçonnerie est menteuse par fonction,
1. Franc-maçonnerie et protestantisme ont toujours fait bon ménage. En novembre 1905, à Mansion-House, le lordmaire de Londres a ouvert la Loge maçonnique n^ 3116, dite du Guildhall, qui a été consacrée par le grand secrétaire, assisté de l'archidiacre Sinclair et de sir Savary, faisant fonctions de chapelains. Parmi les fondateurs de cette Loge, créée à l'Hôtel de Ville de Londres, il y a lo lord-maire, ^M. Vaughan Morgan, et de nombreux aldermen. Parmi les francs-maçons présents, on vit les évêques anglicans de New-York et de Barking, le doyen anglican de Capetown et des membres du Parlement. L'archidiacre anglican Sinclair, dans le discours qu'il a prononcé, remarqua que la nouvelle Loge devait être pour les membres du Conseil de la Cité et pour les hauts fonctionnaires qui sont mêlés à la vie si comj)lexe du Guildhall.
par nécessité, si elle ne peut faire autrement que de mentir pour se maintenir secrète au sens que nous avons dit, il ne s'ensuit point que tous les francs-maçons soient des menteurs. Eux-mêmes sont trompés; ce qui fait que lorsqu'ils disent les choses les plus contraires à la vérité, au sujet de leur société, ils sont le plus souvent sincères vis-à-vis d'eux-mêmes.
Les loges ainsi recrutées ne sont, comme le dit Piccolo-Tigre dans la lettre que nous avons citée, qu' « un lieu de dépôt, une espèce de- haras, un centre par lequel il faut passer avant d'arriver à nous (membres des arrière-loges). En lui apprenant à porter arme avec son verre, on s'empare de la volonté, de l'intelligence et de la liberté de l'homme. On en dispose, on le tourne, on l'étudié. On devine ses penchants, ses affections et ses tendances; quand il est mûr pour nous, on le dirige vers l'une ou l'autre des sociétés secrètes dont la franc-maçonnerie ne peut plus être que l'antichambre assez mal éclairée. »